Suivre cette thématique pour rester informé
Matières Premières : Fortes pressions à l'approche des mid-terms US
La semaine écoulée a été marquée par une forte dynamique haussière sur les marchés de l'énergie, portée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le Brent a progressé de 6,6% à 117,1 $/bbl, tandis que l'électricité française Baseload a bondi de 11,5%. Le gaz naturel européen (TTF) a gagné 7,2%, reflétant des niveaux de stockage très inférieurs aux normes saisonnières. Sur les métaux, la semaine a été contrastée : les métaux de base ont globalement progressé, tandis que les métaux précieux ont subi une correction marquée, dans un contexte de prise de bénéfices et de remontée des rendements réels. Sur les matières premières agricoles, le blé chute pour la huitième semaine consécutive, porté par des espoirs de paix en Mer Noire réduisant les primes de risque. Le sucre recule suite à des changements réglementaires en Inde, tandis que le café et le cacao font preuve de forte volatilité, oscillant entre l'évolution des stocks mondiaux et les incertitudes climatiques liées à El Niño.
Suivre cette thématique pour rester informé
Energie
Pétrole Brut — Brent M1, Produits Pétroliers — Gasoil & Marine Fuel
Le Brent a enregistré l'une de ses meilleures semaines de l'année, progressant de +6,6 % pour clôturer à 117,16 $/bbl vendredi 23 octobre — son plus haut niveau depuis six mois. La dynamique est principalement géopolitique : les tensions entre les États-Unis et l'Iran ont alimenté une prime de risque significative sur l'offre moyen-orientale, dans un contexte où Washington évoque des décisions imminentes sur le dossier iranien.
Les produits raffinés ont suivi le mouvement, avec le gasoil Rotterdam 0.1 % en hausse de +6,4 % à 1 411 $/MT, soutenu par une demande de chauffage anticipée et des marges de raffinage qui restent bien orientées. Le gasoil ICE swap M1 a progressé plus modestement (+2,5 %), reflétant un léger resserrement des spreads crack. Le VLSFO marine a progressé de +1,9 %, dans le sillage du brut mais avec une amplitude moindre, les fondamentaux du marché du soufre restant équilibrés.
Gaz Naturel — TTF, PEG Nord & Henry Hub, et Électricité France Baseload M1
Le TTF a progressé de +7,2 % sur la semaine, clôturant à 93,85 €/MWh. Le marché est sous tension structurelle : les stockages européens ne sont remplis qu'à 75% de leur capacité au 24 octobre, contre une norme saisonnière de 90 % sur cinq ans. L'Allemagne est particulièrement exposée, avec des réservoirs à seulement 61 % de remplissage, soit le niveau le plus faible parmi les grandes économies européennes. Le PEG Nord français a évolué en ligne avec le TTF (+7,3 % à 92,12 €/MWh), confirmant la convergence des hubs gaziers européens.
L'électricité française Baseload M1 a été le plus fort "mover" de la sélection énergie, avec une hausse de +11,5 % à 192,42 €/MWh. Cette performance reflète la combinaison d'un gaz cher, d'une production nucléaire française en retrait — au plus bas depuis le 10 octobre — et d'une anticipation de vague de froid sur le continent. À l'inverse, le Henry Hub américain a chuté de -15,3 % à 2,64 $/MMBtu, illustrant la déconnexion persistante entre les marchés gaziers américain et européen, avec une offre domestique US abondante.
Carbone EUA
Les quotas carbone européens (EUA) ont progressé modestement de +1,1 % à 85,91 €/t, portés par la hausse des prix de l'énergie mais freinés par une demande industrielle encore atone. L'événement dominant de la semaine a été l'accord provisoire sur la MSR conclu le 21 octobre, qui a relevé le seuil d'invalidation des quotas à 700 millions d'unités, apportant un élan structurel à la confiance du marché. Le contrat à terme EUA de décembre 2026 (UJLZ6) suit le cours spot de manière quasi identique, confirmant une courbe à court terme très plate. Les enchères EEX se sont conclues de manière cohérente avec une décote d'environ 0,35–0,40 €/t par rapport au spot tout au long de la semaine. Le contexte politique clé reste l'accord franco-allemand visant à abandonner l'objectif de CO₂ de 2035 pour les voitures thermiques, ainsi que l'avertissement sans appel de l'ONU avant la COP31 sur le dépassement des émissions.
Flash Actualité Énergie — Lundi 26 octobre 2026
- Brent en repli : Le Brent recule ce matin vers 114-115 $/bbl (-1,3 % à -1,8 %), les opérateurs prenant des bénéfices après la forte hausse de la semaine passée. Les rhétoriques américaine et iranienne restent fermes mais sans escalade nouvelle, ce qui tempère la prime de risque.
- TTF franchit 97 €/MWh : Le gaz naturel européen a atteint ce matin 97 €/MWh pour la première fois depuis 2022, porté par des prévisions de baisse des températures sur le continent, des coupures de production en Norvège (champ d'Oseberg) et un incident sur le terminal de St. Fergus au Royaume-Uni.
- Nucléaire Nordique en baisse : La production nucléaire nordique opère à 48 % de sa capacité ce lundi (6 réacteurs sur 11 en ligne), contre 51 % vendredi, ce qui soutient les prix de l'électricité en Europe du Nord.
- Stockages EU : Les flux GNL vers le nord-ouest de l'Europe restent 5,3 % au-dessus de leur moyenne sur 30 jours, mais insuffisants pour compenser le déficit de stockage.



Métaux
Métaux de Base — L'aluminium résiste, le cuivre cède sous la pression
L'aluminium a terminé la semaine en légère hausse, clôturant à 3 043,5 $/t vendredi 23 octobre contre 3 001,5 $/t le vendredi précédent, soit une progression de +1.3 %. La trajectoire hebdomadaire a été heurtée, avec un pic intermédiaire à 3 041,5 $/t mercredi avant un repli jeudi, puis une reprise en fin de semaine.
Catalyseurs principaux :
- La production chinoise d'aluminium en forte hausse continue d'amortir les perturbations d'approvisionnement liées aux tensions dans le Golfe Persique, maintenant une pression baissière structurelle sur les prix, selon une analyse publiée le 22 octobre.
- Côté valeurs, Alcoa avait publié le 16 octobre des résultats T3 supérieurs aux attentes, portés par une hausse de la production et des prix, avant qu'Argus Research ne dégrade le titre à « Hold » le 22 octobre, citant les pressions tarifaires et l'offre croissante hors Moyen-Orient. Kaiser Aluminum a également déçu le marché avec un BPA ajusté T3 inférieur aux attentes, pénalisé par des marges et des expéditions plus faibles que prévu.
Le cuivre a clôturé la semaine à 14 322,5 $/t, en recul de -85,0 $/t (-0,6%) par rapport au niveau de vendredi 16 octobre (14 407,5 $/t). La semaine a été marquée par une forte volatilité : après un rebond à 14 420,5 $/t mardi, le métal rouge a subi une chute brutale à 14 078 $/t jeudi 22 octobre (son plus bas hebdomadaire) avant de partiellement se reprendre vendredi.
Catalyseurs principaux :
- Le sell-off des valeurs technologiques liées à l'IA a pesé lourdement sur le sentiment de risque jeudi, entraînant une chute du cuivre de près de 2 % à 14 076 $/t, amplifiée par une hausse des stocks LME pour le deuxième jour consécutif.
- La méfiance croissante des traders vis-à-vis du marché haussier s'est accentuée, faute de confirmation de tarifs douaniers américains sur le métal — un catalyseur clé des achats spéculatifs depuis le retour de Trump à la Maison Blanche.
- En sens inverse, certains analystes parlent d'un resserrement du marché mondial hors États-Unis, avec un déficit attendu à 950 000 t en 2026 et un objectif de prix à 14 700 $/t fin 2026.
- Les fonderies chinoises (dont Tongling Nonferrous et Daye Nonferrous) prévoient, selon des personnes proches du dossier, de nouvelles réductions de production avant les négociations sur les frais de traitement.
- Un El Niño « super » provoque des tempêtes inhabituelles au Chili, faisant peser un risque de perturbations sur la production cuprifère mondiale.
Métaux Précieux : Or et argent lâchent prise sous l'effet pétrole-inflation-Fed
L'or a subi sa pire semaine depuis plusieurs mois, clôturant à 3 996,1 $/oz vendredi 23 octobre contre 4 165,6 $/oz le vendredi précédent, soit une correction de -169,5 $/oz (-4,07 %). Le métal jaune a franchi à la baisse le seuil psychologique des 4 000 $/oz pour la première fois depuis juillet, terminant la semaine sous ce niveau.
Catalyseurs principaux :
- La flambée du pétrole brut (Brent proche de 117 $/b vendredi) liée à l'escalade des tensions au Proche-Orient (notamment les craintes de nouvelles frappes américaines contre l'Iran) a alimenté les anticipations d'inflation, réduisant l'attrait de l'or dans un contexte de politique monétaire potentiellement plus restrictive.
- Le sell-off généralisé des actifs risqués (Meta -7,3 % le 22 octobre, spreads de crédit mondiaux au plus haut depuis 17 mois) a conduit certains investisseurs à liquider leurs positions en or pour couvrir des appels de marge, accentuant la pression baissière.
- Le sentiment des consommateurs américains a atteint un plus bas de cinq mois en octobre, renforçant les craintes d'un environnement stagflationniste défavorable à l'or.
- En soutien partiel, certains analystes estiment que les banques centrales ont acheté 79 tonnes d'or en août, la Chine en tête : un flux structurel qui a limité l'ampleur de la correction.
- Un rebond technique s'était esquissé mercredi 21 octobre (4 140,7 $/oz) après un repli des prix du pétrole et un recul du dollar, avant d'être effacé par la vague de ventes de jeudi-vendredi.
L'argent a amplifié la correction de l'or, clôturant à 53,89 $/oz contre 56,99 $/oz vendredi précédent, soit une baisse de -3,10 $/oz (-5,4 %). La chute a été particulièrement marquée le 21 octobre, avec une plongée de près de 6% en séance, portant la pression hebdomadaire totale à son niveau le plus élevé.
Catalyseurs principaux :
- Les craintes d'inflation américaine alimentant les anticipations de hausse des taux ont déclenché une vague de ventes sur l'argent le 21 octobre, le métal étant doublement pénalisé par sa nature à la fois monétaire et industrielle.
- La correction des valeurs technologiques et la dégradation du sentiment de risque global ont pesé sur la composante industrielle de l'argent, amplifiant la baisse par rapport à l'or.


Agriculture
Blé Meunier — Le blé plonge sur fond d'espoirs de paix en Mer Noire
Le blé enregistre sa huitième semaine consécutive de baisse, la plus longue série de pertes depuis 1997. Le catalyseur dominant de la semaine a été géopolitique : le mercredi 21 octobre, les contrats à terme ont touché un plus bas de 14 semaines après que le président Trump a intensifié ses pressions sur l'Ukraine pour conclure un accord de paix avec la Russie, conduisant les opérateurs à déboucler massivement leurs primes de risque liées à la Mer Noire. La rencontre à Saint-Pétersbourg entre Vladimir Poutine et l'envoyé américain Steve Witkoff, bien que sans avancée concrète, a suffi à alimenter le mouvement vendeur. Côté européen, les exportations de blé tendre de l'UE atteignent environ 8,5 millions de tonnes depuis le début de la campagne au 18 octobre, un niveau stable sur un an, avec l'Arabie Saoudite, le Nigeria et l'Algérie comme principales destinations. Sur l'ensemble des grands exportateurs mondiaux (Russie, UE, États-Unis, Canada, Ukraine, Australie, Argentine), les expéditions de blé ont reculé de 9,3 millions de tonnes entre juillet et mi-octobre par rapport à la même période en 2025.
Côté ukrainien, la récolte de blé 2026 est estimée à 25,5 millions de tonnes, en hausse d'environ 3 millions de tonnes par rapport à l'année précédente selon le ministre de l'Agriculture. Toutefois, SovEcon a abaissé de 13 % ses prévisions d'exportations ukrainiennes de grains pour 2026/27 à 33 millions de tonnes — dont le blé ramené à 14,4 millions de tonnes (-7,7 %) — en raison des attaques persistantes sur les ports et infrastructures de la Mer Noire. À noter également que les surfaces en blé d'hiver devraient reculer de 18 % au profit du tournesol et du soja.
Côté russe, les exportations de blé en novembre sont attendues à environ 3 millions de tonnes selon IKAR, avec un risque de perturbation lié aux conditions météorologiques dégradées en mer Baltique. La Russie explore par ailleurs des solutions logistiques alternatives, dont le port d'Ochamchire en Abkhazie, pour contourner les blocages en Mer Noire. Moscou a également soumis à Pékin une demande d'approbation pour exporter du blé d'hiver vers la Chine, marché où ses exportations ont déjà été multipliées par sept en un an.
Aux États-Unis, le blé de Chicago a cédé 5,4 % sur la semaine, pénalisé par la même dynamique géopolitique. Goldman Sachs souligne néanmoins que « les récentes baisses des prix agricoles n'impliquent pas que les risques ont disparu », les conflits en Mer Noire et au Moyen-Orient demeurant des facteurs de risque structurels.
Café, Sucre & Cacao — Semaine contrastée : le sucre sous pression indienne, le cacao volatil
- Le sucre brut a reculé de 2,9 % sur la semaine, sous l'effet d'une décision réglementaire majeure en Inde : le gouvernement a ordonné aux raffineurs publics d'exclure l'éthanol à base de canne à sucre de leurs appels d'offres 2026/27 (effectif au 1er novembre), réduisant ainsi la pression sur l'offre domestique du deuxième producteur mondial. Ce signal baissier a dominé malgré la révision à la hausse par Green Pool du déficit mondial 2026/27 à 6,3 millions de tonnes — soit le double de son estimation précédente — en raison de l'impact d'El Niño sur la récolte brésilienne et de la faiblesse de la mousson en Inde.
- L'arabica a terminé la semaine en légère hausse de 0,6 %, masquant une volatilité extrême : après un rebond technique à 315,70 USc/lb lundi 19 octobre sur couverture de positions courtes, le contrat a chuté de 4,4 % jeudi 22 octobre — sa plus forte baisse en sept semaines — après l'entrée d'environ 8 000 sacs de café brésilien dans les entrepôts certifiés ICE, signalant un allègement à court terme des craintes d'approvisionnement. Les stocks certifiés demeurent néanmoins à leur plus bas niveau depuis 1999, et Hedgepoint projette un surplus mondial de 8,9 millions de sacs en 2026/27, ce qui constituerait la première année excédentaire depuis cinq saisons.
- Le cacao londonien a affiché une semaine volatile, culminant à 4 340 GBP/t le 21 octobre avant de clôturer à 4 193 GBP/t vendredi, soit un recul net de 0,7% sur la période. Les broyages mondiaux du T3 2026 ont dépassé les attentes — Europe +3,2 % en glissement annuel (première hausse depuis 2024), Asie +29 % à 233 767 tonnes — signalant une reprise de la demande plus solide qu'anticipé. En parallèle, El Niño est susceptible de menacer les récoltes en Côte d'Ivoire, avec un déficit pluviométrique attendu jusqu'en début 2027 selon l'agence météorologique ivoirienne Sodexam.


Pour aller plus loin
Pour suivre l’évolution des marchés, consultez le précédent bulletin daté du 19 octobre 2026 “L'Hebdo Salle des Marchés : “Hausse du Brent et correction sur les métaux”.
Ce document est publié par BNP Paribas. Bien que les informations contenues dans le présent document proviennent de sources que BNP Paribas considère comme fiables, nous ne pouvons en garantir l’exactitude, ces informations pouvant être soit incomplètes, soit résumées. BNP Paribas et/ou ses sociétés apparentées peuvent, ponctuellement, avoir une position sur ou être teneurs de marché d’une valeur mentionnée dans ce document ou d’un produit dérivé de ce titre, et peuvent également solliciter, exécuter ou avoir fait des opérations sur ces titres de placement en tant que Banque d’investissement, en tant que participant à un syndicat de placement ou pour d’autres services (y compris en tant que conseiller, chef de file ou prêteur) pour toute compagnie dont il est fait mention dans ce rapport. Les estimations ou opinions contenues dans le présent rapport reflètent notre jugement à la date de ce document et peuvent être modifiées sans préavis. BNP Paribas ne pourra être tenue responsable des conséquences pouvant résulter de l’utilisation d’une quelconque opinion ou information contenues dans le présent document. Il en est de même de toute omission. Aucune démarche prévue par la loi de 1940 sur les conseillers en investissement ("Investment Advisors Act") n’a été entreprise pour faire enregistrer BNP Paribas auprès de la "Securities and Exchange Commission". Ce document ne peut en conséquence être introduit, transmis ou distribué aux Etats-Unis d'Amérique ou dans leurs territoires ou possessions, ou remis à une "US person", telle que définie par la réglementation S de la loi de 1933 sur les valeurs mobilières (Regulation S of the US Securities Act of 1933, as amended). BNP Paribas (2018). Tous droits réservés. Sources : tous les graphiques et données sont issus de Bloomberg et sont affichés à titre purement indicatif.
Devenez membre pour accéder à ce contenu
Accédez à l'intégralité de nos contenus exclusifs, échangez avec une communauté d'experts.
Déjà membre ? Se connecter