31 juillet 2026

Autopartage en entreprise : guide complet et coûts

mobilité durable
rse
marque employeur

Moins de véhicules, plus de flexibilité : l’autopartage fait son chemin en entreprise. Face à la hausse du coût des flottes, aux obligations environnementales et à l’évolution des usages, de plus en plus d’entreprises l’adoptent — une solution à la fois économique, pratique et responsable. À retenir en une phrase : selon la dernière Enquête Nationale Autopartage de l’ADEME (2025), un véhicule partagé remplace entre 5 et 7 voitures individuelles et permet à un utilisateur d’économiser jusqu’à 1 000 € par an — l’essentiel du gain vient de la meilleure rotation du parc, pas d’un changement de motorisation.

Suivre cette thématique pour rester informé

clap
comments
duration6 min
share
Partager

Qu’est-ce que l’autopartage en entreprise ? 

L’autopartage permet à plusieurs collaborateurs d’utiliser, à tour de rôle, un ou plusieurs véhicules mis à disposition par l’entreprise, réservés via une plateforme ou une application dédiée pour une durée et un trajet donnés. Avantage clé : une meilleure rotation du parc, qui évite les véhicules sous-utilisés et diminue les coûts fixes.

Pourquoi adopter l’autopartage dans votre entreprise ? 

  • Des économies immédiates et mesurables : moins de véhicules à acheter, assurer, entretenir ; moins de frais liés aux déplacements (remplacement des taxis ou indemnités kilométriques) ; possibilité de revente du parc sous-utilisé pour un gain de trésorerie immédiat.
  • Une gestion plus simple : réservation, ouverture et retour du véhicule 100 % digitalisés, reporting automatique des trajets et des coûts, gain de temps pour collaborateurs et gestionnaires de flotte.
  • Une démarche plus durable : réduction de l’empreinte carbone (un véhicule partagé remplace entre 5 et 7 voitures individuelles selon l’ADEME), intégration naturelle dans la politique RSE et le plan de mobilité employeur.

Comment fonctionne l’autopartage au quotidien ? 

Une plateforme numérique centralise les réservations, les accès, les retours et les données d’utilisation. Les collaborateurs réservent un véhicule via une application, le déverrouillent sans clé, l’utilisent sur une période donnée (usage professionnel, voire privé selon la politique interne), puis le restituent à la station ou au point de départ.

Combien coûte l’autopartage en entreprise ?

PosteOrdre de grandeur
Véhicule en LLD (citadine électrique, assurance et entretien inclus)350 à 550 € / mois
Couche “autopartage” (boîtier connecté, logiciel de réservation, support)30 à 80 € / mois et par véhicule
Coût mensuel total par véhicule partagéEnviron 380 à 630 € / mois

L’angle pertinent pour juger de la rentabilité n’est pas le coût du véhicule isolé, mais le coût au kilomètre rapporté au nombre d’utilisateurs. Une flotte mutualisée permet généralement de réduire le budget flotte global de 25 à 30 %, en couvrant le même volume de déplacements avec environ 30 % de véhicules en moins par rapport à une flotte de véhicules individuels attitrés. 

Un repère simple pour identifier les candidats à l’autopartage : un véhicule de fonction parcourant moins de 10 000 km par an est généralement considéré comme sous-utilisé. C’est le signal le plus fiable pour identifier, au sein d’une flotte existante, les véhicules à basculer en priorité vers un modèle partagé.

Pourquoi la fiscalité pousse-t-elle aujourd’hui vers l’autopartage plutôt que vers les véhicules de fonction individuels ?

Un changement réglementaire récent renforce l’intérêt économique de la mutualisation. Depuis le 1er février 2025, le taux forfaitaire de calcul de l’avantage en nature (AEN) sur les véhicules de fonction est passé de 9 % à 15 % du coût d’achat du véhicule — soit une hausse de près de 67 % de l’avantage imposable pour le salarié. Concrètement, un véhicule acheté 30 000 € neuf, qui générait un avantage en nature imposable d’environ 2 700 € par an, atteint désormais près de 4 500 €. 

Cette hausse ne s’applique pas à un véhicule utilisé en autopartage sans attribution individuelle, ce qui renforce mécaniquement l’attractivité économique et fiscale de la mutualisation par rapport à l’attribution classique de véhicules de fonction.

Autopartage ou indemnités kilométriques : quelle option pour les déplacements ponctuels ?

Pour les collaborateurs qui se déplacent occasionnellement (quelques rendez-vous par mois, missions ponctuelles), le choix se pose souvent entre le remboursement d’indemnités kilométriques sur véhicule personnel et l’accès à un pool de véhicules partagés. L’autopartage présente un avantage de gestion notable : il centralise le suivi des trajets et des coûts sur une plateforme unique, alors que le calcul et le remboursement mensuel d’indemnités kilométriques restent un processus administratif répétitif, à traiter individuellement pour chaque collaborateur et chaque déplacement.

Comment mettre en place une solution d’autopartage ? 

Le choix dépend des objectifs (coût, usage, flexibilité) et du profil des collaborateurs. Trois options existent :

  • L’autopartage en propre : l’entreprise gère directement sa flotte partagée, avec système de réservation et boîtier connecté. Souplesse maximale, mais investissement de départ nécessaire.
  • L’autopartage via un prestataire : une société externe met à disposition les véhicules et la technologie, souvent en location longue durée ou en abonnement — un modèle clé en main.
  • L’autopartage avec une flotte mutualisée : les collaborateurs utilisent des véhicules mis en commun avec d’autres entreprises, sur un même site ou via un opérateur — idéal pour les zones d’activité ou pépinières d’entreprises.

Quels bénéfices à long terme ? 

  • Réduction durable des coûts : moins de véhicules nécessaires, moins de dépenses d’entretien/stationnement/assurance, amortissement optimisé par un meilleur taux d’utilisation.
  • Gestion plus performante du parc : vision centralisée des usages, ajustement du dimensionnement selon les pics d’activité, réduction des tâches administratives.
  • Qualité de vie au travail renforcée : moins de stress lié à la disponibilité des véhicules, moins de frais avancés à justifier, accès à des véhicules récents et souvent moins polluants.
  • Impact RSE et image renforcés : engagement visible, cohérence avec les objectifs de réduction des émissions (Scope 1 du bilan carbone), attractivité auprès des talents sensibles aux enjeux environnementaux.
  • Flexibilité accrue : intégration facilitée des véhicules électriques ou hybrides, adaptabilité à l’essor du télétravail, anticipation des futures réglementations sur les flottes.

Quels sont les aspects juridiques à ne pas négliger ? 

L’entreprise doit définir clairement les règles d’usage (charte d’utilisation, horaires, trajets autorisés, gestion des dommages) et veiller à la couverture assurantielle. Les usages mixtes (professionnel/personnel) doivent être encadrés : remboursement des frais, déclaration fiscale, conditions d’autorisation. Le traitement des données de géolocalisation et d’historique des trajets doit respecter le RGPD.

Quels indicateurs suivre pour piloter sa démarche ? 

  • Le taux d’utilisation des véhicules (nombre de réservations par jour/semaine/mois).
  • Le coût total de possession (TCO) ramené au kilomètre ou à l’utilisateur.
  • Les économies générées par rapport à une flotte classique ou à la location courte durée.
  • La réduction des émissions de CO₂.

Un reporting régulier permet d’ajuster les règles d’usage, de détecter les véhicules sous-utilisés et d’affiner la stratégie de mobilité.

Comment choisir un bon prestataire d’autopartage ? 

  • Ergonomie de la plateforme de réservation.
  • Qualité de la flotte proposée (type de véhicules, motorisation, état).
  • Flexibilité contractuelle (possibilité d’ajuster la flotte selon les usages, durée d’engagement).
  • Niveau d’assistance et de maintenance.
  • Outils de reporting (suivi des usages, indicateurs environnementaux, coûts).

Comment favoriser l’adhésion des collaborateurs ?  

Le succès de l’autopartage dépend largement de l’adhésion des équipes. Certains freins psychologiques doivent être levés : peur d’un manque de disponibilité, complexité d’usage, crainte de perdre en autonomie. Une communication pédagogique et régulière, des sessions de prise en main, des ambassadeurs internes et des incitations (accès prioritaires, récompenses) facilitent l’adoption.

Contraintes réglementaires et fiscales — situation à juillet 2026

  • TVA récupérable : sur l’essence et le gazole, la TVA est récupérable à 80 % pour un véhicule de tourisme et à 100 % pour un véhicule utilitaire — un taux identique qu’il s’agisse d’un usage individuel ou partagé, dès lors que l’usage professionnel est justifié et le paiement traçable. Sur l’électricité, la récupération atteint 100 %, quel que soit le type de véhicule. (Voir le détail complet dans notre guide : Flotte auto : comment réduire sa facture
    de carburant ?)
  • Zones à faibles émissions (ZFE) : les entreprises situées en zone ZFE sont incitées à adopter des flottes partagées et décarbonées, un choix pouvant ouvrir droit à des aides locales selon les collectivités. Le statut des ZFE reste un sujet politiquement disputé — voir le point réglementaire détaillé de notre guide Verdir sa flotte automobile en entreprise

Autopartage vs autres modes de transport : quelles différences ? 

Contrairement à une voiture de fonction, le véhicule partagé est mutualisé entre plusieurs salariés, ce qui optimise son taux d’usage. Par rapport à une location classique, l’autopartage est plus souple et souvent plus économique. Comparé au covoiturage ou aux transports en commun, il offre davantage de flexibilité et de confidentialité pour des déplacements professionnels ponctuels. 

L’autopartage n’est généralement qu’un des leviers d’une stratégie de flotte plus large — voir notre guide complet : Verdir sa flotte automobile en entreprise. Pour aller plus loin en format vidéo, voir le replay de notre webinar “Comment intégrer des mobilités durables en entreprise ?”.

Questions fréquentes sur l’autopartage en entreprise

Combien coûte réellement l’autopartage en entreprise par mois ? 

Comptez entre 380 et 630 € par mois et par véhicule tout compris (LLD, assurance, entretien, boîtier connecté et logiciel de réservation), pour une citadine électrique. Ce coût doit être rapporté au nombre d’utilisateurs et au kilométrage évité pour juger de sa rentabilité, plutôt que comparé
isolément au coût d’un véhicule individuel. 

L’autopartage est-il plus avantageux fiscalement qu’un véhicule de fonction ? 

Depuis la hausse du taux forfaitaire de l’avantage en nature sur les véhicules de fonction (passé de 9 % à 15 % au 1er février 2025), un véhicule attribué individuellement génère une charge fiscale nettement plus élevée qu’auparavant. Un véhicule utilisé en autopartage, sans attribution individuelle, n’est pas concerné par cette hausse, ce qui renforce son attractivité économique. 

Combien de véhicules individuels une voiture partagée peut-elle remplacer ? 

Entre 5 et 7 véhicules individuels selon la dernière Enquête Nationale Autopartage de l’ADEME (2025), qui permet aussi à un utilisateur d’économiser jusqu’à 1 000 € par an — ce qui en fait l’un des leviers les plus efficaces pour réduire le coût global et l’empreinte carbone d’une flotte d’entreprise.

L’autopartage est-il compatible avec un usage personnel des véhicules ?

Oui, sous réserve d’encadrer clairement cet usage mixte dans la politique interne : remboursement des frais, déclaration fiscale et conditions d’autorisation doivent être définis en amont pour éviter tout litige. 

Quelle différence entre l’autopartage en propre et l’autopartage via un prestataire ? 

L’autopartage en propre offre une souplesse maximale mais nécessite un investissement initial (véhicules, technologie de réservation). L’autopartage via un prestataire est un modèle clé en main, généralement en location longue durée ou en abonnement, avec un investissement de départ limité.           

Mettre en place l’autopartage dans votre entreprise 

Nos experts en mobilité d’entreprise peuvent vous accompagner pour évaluer la pertinence de l’autopartage et choisir le modèle adapté à votre structure.
Échanger avec un expert Arval BNP Paribas.