03 août 2026

Plan de mobilité : une opportunité pour votre marque employeur

marque employeur
mobilité durable

Un Plan de Mobilité Employeur (PDME) vise à transformer les modes de déplacement des salariés pour diminuer le trafic et limiter les émissions de gaz à effet de serre. Au-delà de l’obligation réglementaire qui concerne une large partie des entreprises, c’est une feuille de route de modernisation et un vrai levier de marque employeur pour celles qui savent l’exploiter. À retenir en une phrase : 7 Français sur 10 utilisent leur véhicule pour se rendre au travail au quotidien (Insee) — un plan de mobilité bien construit vise avant tout à réduire cet autosolisme, pas à l’interdire.

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Quelles entreprises sont concernées par l’obligation de plan de mobilité ?

Trois seuils distincts déclenchent l’obligation, et il est fréquent de les confondre : 

  • Plus de 100 salariés sur un même site, situé dans le périmètre d’un Plan de Déplacements Urbains (PDU) — obligation issue de la loi de transition énergétique de 2015, effective depuis le 1er janvier 2018.
  • Plus de 50 salariés sur un même site — depuis la loi LOM (loi d’orientation des mobilités) de décembre 2019, effective au 1er janvier 2020, ces entreprises doivent intégrer un volet mobilité dans leurs Négociations Annuelles Obligatoires (NAO). À défaut d’accord, l’élaboration d’un Plan de Mobilité Employeur devient obligatoire.
  • Quel que soit l’effectif, si l’entreprise est située dans une zone couverte par un Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA), sur arrêté préfectoral.

D’un point de vue formel, un Plan de mobilité est un document qui détermine la manière dont l’entreprise organise ses modes de transport à destination des collaborateurs et de tous ceux qui accèdent à son site.

Pourquoi transformer une obligation en opportunité de marque employeur ? 

Un Plan de mobilité ne se décrète pas : c’est un projet d’entreprise partagé, qui doit rassembler les habitudes et aspirations exprimées par les collaborateurs ainsi que les spécificités physiques et culturelles de l’entreprise. Aucun plan de mobilité ne ressemble à un autre — c’est aussi un document amené à évoluer avec la transformation de l’entreprise, et qui peut être partagé avec d’autres entreprises implantées sur le même site.

Les aides financières associées — montants à jour à juillet 2026

  • Le Forfait Mobilités Durables (FMD), pour les salariés choisissant des modes de déplacement doux (vélo, trottinette, covoiturage) pour leurs trajets domicile-travail : plafond de 600 € par an et par salarié, exonéré de cotisations sociales, porté à 900 € en cas de cumul avec la prise en charge obligatoire des transports en commun. (Voir le détail dans notre guide Verdir sa flotte automobile en entreprise.)
  • Le Crédit Mobilité, proposé aux salariés renonçant à leur voiture de fonction au profit d’un moyen de transport alternatif. Contrairement au FMD, il n’existe pas de montant plafond fixé par la loi : le crédit est généralement calculé par l’entreprise à partir du coût total de possession (TCO) évité en ne mettant pas le véhicule à disposition, et peut être utilisé pour financer un abonnement transport, un vélo ou d’autres solutions de mobilité
    douce.

Comment construire concrètement son plan de mobilité ?

La démarche suit généralement quatre étapes : 

  1. Le diagnostic : une enquête mobilité auprès des collaborateurs permet d’objectiver les habitudes de déplacement réelles (part modale, distances, contraintes horaires) plutôt que de partir d’hypothèses.
  2. La concertation : des ateliers associant les collaborateurs à la construction des solutions augmentent nettement l’adhésion — un plan de mobilité imposé sans concertation se heurte souvent à une adoption plus faible qu’un plan coconstruit.
  3. Le plan d’action : sélection des leviers pertinents au regard du diagnostic (covoiturage, vélo, transports collectifs, autopartage, télétravail).
  4. Le suivi : deux types d’indicateurs sont à combiner — des indicateurs de mise en œuvre (nombre de places de stationnement vélo créées, nombre d’actions menées) et des indicateurs de résultat (évolution de la part modale de l’autosolisme, taux d’occupation des parkings vélo).

Un changement de comportement prend du temps. Le passage de l’autosolisme à des modes de déplacement variés ne se décrète pas en une communication unique : il suit un processus par étapes (prise de conscience, réflexion, décision, passage à l’action, consolidation dans la durée), à accompagner par des actions de communication répétées plutôt qu’une campagne ponctuelle.

Quel impact réel un plan de mobilité peut-il avoir ?

Les résultats varient selon l’ampleur du dispositif, mais plusieurs études donnent des ordres de grandeur concrets : 

  • Une expérimentation menée par l’ADEME auprès de 20 participants a permis de faire passer la part des trajets domicile-travail réalisés en voiture thermique de 70 % à 11 %, au profit du covoiturage, du vélo, des transports collectifs ou de combinaisons de plusieurs modes. (Échantillon réduit, à considérer comme un ordre de grandeur illustratif plutôt qu’un résultat généralisable).
  • Une étude danoise menée auprès de plus de 1 200 salariés a mesuré 15 % d’absentéisme en moins chez les collaborateurs se rendant au travail à vélo, comparé à ceux utilisant la voiture ou les transports en commun.

Le plan de mobilité, un enjeu de sécurité au travail trop souvent oublié

Le risque routier reste la première cause de décès au travail en France : en 2021, 38 % des accidents corporels de la route impliquaient un usager en déplacement lié à son activité professionnelle, selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière. Un plan de mobilité qui réduit l’usage individuel de la voiture — au profit du covoiturage, des transports collectifs ou du vélo sécurisé — a donc aussi un effet direct sur l’exposition au risque routier professionnel, un angle rarement mis en avant alors qu’il concerne directement la responsabilité de l’employeur.

En quoi le plan de mobilité devient-il concrètement un levier de marque employeur ?

L’affirmation mérite d’être démontrée, pas seulement énoncée. Le lien entre mobilité et attractivité employeur passe par trois mécanismes concrets :

  • Un critère de choix de plus en plus explicite chez les candidats. Selon le Baromètre employeurs 2025 de la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette), 73 % des DRH déclarent que les avantages liés à la mobilité (dont le vélo) améliorent significativement l’attractivité de leurs offres d’emploi — un chiffre qui traduit un changement réel de perception côté recruteurs, pas seulement une intuition.
  • Un allègement direct du pouvoir d’achat des salariés. Carburant, entretien, stationnement, péages : ces dépenses contraintes pèsent lourd, en particulier en zone périurbaine. Une politique de mobilité qui les réduit a un effet équivalent à une hausse de pouvoir d’achat, sans passer par une augmentation de salaire — un levier de fidélisation direct, dans la même logique que ce qu’on développe dans notre article Fidéliser ses salariés : les leviers au-delà du salaire.
  • Un signal de cohérence entre discours et pratique. Les candidats et salariés distinguent de plus en plus facilement un engagement RSE affiché d’un engagement réellement vécu. Un plan de mobilité concret, avec des résultats mesurés (part modale, taux de participation), constitue une preuve tangible — à l’inverse d’une communication RSE sans traduction opérationnelle, qui use rapidement sa crédibilité.

Le plan de mobilité n’est donc un levier de marque employeur que s’il est vécu et visible au quotidien — pas simplement déclaré dans une communication interne ponctuelle.

Qui peut accompagner l’entreprise dans la construction de son plan de mobilité ?

Pour aller plus loin en format vidéo, voir le replay de notre webinar “Comment intégrer des mobilités durables en entreprise ?”.

  • Les Autorités Organisatrices de la Mobilité (AOM), interlocuteurs locaux qui structurent le réseau de transport du territoire où est implantée l’entreprise.
  • Les acteurs de la mobilité, comme les loueurs longue durée, qui accompagnent les entreprises dans le choix de solutions de déplacement adaptées.

Quelles solutions concrètes intégrer dans son plan de mobilité ?

  • Le covoiturage, alternative à l’autosolisme, permettant de partager un trajet entre collaborateurs empruntant le même chemin aux mêmes horaires.
    L’autopartage, mettant à disposition un ou plusieurs véhicules partagés entre collaborateurs pour des déplacements ponctuels. (Voir notre guide complet : Autopartage en entreprise).
  • Le vélo à assistance électrique (VAE), partagé ou en location longue durée, traditionnel ou en version cargo — particulièrement adapté aux entreprises urbaines et péri-urbaines.
  • Les transports collectifs, souvent oubliés, qui peuvent être accompagnés d’une participation financière aux abonnements.
  • Le verdissement du parc automobile, pour les déplacements qui restent nécessaires en voiture. (Voir notre guide complet : Verdir sa flotte automobile en entreprise).

Au-delà des moyens de transport, le Plan de mobilité peut aussi servir d’outil de management et d’organisation du travail, en soutenant le développement du télétravail et de nouvelles formes de collaboration entre salariés.

Questions fréquentes sur le plan de mobilité employeur

Quel est le montant du Forfait Mobilités Durables en 2026 ? 

Le plafond d’exonération de cotisations sociales est de 600 € par an et par salarié, porté à 900 € en cas de cumul avec la prise en charge obligatoire des abonnements de transport en commun.

Un plan de mobilité a-t-il vraiment un effet mesurable sur l’attractivité employeur ?

Oui, selon des données récentes : 73 % des DRH interrogés dans le Baromètre employeurs 2025 de la FUB déclarent que les avantages liés à la mobilité améliorent significativement l’attractivité de leurs offres d’emploi. L’effet est d’autant plus fort que le dispositif est concrètement vécu par les salariés, pas seulement communiqué.

Un plan de mobilité a-t-il un impact sur la sécurité au travail ? 

Oui, un impact direct et souvent sous-estimé : le risque routier est la première cause de décès au travail en France, et 38 % des accidents corporels de la route impliquent un usager en déplacement professionnel. Réduire l’usage individuel de la voiture au profit du covoiturage, des transports collectifs ou du vélo réduit mécaniquement cette exposition au risque. 

Mon entreprise est-elle concernée par l’obligation de plan de mobilité ? 

Trois seuils s’appliquent indépendamment : plus de 100 salariés sur un site en zone PDU (depuis 2018), plus de 50 salariés sur un site en cas d’échec des NAO sur le volet mobilité (depuis 2020), ou toute entreprise en zone PPA sur arrêté préfectoral. Vérifiez votre situation auprès de l’Autorité Organisatrice de la Mobilité de votre territoire. 

Quelle est la différence entre le Forfait Mobilités Durables et le Crédit Mobilité ?

Le Forfait Mobilités Durables prend en charge une partie des frais de déplacement domicile-travail en modes doux, quel que soit le mode de transport habituel du salarié. Le Crédit Mobilité s’adresse spécifiquement aux salariés qui renoncent à leur voiture de fonction en échange d’un moyen de transport alternatif. 

Un plan de mobilité peut-il être mutualisé entre plusieurs entreprises ?

Oui, lorsque plusieurs entreprises sont implantées sur un même site ou une même zone d’activité, un plan de mobilité mutualisé permet souvent des solutions plus efficaces (navettes partagées, autopartage inter-entreprises) qu’un plan isolé par structure.

Faire de votre plan de mobilité un vrai levier RH

Vous voulez des exemples concrets adaptés à votre situation ? Notre guide pratique détaille des mix de mobilité pour 6 typologies d’entreprise différentes (industrielle multisite, startup
en hypercentre, zone d’activité, municipalité, TPE artisanale, association) — téléchargez le guide complet.

Nos experts en mobilité d’entreprise peuvent vous accompagner pour construire un plan de mobilité adapté à vos usages réels, au-delà de la simple conformité réglementaire. 
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