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Matières Premières : Une baisse pour l'énergie et les métaux
Le secteur de l'énergie est au cœur des turbulences cette semaine. Le pétrole et le gasoil amorcent un repli marqué, sous la double pression de la reprise des flux saoudiens et de l'intervention coordonnée du G7 via la libération de réserves stratégiques. Si le gaz européen profite d'un soutien météorologique lié au retour du froid, les quotas carbone, eux, subissent l'essoufflement du cycle de conformité et l'incertitude réglementaire. Parallèlement, les marchés scrutent la fragilité des métaux industriels face à la conjoncture chinoise et la volatilité des métaux précieux face aux signaux de la Fed. Enfin, le secteur agricole s'emballe, porté par le spectre climatique d'El Niño et la reconfiguration des flux céréaliers en Mer Noire.
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Energie
Sous la pression des réserves stratégiques et du ralentissement économique, les prix du pétrole amorcent un repli
- Le Brent a enregistré sa plus forte baisse hebdomadaire depuis juillet, cédant -1,98 % sur la période, après avoir touché un pic intra-hebdomadaire à 107 $/bbl lundi 29 septembre. Le catalyseur principal est la reprise des flux saoudiens via le pipeline Petroline (East-West Pipeline) après plusieurs semaines de perturbations techniques, qui a brutalement allégé les craintes d'approvisionnement qui avaient soutenu les cours depuis début septembre. La publication d'un rapport sur l'emploi américain de septembre inférieur aux attentes vendredi 2 octobre, signalant un ralentissement de l'économie américaine, a accentué la pression vendeuse en fin de semaine, les opérateurs révisant à la baisse leurs perspectives de demande pétrolière pour le quatrième trimestre.
- Le Gasoil a suivi la même trajectoire, reculant plus fortement de -6,57 %. Une décision coordonnée du G7 d'autoriser la libération de réserves stratégiques de distillats dont le diesel et le gasoil de chauffage, a été annoncée en marge du sommet du G7 tenu fin septembre 2026, en réponse à la flambée des prix du pétrole au-dessus de 100 $/bbl et aux tensions persistantes sur l'approvisionnement en distillats en Europe et en Amérique du Nord.
Gaz et CO2 : le froid soutient les cours tandis que les quotas carbone subissent la fin du cycle de conformité
- Le gaz européen a progressé sur la semaine, dans un marché soutenu par la baisse des températures en Europe du Nord-Ouest en fin de semaine, les prévisions météorologiques signalant un retour du froid au-dessus des normales saisonnières pour la première quinzaine d'octobre, et par un niveau de remplissage des stockages européens atteignant 72,67 %, toujours très largement en-dessous de la moyenne des cinq dernières années (88 %).
- Les EUA terminent la semaine en repli marqué de -2,64 %. La fin du cycle de conformité et une demande d'enchères atone font peser une pression baissière sur les quotas d'émission européens, malgré un soutien marginal lié aux tensions géopolitiques. Le marché retient son souffle face aux incertitudes réglementaires entourant la révision de l'ETS, notamment sur l'ajustement du facteur de réduction linéaire prévu pour 2026. Si les analystes anticipent un repli technique en octobre, la tendance de fond demeure suspendue aux décisions parlementaires et aux ajustements structurels de l'offre.


Métaux
Métaux de base : repli marqué sous la pression de la conjoncture chinoise et du dollar
- Le cuivre a enregistré sa plus forte perte hebdomadaire depuis mai (-2,58 %), dans un marché pénalisé par la publication de données décevantes sur les bénéfices du secteur industriel chinois, qui ont ravivé les craintes sur la demande. La pression s'est intensifiée jeudi 1er octobre sous l'effet conjugué d'un rebond du dollar américain et d'un retour du pétrole brut au-dessus de 100 $/baril, deux facteurs structurellement défavorables aux métaux industriels.
- L'aluminium a signé la pire performance de la semaine parmi les six métaux de base, cédant -5,17 % dans un mouvement de repli ininterrompu sur la période. La faiblesse des données industrielles chinoises, la hausse des coûts énergétiques en Europe et la vigueur du dollar ont constitué les principaux vents contraires, aucun catalyseur haussier spécifique à l'aluminium n'étant venu contrebalancer la pression macro.
- Enfin, le nickel a également reculé (-4,11 %) sur la semaine, avec une accélération baissière marquée jeudi dernier, portant le contrat à son niveau le plus bas depuis plusieurs semaines. Les stocks LME de nickel ont progressé tandis que la pression de fond reste liée au glissement de politique indonésienne sur les quotas RKAB : selon des personnes proches du dossier, la révision de mi-année porterait les quotas totaux à 360 millions de tonnes pour 2026, quasi-équivalent aux niveaux de 2025, annulant de facto l'effet haussier de la politique restrictive annoncée en début d'année.
Métaux Précieux : l'or sous pression face aux taux mais porté par l'incertitude de l'emploi américain
- L'or a cédé du terrain sur la semaine passée (-3,35 %), dans un marché tiraillé entre la pression persistante des rendements obligataires américains (le 30 ans touchant son plus haut depuis 2002) et un regain d'appétit pour les actifs « refuge » alimenté par les craintes inflationnistes mondiales.
- Le discours « Hawkish » de plusieurs membres de la Fed a néanmoins pesé sur le métal en milieu de semaine : le gouverneur Barr a réitéré la nécessité de nouvelles hausses de taux, tandis que le président de la Fed de New York, Williams, a indiqué qu'une hausse supplémentaire « en fin d'année » restait appropriée, bien qu'il n'y voie pas d'urgence à agir.
- Le retournement est intervenu vendredi 2 octobre avec la publication d'un rapport sur l'emploi américain de septembre inférieur aux attentes (le taux de chômage progressant légèrement) qui a conduit les marchés à ramener la probabilité d'une hausse de taux en octobre à seulement 17-20 % (cela étant, elle est de 95 % pour la réunion du 09 décembre).


Agriculture
Grains : Rebond du blé face à l'effondrement de l'offre russe et aux tensions persistantes en Mer Noire
- Le contrat Blé Meunier pour livraison Décembre a signé un rebond marqué de +2,01 %, après avoir touché un point bas hebdomadaire à 233,25 €/tonne, son niveau le plus bas depuis début août. La progression a été quasi-continue sur les quatre dernières séances de la semaine, portée par la confirmation d'une contraction sévère de l'offre russe et par l'ouverture de nouveaux débouchés commerciaux pour le blé européen : le port de Rouen a expédié sa première cargaison de blé tendre vers le Yémen en six ans.
- L'effondrement structurel des exportations de blé russe, pénalisé par des goulots d'étranglement logistiques majeurs en Mer Noire, laisse présager une saisonnalité dégradée jusqu'en 2027. Parallèlement, l'incertitude diplomatique et la réduction des surfaces cultivées en Ukraine menacent la mise sur le marché de 30 millions de tonnes de produits agricoles, pesant lourdement sur l'offre mondiale. Cette instabilité persistante dans le bassin Azov-Mer Noire impose une réorganisation forcée des flux céréaliers et accroît la volatilité sur les marchés des grains.
Sucre, café et cacao : le spectre d'El Niño redessine la dynamique des softs
- Le contrat Sugar 11 New-york a enregistré la performance la plus spectaculaire de la semaine en bondissant de +13,89 % , sa plus forte hausse hebdomadaire depuis un mois. Le principal catalyseur est El Niño : un épisode qualifié de « super El Niño » frappe simultanément le Brésil, l'Inde et la Thaïlande, les trois plus grands producteurs mondiaux, transformant ce qui était un excédent mondial en début d'année en un déficit attendu pour la saison débutant cette semaine selon de nombreux analystes. Au Brésil, les pluies excessives dans le centre-sud maintiennent les usines sucrières focalisées sur l'éthanol plutôt que sur le sucre ; la forte teneur en humidité de la canne récoltée réduit sa concentration en sucre tout en la rendant plus adaptée à la production d'éthanol, selon les spécialistes.
- Le Café Arabica a terminé la semaine en hausse de +3,64 %. En l'absence de catalyseur fondamental majeur sur l'offre brésilienne ou vietnamienne, le marché a évolué à la hausse, les opérateurs restant attentifs aux développements macroéconomiques et aux flux spéculatifs, dans un contexte de hausse généralisée des matières premières agricoles.
- Enfin, le Cacao Londres a progressé de +0,81% sur la semaine écoulée, dans un marché volatil porté par les craintes renouvelées sur la récolte 2026/2027 en Côte d'Ivoire et au Ghana dans un contexte de renforcement d'El Niño. Fitch Ratings a indiqué le 2 octobre que la plupart des confiseurs européens disposent d'une marge suffisante pour absorber la hausse des coûts du sucre et du cacao sans procéder à des augmentations généralisées de prix en 2026, l'impact devant être inégal selon les entreprises.


Pour aller plus loin
Pour suivre l’évolution des marchés, consultez le précédent bulletin daté du 28 septembre 2026 “L'Hebdo Salle des Marchés : ”Niveaux de volatilité au sommets".
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