09 février 2026

Matières Premières : Volatilité et nouveaux records !

salle des marchés

[Semaine 4 | 24/01 - 31/01] Cette semaine, le Brent a atteint 70,70 $/b (+7,3 % en 5 séances) avant de reculer de 7 % suite à la désescalade au Moyen-Orient. Le gasoil ICE a gagné 7,27 % à 726,91 $/mt, le gaz TTF front month +1,66 % (40,71 €/MWh) et le Henry Hub +17,46 % à 4,35 $/MMBtu (pic 4,46 $). L’électricité baseload française a baissé de 0,53 % à 99,47 €/MWh. Les EUA sont passés de 90,17 €/t (15 janv.) à 79,53 €/t ( 8 %). L’or a oscillé entre 5 635 $ et 4 800 $ pour finir à 4 400 $ après la nomination de Kevin Warsh, l’argent à 85,2 $/oz ( 17,44 %). Le cuivre a perdu 15 % à 12 414 $/mt après un record de 14 500 $ et l’aluminium à 2 985 $ ( 11,2 %, +3 % YTD). Le blé européen +1,7 % malgré de gros stocks (production ≈ 287 Mt, prévision ≈ 134 Mt) et un EUR/USD à 1,2050. Le sucre NY 11 –3,12 % à 0,1427 $/lb, le café arabica (mars 26) –5,31 % à 332,25 cts/lb et le cacao londonien < 3 000 £/t, tous affectés par une offre excédentaire et une demande timide.

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ENERGIE

Le Brent franchit la barre des 70 usd/baril

Alors que la situation géopolitique au Moyen-Orient s’est dégradée tout au long de la semaine suite aux menaces échangées entre les leaders du régime iranien et le président des États-Unis, Donald J. Trump, et son gouvernement, le cours des produits pétroliers – et particulièrement le pétrole brut Brent – a atteint un niveau record depuis le mois d’août 2025, autour de 70,70 USD le baril en fin de semaine, soit une hausse de 7,30 % sur cinq séances. De même, le premier contrat ICE Gasoil s’est apprécié de 7,27 % durant la semaine et a clôturé à 726,91 USD/mT le vendredi  30  janvier  2026. À noter que la volonté de désescalade affichée par les deux camps durant le week-end a sensiblement relâché la pression sur le cours des produits pétroliers, qui ont perdu environ 7 % lundi matin, 2  février  2026, alors que nous écrivons ces lignes, à l’ouverture.

 

Des fortes variations sur le gaz

  • Du côté du gaz naturel européen, les prix des contrats à court terme d’un mois ont fortement varié durant la semaine au gré du relâchement des tensions sur la demande (températures plus clémentes annoncées), ainsi que sur l’offre (regain de risque géopolitique au Moyen-Orient). D’après les éléments fournis par l’agence Bloomberg, le marché gazier européen s’est tendu en 2026 sous l’effet des températures glaciales aux États-Unis, qui ont réduit le volume de gaz produit et exporté vers l’Europe suite à l’augmentation de la demande locale. Les perturbations d’approvisionnement ont accentué les inquiétudes concernant le fragile équilibre gazier de l’Europe, faisant craindre que la région ne sorte de l’hiver avec des réserves plus faibles, niveaux de stockage inférieurs à ceux observés lors de la crise énergétique de 2022.
  • Du côté des chiffres, le contrat front month TTF gagne 1,66 % sur cinq jours, à 40,71 EUR/MWh, et le front month Henry Hub américain perd 17,46 % à 4,35 USD/MMBtu le vendredi 30 janvier 2026, après avoir touché un record sur un an à 4,46 USD/MMBtu le mercredi 28 janvier.
  • Enfin, le contrat front month French Power Baseload clôture la semaine à 99,47 EUR/MWh, en repli de 0,53 % sur les cinq dernières séances, après avoir perdu jusqu’à 6 % en milieu de semaine. Cela s’explique notamment par la combinaison d’une baisse de la demande en cette période hivernale (les prévisions de températures en Europe occidentale sont clémentes pour la saison) et d’une réduction de l’offre avec des maintenances diverses annoncées sur certains sites de production.
  • Suivant la tendance haussière initiée en avril  2025, et après avoir atteint le niveau record de 90,17 EUR/t le 15 janvier 2026, le prix spot des EUAs poursuit son déclin et perd 8 % sur la semaine à 79,53 EUR/t, en ligne avec l’allègement de la demande énergétique européenne globale constatée sur les deux dernières semaines.

METAUX

Métaux de base : une correction en correction

  • Le cuivre a accentué sa chute après avoir atteint un record : le métal industriel a glissé de 15 % depuis jeudi, diminuant jusqu’à 12 414,50 USD/MT à la London Metal Exchange ce lundi. Le cuivre avait atteint un niveau record de plus de 14 500 $ jeudi dernier, avant de clôturer sous la barre des 13 000 $ la tonne vendredi et de poursuivre sa baisse ce lundi. Ce repli en fin de semaine s’explique par le retrait des acheteurs de Chine continentale en prévision de la fermeture des marchés chinois du nouvel an lunaire, la baisse des autres matières premières, dont l’or, et l’appréciation du dollar américain.
  • L’aluminium suit cette correction de façon plus modérée, avec un repli maximum de 11,2 % entre le pic de jeudi et ce lundi matin (max  jeudi : 3 350 USD – min lundi : 2 985 USD). Cette chute est à mettre en perspective avec un cours de l’aluminium historiquement élevé, en hausse de 3% depuis le 31 décembre.
  • On observe, malgré tout, un rebond sur l’ensemble des métaux de base, depuis 07h00 ce matin.
     

Mini crack sur les Précieux

  • La semaine dernière, le cours de l’or a affiché une forte volatilité, oscillant entre un pic de 5 635 USD/oz en haut, pour clôturer la semaine autour de 4 800 USD. Après avoir atteint plus de 5 500 USD/Oz grâce à la demande des banques centrales et à l’incertitude macroéconomique, le métal précieux a subi une correction brutale d’environ 20 % depuis jeudi, avec un plus bas ce lundi à 4 400 USD/oz suite à la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed, perçue comme un indice de politique monétaire plus stricte, renforçant le dollar et rendant l’or moins attractif.
    Certains fondamentaux restent favorables à long terme : la demande centrale continue de soutenir les prix et l’incertitude globale maintient l’intérêt pour les actifs tangibles. De nouveaux acteurs (ex. fonds crypto comme Tether) accumulent aussi de l’or, décentralisant la demande et renforçant le soutien des prix.
  • L’argent a connu des mouvements encore plus amplifiés que l’or, avec une chute d’environ 40 % à ce jour par rapport au pic historique du 29 mai, à plus de 120 USD/oz. Sur la semaine qui clôture à 85,2 USD/oz, cela correspond à une baisse de 17,44 %.
    Cette plus forte correction s’explique par une liquidité plus faible, rendant le marché plus volatile (volatilité à court terme très élevée). Les facteurs physiques (restrictions indiennes, licences d’export chinois) ont initialement soutenu la hausse, mais ces éléments se sont partiellement atténués, laissant beaucoup de place à la dynamique que nous observons actuellement.
  • On observe, malgré tout, un rebond sur l’ensemble des métaux précieux, depuis 07h00 ce matin.

AGRICULTURE

Le Blé européen en hausse malgré des stocks abondants et un Eurodollar à 1.20

  • Malgré un Eurodollar qui a atteint un niveau élevé à 1.2050 (pas vu depuis 4 ans et demi), les prix des grains européens ont clôturé la semaine à la hausse, le contrat Blé Meunier pour livraison Mars-26 enregistrant un gain de +1.70%. Même si l’abondance des stocks pèse sur les cours, les conditions climatiques (froid extrême en Amérique du Nord et en mer Noire et chaleur excessive en Argentine) restent au cœur des préoccupations.
  • A noter, la production totale de céréales dans l’Union européenne est estimée à 287,4 millions de tonnes (soit +0,2 million de tonnes par rapport à décembre) mais les prévisions concernant le blé tendre ont, elles, été revues à la baisse à 134,2 millions de tonnes, contre 134,4 millions de tonnes précédemment.
     

Demande timide, offre abondante et excédents mondiaux : le Sucre, le Café et Cacao en chute libre

  • Le Sucre #11 New-York continue son chemin dans une tendance baissière et cède -3.12% sur les 5 derniers jours : le 1er contrat pour livraison Mars-26 clôture la semaine à 14.27 centimes de Dollars US par livre, un plus bas de 2 mois et demi. Les spécialistes soulignent une demande timide et une offre abondante. De plus, l'optimisme concernant la production des pays asiatiques cette année contribue également à la chute des prix. La Thaïlande, l'un des plus grands exportateurs de sucre au monde, devrait voir sa production augmenter par rapport à l'année dernière.
  • Après une hausse soutenue sur le début de semaine, le contrat Café Arabica pour livraison Mars-26 a chuté de -5.31% et clôturé à 332.25 centimes de Dollars US la livre, interrompant une séquence de cinq journées de gains. La dépréciation du Dollar US face au Real brésilien avait incité les producteurs à retenir l’offre, mais le Real plus fort freine les exportations alors que les ventes locales sont à la traine. Le Brésil, grand exportateur, anticipe une récolte supérieure pour la saison 2026 2027, ce qui devrait apaiser les tensions d’approvisionnement.
  • De son côté, le Cacao Londres continue sa glissade et la tonne de fève passe sous la barre des 3,000 gbp, enregistrant une baisse de -3.31% sur la semaine, soit le plus bas niveau depuis novembre 2023 alors que la demande s’effrite et que les prix reculent de -70% depuis le pic de décembre 2024. Certains analystes pointent un excédent physique grandissant, soutenu par une production accrue et une volatilité extrême amplifiée par les maisons d'investissement : ils prévoient désormais un surplus mondial de cacao pour la saison en cours et un second excédent en 2026 2027, ce qui risque de maintenir la pression à la baisse. En Côte d’Ivoire et au Ghana, le fossé entre les prix locaux et internationaux complique la situation des exportateurs, poussant les autorités à envisager des prêts pour soutenir les producteurs.

Pour aller plus loin

Pour suivre l’évolution des marchés, consultez le précédent bulletin daté du 26 janvier 2026 "Matières Premières : Géopolitique et Météo, pour des Commo' en hausse".

 

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