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Matières Premières : La hausse des cours s'accélère
Entre tensions géopolitiques et resserrement monétaire, la semaine des matières premières a été marquée une nouvelle fois, par une très forte volatilité. L'énergie est plus que jamais au cœur des préoccupations : si le Brent termine la semaine en légère baisse, le prix de la tonne de Gasoil atteint un plus haut historique et les prix de l'électricité s'emballent en raison du niveau inquiétant des stocks de gaz et des tensions sur l'approvisionnement. Sur le front des métaux, la demande chinoise offre un soutien crucial au cuivre et à l'aluminium, malgré le ton hawkish de la Fed. Enfin, le secteur agricole a traversé la semaine entre espoirs diplomatiques en mer Noire pour le blé et réajustements sur les marchés du sucre, du café et du cacao. Une édition riche pour décrypter les nouveaux équilibres de l'offre et de la demande mondiale.
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Energie
1/ Pétrole & Produits raffinés : la tonne de Gasoil à son plus haut historique au-delà de 1 570 USD
- Le Brent a légèrement reculé sur la semaine (-0,7% à 103,87 USD/bbl). Les tensions géopolitiques liées au conflit US-Iran continuent de soutenir les prix à des niveaux élevés, mais des signaux d'une reprise partielle des exportations saoudiennes ont pesé sur le sentiment, l'Arabie Saoudite aurait exporté légèrement au-dessus de 4 Mb/j en septembre, contre 2,4 Mb/j en août, selon des données Kpler. La pénurie de produits pétroliers reste un facteur de soutien structurel, les attaques de drones (Houthis sur le pipeline saoudien Est-Ouest, Iraniens sur les pétroliers ne respectant pas les conditions requises en mer d’Ormuz), ayant contraint davantage de brut à transiter par la mer, faisant monter les coûts de fret à des niveaux records.
- Sur les produits raffinés, le Gasoil ICE et le Gasoil Rotterdam 0,1% progressent respectivement de +1,2% et +1,5%, reflétant des marchés de produits toujours tendus. Le sénateur américain Grassley a interpellé l'administration Trump sur la possibilité d'un embargo sur les exportations de diesel, arguant que les prix élevés pèsent sur les revenus des agriculteurs.

2/ Gaz naturel, Electricité et Carbone : les prix portés par la fragilité des stocks européens
- Les indices de gaz naturel TTF et PEG terminent la semaine pratiquement inchangés (~79,5 EUR/MWh). Les stockages européens atteignent 70% de remplissage au 19 septembre, nettement en dessous de la moyenne saisonnière sur 5 ans de 85%. Les stockages français s'établissent à 80% (98,7 TWh), également sous la norme saisonnière de 91%. Le Henry Hub progresse de +2,9% à 2,91 USD/MMBtu, soutenu par des perspectives de demande LNG accrue en Asie.
- Coté électricité française, le contrat forward Baseload front-month bondit de 144,94 à 155,00 EUR/MWh sur la semaine, atteignant même 157,55 EUR/MWh en cours de semaine. Cette hausse reflète la combinaison de stockages gaziers sous la normale et de tensions sur l'approvisionnement, une maintenance non planifiée sur le champ norvégien Sleipner aurait perturbé les flux vers l'Europe du Nord-Ouest et d'une demande historiquement soutenue à l'approche de l'automne. Vendredi, EDF a annoncé qu'il pourrait réduire la production d'électricité de la centrale nucléaire de Civaux à compter du 1er octobre. Le site se compose de deux unités d'une capacité combinée de 2,9 gigawatts.
- Pour finir, les quotas carbone EUA progressent de +1,7% à 86,29 EUR/tCO₂, dans le sillage de la hausse des prix de l'énergie.
Flash Marché — Ce matin (21 septembre)
- Le Brent recule pour une 4ème séance consécutive, s'établissant autour de 102 USD/bbl, dans l'attente d'une éventuelle rencontre Trump-Pezeshkian en marge de l'AGNU.
- Le TTF européen recule dans le sillage du brut, après un bond de +4% vendredi.
- La maintenance non planifiée sur Sleipner (Norvège) perturbe les flux gaziers vers l'Europe du Nord-Ouest.
Métaux
1/ Métaux de base : les cours portés par la demande chinoise malgré la Fed
- Le cuivre a enregistré sa 11ème hausse hebdomadaire en 12 semaines, clôturant à 14 521,50 USD/tonne le 18 septembre (+2,04% sur les cinq derniers jours). Le métal rouge a d'abord reculé à un plus bas de quatre semaines à ~14 000 USD/tonne le 14 septembre, pénalisé par le dénouement de la compression d'offre qui avait poussé les prix à un record la semaine précédente, les opérateurs ayant massivement redirigé des stocks vers les États-Unis en anticipation de droits de douane sur le métal raffiné, privant le reste du monde d'approvisionnement. Le rebond s'est opéré dès le 15 septembre grâce à de nouvelles livraisons dans les entrepôts LME, avant que la hausse de taux de 25 BP de la Fed (sa première depuis 2023) ne soit rapidement absorbée par le marché, porté par un regain de la demande chinoise à l'importation.
- L'aluminium a lui aussi progressé sur la semaine (+1,11%). La pression des anticipations hawkish de la Fed en début de semaine (avec la poursuite de la hausse des rendements obligataires américains) a pesé sur les prix jusqu'au mercredi, avant que le déstockage accéléré des lingots d'aluminium en Chine ne vienne soutenir le plancher des cours selon SMM (Shanghai Metals Market) : les stocks SHFE ont chuté de 26 729 tonnes (-7,7%) sur la semaine à 320 954 tonnes au 18 septembre, leur plus forte baisse hebdomadaire récente.
2/ Métaux précieux : l'or progresse légèrement malgré le ton hawkish de la Réserve fédérale américaine
- L'or a traversé une semaine particulièrement volatile, dominée par la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine : le FOMC a relevé ses taux directeurs de 25 points de base à 3,75 - 4,00 %, sa première hausse depuis 2023 dans un vote unanime, accompagné d'un message résolument hawkish signalant la possibilité d'une nouvelle hausse dès octobre (selon Goldman Sachs). L’or a d’abord reculé de 100 USD/once (-2,5%) après que M. Warsh a réaffirmé dans son allocution d'après-réunion, son engagement à maîtriser l'inflation, soulignant que trop de catégories de produits affichaient des hausses de prix. « Les chiffres de l'inflation de cet été ne me permettent pas d'affirmer que les tendances sous-jacentes se sont sensiblement améliorées », a-t-il déclaré
- Puis, l'or a rebondi parallèlement aux bons du Trésor en fin de semaine, la chute des prix du pétrole ayant contribué à apaiser les craintes d'inflation. Le signal de la Fed selon lequel les taux resteront élevés pendant une période prolongée constitue un frein à court terme pour l'or, mais la hausse des déficits budgétaires et un éventuel affaiblissement du dollar américain devraient soutenir le cours de l'or malgré la volatilité à court terme, selon certains analystes.

Agriculture
1/ Blé : La mer Noire reste le facteur dominant
- Le contrat Euronext blé meunier pour livraison novembre a terminé la semaine pratiquement stable, clôturant à 241,50 EUR/tonne (+0,2%). La semaine a néanmoins été marquée par une forte volatilité, avec un pic à 244,50 EUR/tonne le mercredi 16 septembre avant un repli de 3 EUR/tonne en deux séances.
- La perturbation des flux céréaliers en mer Noire demeure le facteur directeur du marché. Russie et Ukraine continuent de frapper mutuellement leurs ports, terminaux et infrastructures logistiques. En fin de semaine, la Turquie a soumis une proposition à la Russie et à l'Ukraine pour mettre fin aux frappes sur les navires civils, selon un diplomate cité par l'AFP le 17 septembre, la Russie ayant indiqué une certaine ouverture. C'est cette perspective diplomatique qui a pesé sur les cours vendredi.
- Certains spécialistes estiment que le marché continue de sous-évaluer substantiellement le risque d'une perturbation prolongée, aucune voie claire vers une normalisation des flux n'étant visible à court terme.
2/ Café, Sucre, Cacao : Semaine de correction sur les trois marchés
- Le contrat Sugar #11 New-York a clôturé les 5 derniers jours en baisse de -4,35%. La semaine a été dominée par une livraison massive contre l'échéance octobre d’environ 500k tonnes de sucre blanc, dont une part significative en provenance de Thaïlande, signalant une disponibilité physique supérieure aux attentes et un relâchement des prix spot. Cependant, sur le plan fondamental la toile de fond reste haussière à moyen terme : selon Thai Sugar Millers Corp, la production thaïlandaise est attendue en baisse d'au moins -17% (sous 10 millions de tonnes) et l'ISO (International Sugar Organization) anticipe un déficit mondial de 200k tonnes pour la campagne 2026-27.
- Le Café Arabica a subi la correction la plus sévère parmi les trois marchés reculant de -6,1%, avant un léger rebond technique en clôture vendredi. Le catalyseur principal de cette correction est la publication par l'Organisation Internationale du Café (OIC) d'une prévision d'excédent mondial de 3 millions de sacs pour la campagne 2025-26 qui s'achève, ce qui constituerait le premier excédent en cinq ans. La production mondiale est estimée à 183,6 millions de sacs (+4,4% en glissement annuel), tandis que la consommation mondiale est attendue à 180,6 millions de sacs (-0,8%), notamment en raison d'une contraction de 1,7 million de sacs de la demande nord-américaine.
- Mais c’est bien le Cacao Londres qui a enregistré la semaine la plus volatile des trois marchés. Après un pic à 4,377 GBP/tonne le 16 septembre, les cours ont cédé 443 GBP/tonne en deux séances pour clôturer à 3,934 GBP/tonne vendredi. La tension entre des approvisionnements à court terme jugés encore abondants et des risques de production à moyen terme sévères continue de structurer la volatilité. Sur le plan fondamental, les spécialistes soulignent que El Niño et la maladie de la pourriture brune menacent la prochaine récolte en Afrique de l'Ouest (Ghana, Côte d'Ivoire) et Guan Chong Berhad, le premier transformateur asiatique, anticipe désormais un déficit mondial de 300 à 400k tonnes en 2026-27, contre un excédent d'environ 100k tonnes l'année précédente.

Pour aller plus loin
Pour suivre l’évolution des marchés, consultez le précédent bulletin daté du 14 septembre 2026 "Matières Premières : Retour au-dessus des 100 USD pour le Brent".
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