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Matières Premières : Retour au-dessus des 100 USD pour le Brent
Le marché de l'énergie subit une forte tension haussière, portée par des incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient et des tensions sur l'approvisionnement en gaz et pétrole. À l'inverse, les métaux traversent une phase de repli généralisé, pénalisés par une inflation américaine persistante et un dollar fort. Enfin, les matières agricoles présentent des dynamiques contrastées : le blé reste sensible aux tensions en mer Noire, le cacao et le café subissent des pressions vendeuses, tandis que le sucre profite d'une demande robuste et de contraintes climatiques.
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Energie
Énergie : Le gaz naturel atteint des niveaux records inhabituels pour la période
La semaine a été exceptionnellement haussière pour les prix de l'énergie en Europe. Le contrat d'électricité français M+1 (baseload) a bondi de +11.33%, sa plus forte progression hebdomadaire récente, porté par la conjonction de plusieurs facteurs : tensions géopolitiques au Moyen-Orient affectant les flux de GNL, stockages gaziers européens inférieurs aux moyennes saisonnières (les Pays-Bas à 52% de remplissage contre une moyenne 5 ans de 78%, l'UE à 68%), et des perturbations d'approvisionnement en Norvège (réductions de capacité sur le champ d'Ormen Lange) et au Royaume-Uni (panne au terminal Bacton Shell).
Le TTF et le PEG français ont progressé de manière quasi-identique (+10,5% et +10,9% respectivement), reflétant l'intégration croissante des marchés gaziers européens. À l'inverse, le Henry Hub américain a reculé de -4,84%, illustrant la déconnexion persistante entre les marchés gaziers des deux côtés de l'Atlantique. Les quotas carbone (EUA) ont progressé modestement (+1,66%), à 84,88 €/t.
Actualités du jour (14 septembre 2026)
- Pétrole : L'Arabie Saoudite a fermé son pipeline Est-Ouest (contournant le détroit d'Ormuz) suite à des attaques de drones. Le Brent a progressé de près de 3,7% à plus de 108 $/baril en séance. Les raffineurs asiatiques attendent des clarifications sur leurs livraisons depuis le port de Yanbu.
- Gaz européen : Le TTF atteint ses plus hauts depuis décembre 2022 ce matin, en hausse de 5,3%, dans le sillage du pétrole et des inquiétudes sur les approvisionnements moyen-orientaux. Une réunion entre l'Iran et les États du Golfe sur le détroit d'Ormuz, initialement prévue ce lundi, a été reportée.
- GNL : Le marché spot GNL reste tendu — l'Inde (GSPC) a acheté une cargaison pour livraison en septembre à environ 28 $/MMBtu, et le Bangladesh a acquis deux cargaisons spot au même niveau. Exxon a relevé ses prévisions de ventes de GNL à 50 millions de tonnes par an d'ici 2030.
- Nucléaire nordique : La production nucléaire nordique reste stable à 50% de capacité, avec 6 réacteurs sur 11 en ligne.


Métaux
Une baisse généralisée sur l’ensemble des métaux.
La baisse généralisée touchant à la fois les métaux de base et les métaux précieux a été provoquée par un déclencheur macroéconomique commun : des données d'inflation américaines plus élevées que prévu. La force du dollar qui en a résulté et la hausse des rendements réels ont agi comme un vent contraire pour l'ensemble du secteur des métaux. Les analystes ont noté que le repli du cuivre reflétait un « choc de taux plutôt qu'une détérioration des perspectives de croissance ».
Métaux de base - Facteurs additionnels
Cuivre : L'incertitude entourant une décision de la Maison Blanche révélée dans un article de Reuters jeudi et concernant l'imposition de tarifs douaniers sur le cuivre raffiné a pesé sur les contrats à terme, entraînant une baisse du cours sur la semaine. Cette pression est accentuée par une hausse de 8 425 tonnes des stocks de cuivre dans les entrepôts du LME, ce qui a réduit les écarts de prix et éliminé la prime de déport qui soutenait les cours, ainsi que par un positionnement nettement vendeur des courtiers de Shanghai sur le SHFE.
L’aluminium suit cette baisse généralisée des prix, après une hausse du cours en première partie de semaine.
Métaux précieux - Facteurs additionnels
La chute de -6,48 % du palladium a été la sous-performance la plus marquante, accentuée par la sortie des fonds ETF.
L'or (-1,83 %) s'en est le mieux sorti, soutenu par les achats continus des banques centrales. La PBOC a ajouté 650 000 onces à ses réserves en août, son plus gros achat depuis 2023 et son 22ème mois consécutif d'achat.
L'argent (-2,6 %) a suivi la baisse des métaux de base en raison de sa composante de demande industrielle, amplifiant la vente pour raison macro à l’instar de l'or.
Le platine a grimpé à 1 900 $/oz le mercredi 9 septembre avant de se retourner brutalement le jeudi, conformément au mouvement global.


Agriculture
1/ Malgré un trafic paralysé en Mer Noire, le Blé résiste
Le contrat actif blé meunier a clôturé la semaine en baisse de -2.61%, à 241,00 euros/tonne. Le catalyseur dominant de la semaine reste l'escalade des frappes mutuelles russo-ukrainiennes sur les ports, terminaux et infrastructures maritimes de la mer Noire, qui perturbent les flux d'exportation des deux pays depuis juillet, une région qui représente plus de 70% des exportations russes de céréales en année normale. SovEcon a abaissé son estimation des exportations russes de blé 2026/27 de 3,2 Mt à 41,4 Mt, indiquant ne pas s'attendre à une normalisation de la navigation dans la région Azov-mer Noire dans les prochaines semaines, bien qu'une reprise partielle en automne reste possible selon le cabinet. Le WASDE de septembre, publié le 11 septembre, a confirmé cette tendance en réduisant les projections d'exportation russe de 3 Mt à 43 Mt et ukrainienne de 1 Mt à 12,5 Mt pour 2026/27
2/ Café et Cacao sous pression tandis que le Sucre touche un sommet de 17 mois
Le contrat Sucre #11 New-York a terminé la semaine en légère hausse après avoir touché un plus haut de 17 mois à 18,73 USc/lb sur la clôture le 10 septembre, porté par une forte demande d'importation indienne et par les retards de broyage au Brésil imputables à El Niño.
La Café Arabica a enregistré sa troisième baisse hebdomadaire consécutive, la plus longue série depuis mai. La pression vendeuse s'explique par la quasi-finalisation de la récolte brésilienne d'arabica et l'afflux massif de grains sur le marché : les exportations brésiliennes de café ont atteint un record historique en août à 4,155 millions de sacs (+31% sur un an) selon Cecafé.
Enfin, le Cacao Londres a subi la plus forte correction de la semaine parmi les softs en cédant -6.39% dans un marché tiraillé entre des approvisionnements à court terme jugés suffisants et des risques croissants pesant sur la récolte 2026/27 : El Niño, maladie de la pourriture brune et développement insuffisant des cabosses au Ghana et en Côte d'Ivoire.

Pour aller plus loin
Pour suivre l’évolution des marchés, consultez le précédent bulletin daté du 7 septembre 2026 “Matières Premières : nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient".
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