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Matières Premières : Apaisement US-Russie, complications à Riyad
Forte tension sur l'ensemble des marchés de l'énergie, portée par une combinaison de facteurs géopolitiques (escalade au Moyen-Orient, incertitudes sur la trêve énergétique russo-ukrainienne) et le début de la saison de chauffage en Europe. Du côté des métaux, le zinc et le cuivre voient leurs cours progresser, tandis que l'étain et l'aluminium ont reculé. L'or a progressé modestement, soutenu par son statut de valeur refuge dans un contexte géopolitique tendu, mais freiné par les anticipations sur les taux directeurs américains. Sur les matières premières agricoles, le blé cherche son équilibre entre l'escalade des tensions qui soutient les cours, et la réorientation massive des exportations russes vers la Baltique qui exerce une pression vendeuse. Pour le Sucre, on observe une forte dynamique haussière portée par les aléas climatiques (El Niño), tandis que le café Arabica corrige après un rallye grâce à des pluies favorables au Brésil.
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Energie
Pétrole Brut — Brent M1
Le Brent a progressé de +2,4 % sur la semaine, clôturant à 104,72 $/bbl vendredi 9 octobre. La toile de fond géopolitique reste le principal moteur : les attaques Houthis répétées sur les infrastructures saoudiennes, notamment l'aéroport de Riyad ce week-end, et les incidents dans le détroit d'Ormuz ont maintenu une prime de risque significative sur le brut. Certains acteurs bancaires ayant même relevé leur objectif de prix pour le Brent à 90 $/bbl sur décembre, estimant que les tensions géopolitiques ajoutent plus de 20 $/bbl à la valeur du brut . Malgré ces tensions, les flux d'exportation du Golfe Persique sont restés résilients, limitant la hausse.
Produits Pétroliers — Gasoil & Marine Fuel
Le gasoil Rotterdam 0,1 % a été le produit pétrolier le plus performant de la semaine avec une hausse de +7,2 % à 1 307,83 $/MT, surperformant nettement le brut et traduisant un resserrement marqué des marges de raffinage sur les distillats moyens. Le gasoil ICE swap M1 a progressé de +4,0 % à 1 362,37 $/MT. Cette surperformance des distillats s'explique en partie par les discussions autour d'un accord russo-américain portant sur la fourniture de plus de 300 000 tonnes de diesel russe pour tenter de soulager les marchés mondiaux du carburant. Le VLSFO (marine fuel) a suivi avec +4,4 % à 640,74 $/MT, porté par la hausse du brut et la demande soutenue du transport maritime.
Gaz Naturel — TTF, PEG Nord & Henry Hub
Le gaz naturel européen a été le grand mouvement de la semaine. Le PEG Nord M1 a bondi de +9,5 % à 79,78 €/MWh, et le TTF M1 de +8,9 % à 81,43 €/MWh. L'Europe entre dans sa saison de chauffe avec des stocks de gaz à seulement 74 % de leur capacité, contre une moyenne saisonnière sur 5 ans de 89 % . Les Pays-Bas affichent 62 % de remplissage, et l'Allemagne est la moins bien dotée en termes relatifs. La perspective de températures plus fraîches la semaine prochaine renforce la pression sur la demande à un moment où les flux restent sous tension géopolitique. Le PEG Nord a ainsi progressé de plus de 13 % depuis le début du mois d'octobre, atteignant son plus haut niveau depuis près d'un mois. Outre-Atlantique, le Henry Hub a progressé de +6,1 % à 3,22 $/MMBtu, dans un contexte de demande soutenue et de flux LNG vers l'Europe en ligne avec la moyenne des 30 derniers jours.
Électricité France Baseload M1
Le forward baseload français M1 a progressé de +4,9 % à 168,40 €/MWh, dans le sillage direct du gaz naturel qui reste le prix marginal de référence pour la formation des prix de l'électricité en Europe. La disponibilité nucléaire française s'établit à 65 % ce lundi matin, en légère hausse par rapport aux 64 % de vendredi, avec 38 réacteurs disponibles pour une puissance combinée de 39 019 MW.
Carbone EUA
Les quotas carbone européens (EUA) ont progressé de +3,0 % sur la semaine, clôturant à 86,49 €/tCO₂. La hausse reflète la corrélation habituelle avec les prix du gaz et de l'électricité en période de tension sur les fondamentaux énergétiques. À noter que le Royaume-Uni et l'Union européenne seraient parvenus à un accord pour lier leurs systèmes d'échange de quotas d'émission (ETS britannique et européen). L'annonce officielle devrait avoir lieu lors d'un sommet bilatéral le mois prochain.
Flash Actualité Énergie — Lundi 12 octobre 2026
- Brent : La structure de la courbe reste en backwardation marquée, signalant que les traders anticipent des perturbations d'approvisionnement prolongées.
- Gaz TTF/PEG Nord : Les prix du gaz européen progressent encore ce matin de +1,8 %, atteignant leur plus haut niveau depuis près d'un mois. C'est la cinquième session consécutive de hausse. Les prix allemands du gaz pour livraison aujourd'hui s'affichent à 83,10 €/MWh.



Métaux
- Le cuivre a clôturé la semaine en hausse de +2 %, sa douzième hausse hebdomadaire en treize semaines, dans un marché caractérisé par une volatilité marquée. Le contrat a d'abord reculé pénalisé par la flambée du pétrole à la suite d'une escalade des attaques iraniennes sur des pétroliers dans le détroit d'Ormuz. Cela a sévèrement pesé sur l'appétit pour le risque sur l'ensemble des marchés. Le rebond en séance vendredi a été porté par le retour des acheteurs chinois après la semaine de congés de la Fête nationale, un indicateur de la demande à l'importation ayant atteint son plus haut niveau en quatre ans selon Bloomberg, signalant un potentiel de restockage, et par la grève déclenchée le 7 octobre par deux syndicats de la mine Centinela d'Antofagasta au Chili, qui ajoute à une série de perturbations d'approvisionnement resserrant les perspectives d'offre.
- À l'inverse, l'aluminium a enregistré une semaine difficile dans un mouvement de repli quasi-continu : après une brève progression lundi, le contrat a décroché à 3 050,50 $/t jeudi et clôturé à 3 048,50 $/t vendredi, son niveau le plus bas depuis fin septembre. La pression vendeuse a été amplifiée jeudi par la flambée du pétrole, qui a renchéri les coûts énergétiques des fonderies et pesé sur les marges de production, tandis que la demande industrielle chinoise restait atone en début de semaine en raison des congés de la Fête nationale. À contre-courant, les spéculateurs ont relevé leurs positions nettes longues sur l'aluminium LME à leur plus haut niveau en plus de trois semaines à 84 980 contrats nets longs dans la semaine au 2 octobre, selon les données de la bourse — un signal de positionnement haussier à surveiller pour la semaine à venir.
Precious Metals : léger regain sur l'Or
L'or a progressé sur la semaine dans un marché tiraillé entre des vents contraires macro persistants et un regain de la demande institutionnelle. En début de semaine, le métal jaune a subi la pression d'un dollar au plus haut annuel, l'euro s'étant affaibli sous l'effet de la crise politique en France ayant déclenché un sell-off obligataire dans les dettes souveraines européennes les plus vulnérables. Le point bas hebdomadaire a été enregistré mercredi, l’or ayant été pénalisé par la publication des minutes du FOMC de septembre (qui ont confirmé que la majorité des membres du comité jugeait une nouvelle hausse de taux d'ici fin 2026 nécessaire pour ramener l'inflation à 2 %), ainsi que par la flambée du prix du baril de Brent alimentant les craintes inflationnistes et poussant le rendement du 10 ans américain à 5,32 %.
Le retournement haussier s'est opéré jeudi, le président de la Fed de St. Louis ayant certes signalé la nécessité d'un resserrement supplémentaire sur les six à neuf prochains mois, mais sans endosser une hausse dès octobre, un message perçu comme moins « Hawkish » qu'anticipé par le marché. Le rebond s'est accéléré vendredi 9 octobre, porté par la détente du pétrole et le recul des rendements obligataires, ainsi que par la confirmation que la Banque Populaire de Chine avait accumulé 740,000 onces supplémentaires en septembre (sa 23ème hausse mensuelle consécutive) signalant une demande structurelle toujours soutenue de la part des banques centrales.


Agriculture
Entre escalade des hostilités et réorientation des exportations, le blé européen cherche son équilibre
- Le contrat Blé Meunier Euronext pour livraison Décembre progresse légèrement de +0,21 % à 242 €/tonne, après avoir atteint son pic hebdomadaire à 247,50 €/tonne lundi dernier. La dynamique a été contrastée : le contrat a tenu ses gains en milieu de semaine, soutenu par la forte demande de blé européen en substitution aux origines Mer Noire, les prix évoluant alors à proximité d'un plus haut d'un mois. La pression vendeuse s'est ensuite intensifiée jeudi et vendredi sous l'effet d'une amélioration perçue des perspectives d'exportation russes via des routes alternatives.
- Le catalyseur dominant de la semaine est la réorientation accélérée des flux d'exportation russes vers les ports baltiques : les expéditions russes de blé via la Baltique ont atteint un record de ~1,4 Mt en septembre 2026, et pourraient progresser à environ 1,8 Mt en octobre. Selon Commerzbank, les ports baltiques russes ont presque triplé leur capacité de céréales, tandis que l'Ukraine tente d'acheminer davantage de volumes via le Danube mais le flux total hors Mer Noire reste insuffisant pour compenser les perturbations. L'escalade des hostilités a néanmoins constitué un facteur haussier ponctuel après qu'une nouvelle vague d'attaques russes sur le complexe portuaire d'Odessa a été signalée, et surtout après le naufrage d'un caboteur chargé de maïs ukrainien au large des eaux roumaines, avec des membres d'équipage tués selon StoneX.
Le sucre porté par les aléas climatiques tandis que le café et le cacao marquent le pas
- Le contrat Sugar #11 New-York a terminé la semaine sur un troisième gain hebdomadaire consécutif porté par les inquiétudes persistantes sur les perturbations météorologiques liées à El Niño dans les principaux pays producteurs (notamment un déficit pluviométrique en Inde pesant sur la production 2026/2027 et pluies excessives au Brésil ralentissant le broyage de canne dans le centre-sud). Le spread entre les contrats livraisons Mars et Mai 2027 a atteint son plus haut niveau depuis au moins deux ans mercredi dernier, signalant des tensions sur l'offre immédiate liées aux perturbations de la récolte brésilienne en cours.
- Le Café Arabica a lui terminé les cinq derniers jours en baisse de -0,62 % après avoir touché un pic de trois semaines à 3,08 $/livre, mercredi dernier. La correction s'est accélérée jeudi, les traders prenant des bénéfices après le rallye, tandis que des pluies au Brésil amélioraient les perspectives de la prochaine récolte d'arabica.
- Enfin, le Cacao Londres termine presque inchangé sur la semaine (+0,17 %). Les deux principales informations de la semaine passée sont la hausse des stocks certifiés ICE à New York, les entrepôts agréés affichant leur plus forte progression journalière en plus d'un mois portant les stocks à environ 3,5 millions de sacs (leur niveau le plus élevé depuis plus d'un an)v et des pluies en début de semaine, favorables aux cultures en Afrique de l'Ouest.



Pour aller plus loin
Pour suivre l’évolution des marchés, consultez le précédent bulletin daté du 6 octobre 2026 “L'Hebdo Salle des Marchés : ”Une baisse pour l'énergie et les métaux".
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