02 février 2026

Matières Premières : Géopolitique et Météo, pour des Commo' en hausse

salle des marchés

[Semaine 3 | 16/01 - 23/01] Les prix de l’énergie ont flambé sous l’effet d’une tempête hivernale annoncée en Amérique du Nord, poussant le Brent à 65,88 $/bbl (+2,73 %) après un pic à 65,24 $, le gazole ICE à 677,20 $/mt (+4,81 %) et le gaz naturel européen (TTF) à 40,04 €/MWh (+8,57 %). De l’autre côté de l’Atlantique, le Henry Hub a bondi de 70 % pour atteindre 5,28 $/MMBtu, tandis que l’électricité française a reculé de 3,65 % à 100 €/MWh. Dans les métaux, le cuivre LME a limité sa hausse à 13 115 $/mt (+2,44 %) malgré une hausse de 16 % des stocks. L’aluminium a grimpé à 3 169 $/mt (+1,12 %), l’or a franchi 5 089 $/oz (+8,52 %) et l’argent a atteint 103 $/oz (+14,5 %). Les produits agricoles sont restés stables : le blé français autour de 190 €/t, le sucre à 0,1473 $/lb ( 1,54 %), le café Arabica à 103 $/oz (1,24 %) et le cacao londonien a chuté d’environ 20 % à 3 000 £/t, reflétant une demande en retrait et un surplus mondial croissant.

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ENERGIE - Tempête(s) américaines : le gaz naturel explose, le gazole grimpe et l’électricité européenne s’essouffle 

Pétrole et Gasoil

Alors que les principaux leaders mondiaux se retrouvaient au World Economic Forum tenu du 19 au 23 janvier 2026 à Davos, en Suisse, le cours du premier contrat ICE Brent a sensiblement évolué au gré des déclarations successives du président américain Donald Trump sur les sujets clés du moment, à savoir  :

  • l’acquisition du Groenland,
  • la possibilité d’une intervention militaire des États-Unis en Iran, 
  • les négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine.

En effet, après avoir atteint un point haut en milieu de semaine à 65,24 USD / bbl, puis un effacement des gains le lendemain, le contrat termine la semaine à 65,88 USD / bbl, en hausse de 2,73 % sur cinq jours, sur fond de regain de pression des États-Unis sur le régime iranien ainsi que sur l’Irak voisin pour désarmer les milices soutenues par l’Iran présentes sur son sol.
Porté par l’annonce d’une tempête hivernale massive en formation, poussant les prix des produits raffinés de chauffage vers le haut, le premier contrat ICE Gasoil clôture en fin de semaine à 677,20 USD / mt, en hausse hebdomadaire de 4,81 %.

Gaz naturel et Électricité

L’impact de l’annonce de la tempête hivernale qui doit toucher l’Amérique du Nord se matérialise sur les prix du gaz naturel européen et américain, la capacité d’exportation des États-Unis pour le fioul et le gaz de chauffage étant de facto limitée durant ce type d’épisode météorologique.
De fait, le contrat front month TTF se négociait à 40,04 €/MWh en clôture vendredi 23 janvier, en hausse de 8,57% sur la semaine, le PEG s’affichant à un niveau similaire de 39,42 €/MWh (+9,82 %).
De l’autre côté de l’Atlantique, l’effet est d’autant plus marqué sur le contrat front month Henry Hub américain, qui progresse de +70 % sur cinq jours, à 5,28 USD / MMBtu.
Du côté de l’électricité européenne, le contrat front month French Power Baseload perd 3,65 % sur la semaine, malgré un rebond amorcé le mercredi  21 janvier, pour finalement clôturer tout juste à 100 €/MWh vendredi  23 janvier.

METAUX

Des métaux de base sur un palier haut

Sur la dernière semaine, le cuivre a évolué dans un environnement de prix très élevés, marqué par une hausse modérée dans un univers volatil, révélatrice d’un marché tendu et nerveux. La référence mondiale, le cuivre LME 3 mois termine la semaine à 13 115 USD/MT, soit une progression de +2,44%. Ces niveaux s’inscrivent à proximité immédiate de records historiques, avec un pic récent autour de 13 400USD/MT, ce qui explique l’intensité de la volatilité observée. Même avec une hausse de 16 % des stocks LME, le cuivre reste sous tension : la disponibilité réelle et les arbitrages régionaux maintiennent les prix élevés. 

La Chine, grand consommateur, devient plus sensible aux prix, réduisant les primes d’importation sans que la demande ne s’effondre. Les contraintes d’offre (investissements faibles, longs délais miniers, risques géopolitiques…) combinées à une demande soutenue par l’électrification, les réseaux et les data centers assurent la persistance des prix élevés.

Cette semaine, l’aluminium a progressé de 1,12 % pour atteindre 3 169 USD/MT, affichant une fermeté prudente mais capable d’absorber les baisses. À moyen terme, le marché reste haussier conditionnel : un resserrement supplémentaire des stocks, des perturbations logistiques ou une hausse de la demande industrielle pourraient relancer la hausse, tandis qu’un net ralentissement de la demande chinoise ou un choc “risk‑off” limiterait les gains sans renverser la tendance structurellement tendue.

Des Métaux précieux chauffés à blanc

L’or continue son ascension et termine la semaine à 4 987 USD/Oz en progression de 8.52% sur la semaine. 
Ce weekend, l’or a franchi pour la première fois la barre des 5 089USD/Oz, portée par une forte demande de valeur refuge face à la montée des risques géopolitiques et aux incertitudes économiques, ainsi que par un dollar américain affaibli qui rend les métaux précieux plus attractifs pour les investisseurs hors USD. Parallèlement, des banques centrales, notamment en Asie, poursuivent leurs achats d’or, renforçant la demande physique. 
Face à cet engouement des investisseurs particuliers et institutionnels, certains analystes ont récemment révisé leurs prévisions à 5 400USD/Oz d’ici la fin 2026.

Toujours porté par l’or, l’argent continue de battre des records historiques et progresse de 14,5% terminant la semaine à 103 USD/Oz après trois semaines de hausse consécutives. Cela est dû à une forte demande spéculative, des stocks physiques très bas et une offre mondiale contrainte. 
Les perspectives pour 2026 restent globalement optimistes, reposant sur des facteurs structurels robustes  : une offre limitée, une demande industrielle en expansion et un regain d’intérêt des investisseurs. Toutefois, la volatilité demeure inhérente au marché, rendant possible des corrections à court terme malgré une trajectoire à moyen terme jugée favorable.

 

AGRICULTURE

Le Blé reste stable autour de 190 euros/tonne

Du côté des grains, peu de mouvement sur la semaine passée. Le contrat Blé Meunier pour livraison Mars-26 termine les 5 derniers jours quasi inchangé en légère hausse de +0.13%. L'affaiblissement du Dollar US qui a porté la parité Eurodollar au-delà d'1.1850 (un plus haut de 4 mois) n'a pas vraiment pénalisé les céréales européennes sur les marchés internationaux qui clôture vendredi à 191.00 euros/tonne.
Même si l'offre de blé actuellement disponible est très importante, il est à noter que la vague de froid polaire qui traverse actuellement le nord des Etats-Unis pourrait détruire certaines cultures de blé. L'ampleur des pertes ne sera connue que dans plusieurs semaines. 

Demande faible, prévisions de stocks en hausse, le Cacao plonge 

Le Sucre #11 New-York a terminé la semaine passée comme les semaines précédentes, en baisse et dans un calme relatif : le contrat pour livraison Mars-26 cède -1.54% et clôture les 5 derniers jours à 14.73 centimes de Dollar US par livre. 
Le Café Arabica termine lui aussi la semaine passée en repli de -1.24% alors que les stocks de sacs déclarés dans les entrepôts de l'ICE (InterContinental Exchange) étaient en hausse. Même si les stocks sont actuellement sur un niveau bas et sont en baisse de -52% sur un an, les négociants surveillent de près ce phénomène alors que la demande est timide sur le marché physique. Les origines d’Amérique centrale, comme le Honduras, sont en plein mi récolte et les spécialistes estiment possible qu’il y aura davantage de café qui sera amené à être classé en stocks plutôt qu'à trouver des acheteurs.

Toute l'attention de la semaine était dirigée vers le Cacao Londres dont le premier contrat pour livraison Mars-26 (le plus échangé) a cédé quasiment -20% et clôture à 3, 000 gbp/tonne. Il s'agit de la plus forte chute hebdomadaire depuis plus de 20  mois, alors que les inquiétudes sur la demande s’amplifient. Selon les spécialistes, cette forte baisse résulte d’un net retrait des consommateurs, qui, face à des prix records (près de 13,000 usd/tonne en Décembre 2024), réduisent leurs achats de chocolat. Cette faiblesse de la demande se reflète dans la diminution des données de mouture récentes et dans l’augmentation des stocks mondiaux à la fin de la campagne 2024-25. Aussi, ce recul de la demande a entraîné une accumulation rapide des stocks mondiaux et un surplus structurel inattendu, notamment en Côte d’Ivoire où les exportateurs peinent à honorer des contrats à des niveaux plus élevés, alors que les prévisions de surplus mondial passent de 150 250,000 à 250 400,000 tonnes métriques pour la campagne en cours.

Pour aller plus loin

Pour suivre l’évolution des marchés, consultez le précédent bulletin daté du 19 janvier 2026 "Matières Premières : Energie & Métaux en hausse, Cacao & Café en baisse".

 

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