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Matières Premières : Hausse du Brent et correction sur les métaux
Du côté des énergies, le Brent bondit de 5 % (>$109) porté par les tensions au Moyen-Orient, malgré un allègement des sanctions russes par les USA. Le gaz européen (TTF) atteint son plus haut depuis fin 2022 (>88 €/MWh) en raison des risques sur le GNL et de stocks insuffisants. L'électricité suit la hausse du gaz, malgré une baisse de la disponibilité nucléaire française. Côté métaux, le cuivre et l'aluminium reculent sous l'effet d'une inflation US (CPI) plus élevée que prévu, pesant sur les anticipations de taux. L'or fléchit également face à un dollar fort et des discours hawkish de la Fed. Enfin, sur le terrain agricole, le blé européen progresse légèrement (+0,72 %) malgré la pression du CBOT. Le café Arabica (+6,5 %) et le sucre (+2,9 %) surperforment, portés par des stocks bas et des aléas climatiques (Inde), tandis que le cacao stagne.
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Energie
Pétrole brut et produits raffinés : l’allègement des sanctions sur le brut russe fait espérer une hausse de l'offre
- Le Brent a progressé de près de 5 % sur la semaine, franchissant le seuil des 109 $/bbl en clôture vendredi. La dynamique est clairement géopolitique : les tensions au Moyen-Orient, avec des frappes de drones Houthis ciblant des infrastructures portuaires saoudiennes et des incidents impliquant des tankers dans le Golfe Persique, ont alimenté une prime de risque significative. Les prix du pétrole brut ont chuté lundi, les traders évaluant une possible augmentation des approvisionnements russes sur le marché suite à l'allègement des sanctions américaines vendredi. Cette légère baisse fait suite à la signature par le président Trump, vendredi, d'un décret levant les sanctions sur l'énergie russe pour l'approvisionnement des États-Unis et d'autres pays d'environ 2,3 millions de barils de diesel ce mois-ci, afin d'atténuer l'impact à la pompe alors que les prix du diesel atteignent des sommets historiques. Toutefois, les bombardements ukrainiens des installations pétrolières en Russie et les attaques accrues contre les pétroliers dans le golfe Persique ont assombri les perspectives d'approvisionnement. Selon les données de Kpler, le terminal de Saint-Pétersbourg exporte environ 120 000 barils de produits raffinés par jour, principalement du fioul domestique. L'ampleur des dommages subis par l'installation reste encore incertaine.
- Du côté des produits raffinés, le premier contrat gasoil ICE a suivi avec une hausse de +4,75 % à 1 427 $/MT durant la semaine, avant de chuter de 3 % ce lundi matin à 1384$/mT , tandis que le Rotterdam Gasoil 0.1% a progressé plus modérément (+2,73 %), reflétant une demande physique européenne toujours présente mais moins tendue que les marchés à terme. Pour les clients industriels exposés aux coûts de transport maritime, le VLSFO (carburant marin) a enregistré la plus forte progression de la catégorie pétrolière avec +7,31 % à 688 $/MT, atteignant des niveaux proches des plus hauts annuels.
Gaz / électricité / émissions : Les prix européens du gaz poursuivent leur hausse
- Les prix du gaz naturel en Europe ont continué de grimper pour dépasser les 88 € par mégawatt-heure ce lundi, atteignant leur plus haut niveau depuis décembre 2022. Cette progression s'explique par la limitation des approvisionnements en GNL (gaz naturel liquéfié) en provenance du Golfe, ce qui entrave les efforts de l'UE pour reconstituer des stocks de gaz épuisés avant l'hiver. Bien que les niveaux de stockage de gaz en Europe aient augmenté régulièrement ces dernières semaines, atteignant 74,31 % de la capacité au 18 octobre, ils restent inférieurs aux niveaux habituels pour cette période de l'année.
- Les tensions persistantes et les menaces sécuritaires au Moyen-Orient ont alimenté les inquiétudes concernant la sécurité du transport maritime et le resserrement de l'offre énergétique mondiale Le TTF M1 a bondi de +7,51 % à 87,55 €/MWh, son plus haut niveau depuis fin 2022. Le PEG Nord français a suivi de manière quasi-identique (+7,65 % à 85,88 €/MWh), confirmant la corrélation étroite entre les deux benchmarks. Deux facteurs structurels expliquent cette hausse : d'une part, les stockages européens affichent un déficit marqué par rapport aux normes saisonnières (74 % de remplissage contre une moyenne quinquennale de 89 %), et d'autre part, les risques sur les flux GNL en provenance du Moyen-Orient se sont intensifiés avec des attaques signalées sur des méthaniers en mer d'Arabie.
- Du côté de l'électricité, le French Power BaseLoad français a progressé de +2,52 % à 172,64 €/MWh, en ligne avec la hausse du gaz. À noter que la disponibilité nucléaire française est descendue à 63 % ce lundi (contre 67 % vendredi), avec l'arrêt de Paluel 3 et Cruas 1, ce qui maintient une pression haussière sur les prix spot. Le Henry Hub (gaz américain) a décroché de -3,23 %, évoluant dans une dynamique propre au marché nord-américain, déconnectée des fondamentaux européens. Les quotas carbone EUA ont en revanche légèrement reculé (-1,70 % à 85,02 €/t), le marché digérant des volumes d'échanges plus faibles en fin de semaine.
- Enfin, le contrat EUA pour décembre 2026 a enregistré une baisse hebdomadaire de -1,09 €/t (-1,3 %), clôturant venderdi à 85,85 €/t contre 86,94 €/t la semaine passée. La semaine a suivi un schéma classique de « rallye suivi d'un retournement » : les prix ont atteint un sommet de 88,34 €/t le lundi 12 octobre avant de subir une vente constante durant le reste de la semaine, sous le poids des vents contraires politiques et du débat plus large sur la compétitivité énergétique lors du sommet de l'UE.
Flash Actualité — Lundi 19 octobre 2026
- Pétrole : Le Brent recule depuis ses plus hauts de cinq mois (autour de 108 $/bbl) alors que les traders évaluent la résilience de l'offre moyen-orientale malgré les combats. Un hélicoptère saoudien s'est écrasé près de la frontière yéménite et les Houthis ont ciblé Yanbu, hub d'exportation crucial. Deux tankers auraient été touchés dans le Golfe Persique selon les opérations maritimes britanniques.
- Gaz européen : Le TTF poursuit sa hausse ce matin (+2% en début de séance), atteignant son plus haut depuis décembre 2022. Des attaques sur un méthanier GNL au large du Yémen samedi alimentent les craintes sur les flux.



Métaux
Base Metals : l'inflation américaine et les craintes monétaires pèsent sur le Cuivre et l'Aluminium
- Le Cuivre a enregistré trois séances consécutives de baisse avant de rebondir vendredi 16 octobre, clôturant la semaine en repli de -0,94 %. Lundi dernier, le métal rouge a d'abord fléchi sous l'effet d'un selloff mondial des valeurs technologiques et d'intelligence artificielle, l'indice boursier sud-coréen, corrélé aux prix du cuivre, ayant chuté jusqu'à 7 % en séance, les opérateurs s'interrogeant sur la soutenabilité des dépenses en infrastructures data centers, pourtant structurellement intensives en cuivre. Puis, la publication jeudi du CPI américain de septembre supérieur aux attentes, au rythme le plus rapide en cinq mois, a déclenché une vague de ventes généralisée sur les métaux. Le rebond de vendredi a été porté par un retour de l'appétit pour le risque, le dollar mettant fin à sa série haussière de quatre semaines.
- L'aluminium a touché son plus bas niveau de clôture de l'année jeudi 15 octobre à 2,987 $/tonne, avant de rebondir de 14,50 $/t vendredi 16 octobre à 3,001,50 $/tonne, clôturant la semaine en repli -1,46 %. Le CPI américain supérieur aux attentes du 14 octobre a constitué le catalyseur baissier dominant, les anticipations de resserrement monétaire agressif de la Fed pesant sur l'ensemble du complexe industriel. En outre, les exportations chinoises de demi-produits en aluminium ont progressé de 17,8 % sur les neuf premiers mois de 2026 selon les données douanières (GAC), illustrant la vigueur de l'offre chinoise en aval.
L'or sous la pression d'un dollar fort et des discours Hawkish de la Réserve fédérale
- L'or a terminé la semaine en légère baisse (-0,68 %), masquant une volatilité intra-hebdomadaire particulièrement marquée. En début de semaine, le métal jaune a subi la pression d'un dollar au plus haut annuel, renforcé par la corrélation retrouvée entre le billet vert et les différentiels de taux d'intérêt selon Bloomberg, et par des déclarations Hawkish de la présidente de la Fed de Boston, Susan Collins, qui a indiqué lundi 13 octobre qu'une nouvelle hausse de taux d'ici fin 2026 lui semblait appropriée pour ramener l'inflation à 2 %.
- Le point bas hebdomadaire a été enregistré mercredi, après la publication du CPI américain de septembre supérieur aux attentes, progressant au rythme le plus rapide depuis avril 2026 (+0,6 % sur un mois, +3 % sur un an), qui a déclenché une vague de ventes généralisée sur les actifs risqués, le S&P 500 enregistrant sa plus forte chute depuis juillet et le Nasdaq 100 cédant 2,2 %.


Agriculture
Entre escalade des hostilités et réorientation des exportations, le blé européen cherche son équilibre
- Le Blé Meunier Euronext a terminé la semaine en légère hausse de +1,75 €/t (+0,72 %) à 243,75 €/t le 16 octobre, après avoir atteint un pic hebdomadaire à 248,25 €/t mardi 14 octobre, son niveau le plus élevé depuis début septembre. La dynamique a été haussière en milieu de semaine, portée par l'extension des attaques de drones en mer Noire aux eaux roumaines et bulgares, avant une prise de bénéfices vendredi sous l'effet de la pression baissière du CBOT.
- En effet, le blé CBOT a clôturé à son plus bas niveau depuis deux mois. Le marché américain reste sous la pression des perspectives d'approvisionnement améliorées : le rapport WASDE d'octobre avait relevé de façon inattendue la semaine précédente les prévisions de production de maïs américain, entraînant le blé dans son sillage, et les estimations de production mondiale et de stocks ont également été augmentées par rapport au mois précédent.
Le sucre porté par les aléas climatiques tandis que le café et le cacao marquent le pas
- Le Café Aarabica a signé la meilleure performance de la semaine parmi les softs, bondissant de +6,50 %, son niveau le plus élevé depuis plusieurs semaines, dans un marché structurellement soutenu par des stocks ICE tombés à leur niveau le plus bas depuis 1999. Selon Bloomberg, bien qu'un afflux de café soit attendu en provenance du Brésil et du Vietnam, la question centrale reste de savoir quelle proportion de ces volumes atteindra effectivement les entrepôts agréés qui sous-tendent les prix à terme, une incertitude qui maintient une prime de rareté structurelle sur le contrat.
- Le Sugar #11 New-York a progressé de +2.90 % sur la semaine, clôturant au-dessus du seuil psychologique des 20 $/lb pour la deuxième semaine consécutive, porté par les inquiétudes persistantes sur l'offre indienne : la production nette de sucre en Inde pour la saison 2026/27 (octobre-septembre) devrait tomber à 28 millions de tonnes contre 31 Mt la saison précédente, en raison de précipitations déficitaires dans des parties du Maharashtra et du Karnataka, sans diversion vers l'éthanol prévue cette saison selon des sources industrielles.
- Enfin, Le cacao Londres a terminé la semaine en très légère baisse (-0,59 %), masquant une volatilité significative. Le catalyseur haussier de la semaine a été la publication de données de broyages malaisiens en forte hausse le 14 octobre, qui ont poussé le contrat new-yorkais jusqu'à +5,1 % en séance à son plus haut en plus de trois semaines avant que le marché n'efface ses gains et ne bascule brièvement en territoire négatif, illustrant la difficulté du marché à trouver une direction claire entre risques d'offre liés à El Niño et perspectives de demande incertaines.


Pour aller plus loin
Pour suivre l’évolution des marchés, consultez le précédent bulletin daté du 12 octobre 2026 “L'Hebdo Salle des Marchés : ”US-Russie s'apaise, Riyad bloque".
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