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Matières Premières : Le retour des niveaux de volatilité aux sommets
La semaine écoulée a été dominée par une forte volatilité, avec en toile de fond les tensions persistantes autour du Détroit d'Ormuz et les négociations américano-iraniennes. Le gaz naturel européen a subi la correction la plus marquée de la semaine, -10 % en moyenne entre TTF et PEG. Le Brent est resté quasi stable (+0,4 %), tandis que le gasoil Rotterdam a subi une correction de 4,5 %, dans un marché agité par la menace d'une interdiction américaine des exportations de diesel. Du côté des métaux, les précieux ont subi la remontée des rendements des obligations US et des prises de bénéfices (or -2,1 %, argent -3,0 %), tandis que les métaux de base ont affiché une performance mitigée, à l'aube de la période de congés en Chine. Sur les marchés agricoles, le blé meunier Euronext se replie de 2 %, sous influence notamment de l'espoir d'une normalisation des flux en mer Noire. Le cacao Londres a progressé de 6,9 % avec des craintes de stress hydrique sur les récoltes 2026/2027.
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Energie
Pétrole Brut Brent : Quasi-stabilité dans un marché sous tension
Le Brent a terminé la semaine quasi inchangé à 104,32 $/bbl (+0,4 %), masquant une semaine particulièrement volatile. Les prix ont oscillé entre 100 et 106 $/bbl, tiraillés entre les espoirs de réouverture du Détroit d'Ormuz et les regains de tensions géopolitiques. Mercredi 22 septembre, le Brent a brièvement cédé jusqu'à 100 $/bbl après l'annonce par l'Arabie Saoudite de la reprise progressive de son pipeline Est-Ouest, alternative partielle au Détroit. Jeudi 24 septembre, les prix ont rebondi de plus de 3 % au-dessus de 106 $/bbl après qu'un haut responsable militaire iranien a menacé d'élargir le conflit à l'océan Indien. En fin de semaine, les espoirs d'un accord en marge de l'Assemblée Générale de l'ONU ont ramené le Brent sous 106 $/bbl vendredi.
Le contexte structurel reste tendu : les flux pétroliers via le Détroit d'Ormuz sont estimés à environ 8 millions de barils/jour, contre ~15 millions avant le conflit, selon Clarksons Research. La production de l'OPEC a chuté à 19,56 mb/j en août, son plus bas niveau depuis 1990 pour l'Arabie Saoudite.
Gasoil & Distillats — La menace d'une interdiction américaine des exportations secoue le marché
Le gasoil a été le produit pétrolier le plus agité de la semaine. Le gasoil Rotterdam 0,1 % a cédé 4,5 % à 1 342,87 $/MT et le gasoil ICE swap M1 a reculé de 2,6 % à 1 402,56 $/MT. La semaine a été dominée par la menace d'une interdiction américaine des exportations de diesel, après que le président Trump a confirmé publiquement soutenir une telle mesure pour soulager les consommateurs américains confrontés à des prix record. Cette annonce a provoqué une forte divergence entre les prix américains et européens : mercredi 24 septembre, le différentiel entre le heating oil NYMEX et son équivalent européen a enregistré son plus grand mouvement journalier depuis 2022, les prix européens surperformant nettement les prix américains. Le crack gasoil ICE a brièvement surgi au-dessus de 95 $/bbl avant de retomber à environ 87 $/bbl en fin de semaine, après que l'administration Trump a opté pour des restrictions volontaires plutôt qu'une interdiction formelle. Les États-Unis représentent désormais environ 42 % des importations extrarégionales de diesel de l'Europe par voie maritime en 2026, contre 29 % en 2025, selon des données de shipping compilées par Kpler, Vortexa et S&P Global. La Russie, de son côté, devrait prolonger son interdiction d'exportation de diesel au-delà de fin septembre.
Gaz Naturel Européen (TTF & PEG Nord) — Forte correction, mais fondamentaux toujours préoccupants
Le PEG Nord français enregistre le plus fort repli de la catégorie énergie sur la semaine, avec une baisse de 10,1 % à 71,00 €/MWh. Le TTF néerlandais a suivi avec -9,4 %, dans ce qui constitue la plus forte baisse hebdomadaire depuis le mois de juin 2026. La correction s'explique principalement par les espoirs — finalement déçus — d'un accord américano-iranien sur le Détroit d'Ormuz en marge de l'Assemblée Générale des Nations Unies tenue à New-York, qui auraient permis une normalisation partielle des flux de GNL. Malgré cette correction, les fondamentaux restent préoccupants à l'approche de l'hiver. Les stocks européens atteignaient 70 % de remplissage au 23 septembre, contre une moyenne de 86 % sur 5 ans à cette période de l'année. La France se distingue positivement avec un taux de remplissage de 81 % au 22 septembre (vs moyenne 5 ans à 92 %), en hausse de 3 points sur la semaine. Terega, le deuxième opérateur de stockage français, a toutefois averti que les stocks français ne devraient pas dépasser le seuil réglementaire de 85 % avant l'hiver, en raison de conditions de marché peu favorables à l'injection. L'Allemagne reste la plus mal approvisionnée de l'UE, et a annoncé des appels d'offres supplémentaires pour 24 TWh de gaz pour le premier trimestre 2027. Les flux de GNL vers l'Europe du Nord-Ouest ont été supérieurs de 11 à 24 % à leur moyenne sur 30 jours en cours de semaine, ne compensant que partiellement les perturbations liées au Détroit d'Ormuz. Les flux norvégiens ont en revanche été inférieurs de 14 à 16 % à leur moyenne sur 5 jours. La semaine a également été marquée par une forte volatilité intra-hebdomadaire : le TTF a bondi de 5,8 % jeudi 24 septembre après les menaces iraniennes d'élargissement du conflit, avant de rechuter vendredi.
Gaz Naturel Américain (Henry Hub) — Rebond saisonnier
À contre-courant de l'Europe, le Henry Hub a progressé de 9,75 % à 3 196 $/MMBtu. Ce rebond reflète un soutien saisonnier lié à la demande de climatisation encore présente dans le Sud des États-Unis, ainsi qu'une demande d'exportation de GNL soutenue. TotalEnergies a indiqué lors de la conférence Energy Trading Week à Londres que les acheteurs européens pourraient montrer un intérêt croissant pour des contrats indexés sur le Henry Hub si l'hiver s'avère très volatile.
Électricité France — Pression nucléaire et réservoirs en baisse
Le forward baseload France M1 a reculé de 3,9 % à 149,02 €/MWh, dans un contexte de disponibilité nucléaire limitée mais en légère amélioration en fin de semaine. La disponibilité des réacteurs EDF a oscillé entre 63 % et 65 % sur la semaine (37 réacteurs disponibles sur 57, pour une puissance d'environ 37 à 39 GW). Les réservoirs hydrauliques français ont continué de baisser sur la semaine au 22 septembre, aggravant la pression sur l'offre d'électricité. La Commission de Régulation de l'Énergie a par ailleurs indiqué que la France pourrait continuer à développer les énergies renouvelables pour modérer les prix à long terme. L'UE a adressé une lettre d'alerte à ses États membres sur le risque de crise des prix de l'énergie cet hiver, les appelant à envisager des mesures de réduction de la demande.
Quotas Carbone EUA — Stabilité dans l'attente de catalyseurs
Les EUA sont restés quasi inchangés sur la semaine à 86,23 €/t (-0,07 %), dans un marché attentiste. L'absence de catalyseur réglementaire majeur et la faible corrélation avec les prix du gaz sur la semaine expliquent cette stabilité relative. Les EUA s'échangent en début de séance ce lundi à 86,88 €/t.
Flash Actualité Énergie — Lundi 28 septembre 2026, 10h00 CEST
• Détroit d'Ormuz : L'Iran a indiqué qu'il n'assouplira pas ses conditions pour la réouverture du Détroit d'Ormuz, après que le président Trump a rejeté la proposition iranienne lors d'un entretien accordé à Axios dimanche. Le Brent avance vers 106-108 $/bbl ce matin. Les forces armées iraniennes auraient ciblé 19 navires depuis vendredi soir pour avoir tenté d'emprunter des routes non autorisées dans le Détroit.
• TTF en rebond : Les prix du gaz européen repartent à la hausse ce matin après leur forte correction de la semaine passée. QatarEnergy a étendu sa force majeure sur les livraisons de GNL à l'italien Edison jusqu'en décembre, et au Pakistan et Bangladesh jusqu'en novembre, en raison des difficultés de transit par le Détroit d'Ormuz. Les flux de GNL vers l'Europe du Nord-Ouest au 24 septembre étaient supérieurs de 12 % à leur moyenne sur 30 jours.
• Norvège : Les nominations de gaz norvégien vers le Royaume-Uni et l'Europe du Nord-Est sont 11 % au-dessus de leur moyenne sur 5 jours ce matin, selon Gassco — un soutien bienvenu pour l'approvisionnement européen.
• Électricité France : La disponibilité nucléaire française est tombée à 60 % ce lundi matin (35 réacteurs, 34 562 MW), en baisse par rapport aux 65 % de vendredi. EDF a arrêté Flamanville 3 et Cattenom 3, et prolongé les indisponibilités de Blayais 2, St Alban 2 et Golfech 1. Le prix day-ahead pour la livraison du 28 septembre s'est établi à 203,94 €/MWh, son plus haut depuis le 13 septembre.
• Gasoil : L'administration Trump analyse toujours les ramifications d'une éventuelle interdiction à court terme des exportations de diesel américain. L'Italie a convoqué ses raffineurs pour le mois prochain afin de discuter d'une augmentation de la production nationale. Eni a plafonné les prix des carburants en Italie pour au moins 30 jours.



Métaux
1/ Métaux de base : Cuivre soutenu par la tension chinoise, aluminium en léger repli
L’aluminium 3M termine la période à 3 267 $/t contre 3 282 $/t le 18 septembre, soit -0,46 %. Le métal a reculé en début de semaine, dans un environnement macro moins porteur après le resserrement de la Fed, avant de se reprendre vendredi. Le renforcement du dollar et la remontée des rendements américains ont pesé sur l’ensemble du complexe des métaux industriels. Les stocks LME ont parallèlement légèrement diminué de 242 600 t à 241 375 t, apportant un soutien limité au marché physique.
Le cuivre 3M progresse de 14 521,50 $/t à 14 622,50 $/t, soit +0,74 %, après avoir approché son récent record en début de semaine. Le principal soutien est venu de Chine : les stocks suivis par le SHFE ont chuté de 15,9 % sur la semaine à 47 147 t, tandis que les achats pré-vacances et les réductions de production annoncées par certains smelters ont accentué la perception de tension physique. Le Yangshan premium est resté élevé et les stocks disponibles au LME se sont contractés. La hausse a toutefois été freinée en seconde partie de semaine par le dollar fort, la remontée des taux et des prises de bénéfices.
2/ Métaux précieux : L’or pénalisé par le virage plus restrictif de la Fed
L’or a perdu environ 2 % sur la semaine, revenant vendredi autour de 4 270–4 290 $/oz. Le mouvement est essentiellement macro : après la hausse de taux de la Fed la semaine précédente, les anticipations de nouvelles hausses se sont renforcées, soutenant simultanément le dollar et les rendements obligataires américains et réduisant l’attrait relatif d’un actif sans rendement.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont continué d’apporter un soutien refuge, mais celui-ci n’a pas compensé l’effet taux/dollar. La remontée du pétrole en fin de semaine a également ravivé les inquiétudes inflationnistes et renforcé les anticipations d’une politique monétaire américaine durablement restrictive.


Agriculture
1/ Blé : quatrième semaine de baisse consécutive
- Le Blé Meunier Euronext a enregistré sa quatrième baisse hebdomadaire consécutive, la plus longue série de l'année, reculant de 4,75 euros/t sur la semaine (-1,97 %) dans un mouvement de repli quasi-ininterrompu sur l'ensemble des cinq séances. Le grain européen a subi la conjonction de plusieurs facteurs baissiers : la perspective d'une normalisation partielle des flux en mer Noire, la hausse des exportations européennes de blé tendre de +2 % depuis le début de campagne au 20 septembre et la prise de bénéfices des investisseurs positionnés à la hausse depuis le pic de trois ans atteint en août.
- Le catalyseur dominant de la semaine reste d'ordre diplomatique : en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York, un porte-parole du gouvernement russe a signalé des discussions avec la Turquie (pays médiateur) sur la fin des frappes contre les navires céréaliers en Mer Noire, ce qui a précipité le blé américain à son plus bas niveau depuis août.
- Du côté ukrainien, le ministre de l'Agriculture a annoncé mercredi dernier que l'Ukraine explorait la possibilité d'acheminer jusqu'à 20 millions de tonnes de céréales via des ports baltiques pour contourner le blocus de la Mer Noire, une perspective qui a prolongé les pertes du blé d'une troisième séance consécutive, les opérateurs y voyant un potentiel de hausse de l'offre mondiale. L'Ukraine a par ailleurs achevé sa récolte de blé et d'orge, avec des volumes en hausse sur un an.
2/ Softs : l'envolée du Cacao contraste avec la détente du Café
- Le Cacao Londres a signé la meilleure performance de la semaine parmi les softs, bondissant de +271 gbp/t (+6,89 %) à 4,205 gbp/t à la clôture vendredi. Le rebond a été initié lundi dernier, les prévisions de temps sec en Côte d'Ivoire (premier producteur mondial) ayant ravivé les craintes de stress hydrique sur la récolte 2026/27, dans un contexte de renforcement d'El Niño. La dynamique haussière s'est ensuite maintenue malgré une brève correction mercredi, le marché ayant temporairement intégré la perspective d'un surplus à court terme issu de la campagne 2025/26 permettant une reconstitution des stocks.
- Portés par une amélioration de l'offre brésilienne et vietnamienne, les cours du Café Arabica ont subi un repli significatif sur les cinq derniers jours (-5,42 %), atteignant leurs plus bas niveaux depuis juin. Cette détente des prix est alimentée par la reconstitution des stocks mondiaux et la validation de la qualité des grains brésiliens. Ce mouvement baissier est accentué par un débouclage de positions acheteuses chez les spéculateurs, marquant un changement de dynamique après des mois de forte volatilité.
- Enfin, le contrat Sucre #11 New-York a clôturé la semaine en légère hausse de +0,81 % et clôture à 17,50 centimes de Dollar US/livre. En début de semaine, le sucre a d’abord été porté par les inquiétudes sur les retards de broyage au Brésil puis la pression vendeuse a ensuite pris le dessus, signalant des inquiétudes sur la demande mondiale à l'approche de l'expiration du contrat octobre. Par ailleurs, les États-Unis ont confirmé mercredi dernier une réduction du quota d'importation de sucre brut brésilien pour l'exercice 2027 de 55 900 tonnes réallouées à d'autres pays, la mesure pesant principalement sur les moulins du nord-est du Brésil.



Pour aller plus loin
Pour suivre l’évolution des marchés, consultez le précédent bulletin daté du 21 septembre 2026 "L'Hebdo Salle des Marchés : La hausse des cours s'accélère | BNP Paribas Entreprises".
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