26 janvier 2026

Matières Premières: Energie & Métaux en hausse, Cacao & Café en baisse

salle des marchés

Semaine 3 | 12/01 - 16/01 : Le Brent a atteint 66,52 $/bbl, son plus haut depuis sept. 2025, puis a reculé à 64,13 $/bbl après le gel d’une offensive US contre l’Iran ; le Gasoil a augmenté de +4,13 % à 646,10 $/bbl. En Europe, le gaz TTF et le PEG ont bondi d’environ 30 % en cinq jours sous l’effet du froid sibérien annoncé et de stocks limités, tandis que le Henry Hub US a chuté de près de 10 % à 3,43 $/MMBtu. Le French Power BaseLoad a bondi de +35,34 % à 103,79 €/MWh, tandis que le carbone européen atteint 89,98 €/t CO₂. L’or se situe à 4 596,9 $/oz (+1,92 %), l’argent a 90,13 $/oz (+12,86 %). L’aluminium reste à 3 134 $/t et le cuivre a consolidé à 12 803 $/t après un pic de 13 400 $/t, avec un repli prévu à 10 11 000 $/t en 2026. Le blé rend –0,52 % à 190,75 €/t après une production mondiale record. Le sucre progresse de +0,47 % à 14,41 ¢/lb, retraits du café Arabica avec –0,66 % à 3,55 $/lb et du cacao londonien pour –5,21 % à 3 712 £/t.

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Energie

Pétrole - Le Brent grimpe à son plus haut depuis septembre 2025 : impact de la tension géopolitique au Golfe et du gel d’une offensive américaine

Suivant la tendance initiée en fin de 2ᵉ semaine de l’année 2026, liée au regain des tensions géopolitiques dans la zone du golfe arabique, à la suite de la répression armée des manifestations en Iran, les cours du premier contrat ICE Brent ont atteint leur plus haut depuis septembre  2025, à 66,52 USD / bbl, le mercredi 14  janvier. L’annonce du président américain D. Trump indiquant que les États-Unis se retiendront pour le moment de lancer une attaque militaire contre le régime iranien a nettement soulagé la pression sur le prix, ramenant le cours du contrat à 64,13 USD / bbl en clôture le vendredi 16  février (+1,25 % / 5 jours). Le cours du premier contrat ICE Gasoil a suivi une dynamique similaire, bien que plus haussière, à +4,13 % sur la semaine, et a clôturé à 646,10 USD / bbl.

Gaz naturel, Power et CO₂ - Déclencheurs climatiques et géopolitiques : l’impulsion simultanée du gaz TTF/PEG, du Power français et du CO₂

  • Du côté du gaz naturel européen, les cours des contrats front month TTF et PEG ont fortement progressé à la fin de la semaine, affichant une hausse d’environ +30 % sur cinq jours. Ils cotaient respectivement 36,84 EUR / MWh (TTF) et 35,89 EUR / MWh le vendredi 16  janvier. Les prévisions de températures sous les 0 °C, dues à l’installation d’une poche d’air froid en provenance de Sibérie annoncée sur l’Europe occidentale dans les prochaines semaines, combinées à la maigreur des stocks constitués jusqu’ici, provoquent un véritable rallye sur la molécule de gaz européen.
  • De l’autre côté de l’Atlantique, le contrat front month Henry Hub américain a vu sa valeur chuter d’environ  10 % le mercredi 14  janvier, alors que le terminal d’export de FreePort a été touché par des coupures d’alimentation pendant quelques heures. La demande locale n’ayant pu absorber le surplus temporaire d’offre, le contrat a clôturé à 3,43 USD / MMBtu le vendredi 16  janvier, en retrait final de  2,08 % sur cinq jours.
  • Conjointement à ce qui a été observé sur le gaz naturel européen, l’augmentation ponctuelle de la demande en électricité, suite aux prévisions de températures négatives pour les semaines à venir et à la réduction de la production électrique issue de l’éolien (atténuation attendue des vents), a fait grimper le prix du contrat front month French Power BaseLoad de 35,34 % sur 5 jours, pour atteindre 103,79 EUR / MWh. Par ailleurs, la dernière marge d’ajustement de la production d’électricité européenne issue de centrales à gaz révèle un facteur de corrélation entre les deux actifs.
  • De manière similaire, les prix européens du carbone ont poursuivi leur hausse entamée en semaine  2, sous l’effet combiné de la flambée du gaz naturel, de la faiblesse de l’offre d’énergie nucléaire et des prévisions de températures plus froides stimulantes pour la demande. Après avoir atteint un record depuis août  2023 le jeudi 15  janvier (90,17 EUR / t CO₂), le contrat spot EUA Phase  4 a clôturé à 89,98 EUR / t CO₂ le vendredi 16  janvier, en hausse de 2,85 % sur la semaine.

Métaux

Métaux précieux toujours en hausse !

L’or progresse encore sur la semaine pour atteindre un pic à 4 640 USD/oz et terminer à +1,92 % à 4 596,9 USD/oz, alors que l’incertitude macroéconomique et les tensions géopolitiques reprennent le devant de la scène. Les prix de l’or ont maintenant progressé d’environ 73 % depuis le début de l’an dernier, et certains analystes estiment qu’il reste encore beaucoup de marge de progression. Les prévisions actuelles des stratégistes indiquent que l’or devrait atteindre les 5 000 USD/oz avant la fin de l’année.
La poussée au delà de 4 600 USD/oz pourrait résulter d’une combinaison de facteurs : une inquiétude croissante face à l’aggravation du trouble en Iran, et un retour de préoccupation au sujet de l’indépendance de la Réserve fédérale américaine. L’évolution de la situation au Venezuela semble maintenant stabilisée, et l’impact actuel sur le cours paraît limité. Dans ce contexte globalement haussier, on a pu observer vendredi un décrochage rapidement corrigé qui correspond à l’encaissement des gains des investisseurs après les récents sommets historiques.

 

L’argent poursuit sa hausse sur la semaine avec une progression dépassant celle de l’or, +12,86 % à 90,13 USD/oz, avec un nouveau record historique à 93,70 USD/oz le 15 janvier. Comme valeur refuge, ce rallye est alimenté par trois moteurs : d’abord, la RBI indienne a autorisé, dès le  1er  mai  2026, l’usage de l’argent comme collatéral (10 kg / emprunteur), perçu comme la preuve d’une sous-évaluation du métal ; ensuite, des craintes (finalement infondées) de restrictions aux exportations chinoises suite à l’instauration d’un nouveau régime de licences pour 2026-2027, alors que le nombre d’exportateurs agréés est passé à 44 (contre 42 précédemment) ; et enfin, la perspective de tarifs américains sur les formes semi-finies d’argent.

 

Des métaux de base sur un plateau

Les prix de l’aluminium, proches de leurs niveaux élevés historiques, semblent se stabiliser ou subir une légère correction à court terme, la semaine se présentant davantage comme une consolidation sous un sommet récent qu’une poursuite d’une hausse soutenue . Après avoir atteint un nouveau pic (dépassant les 3 225 USD/MT), le marché « respire » dans une fourchette d’environ 100 $/t et termine quasiment iso (-0,06 %) à 3 134 USD/MT. La forte hausse de la demande chinoise, si elle persiste, constitue encore un facteur haussier structurel, bien que la demande commence déjà à ressentir l’effet des prix élevés. Selon le Commodity Markets Outlook de la Banque mondiale, les métaux de base devraient rester globalement stables en 2026, avant d’envisager une hausse d’environ 2 % en 2027.
La semaine a été marquée par une consolidation / repli du cuivre après avoir atteint des niveaux records : plusieurs sources décrivent le schéma habituel « rallye – prise de profits – reflux », avec un prix qui a dépassé les 13 400 USD/t le 14  janvier. Le LME indique un closing price vendredi d’environ 12 803 $/t (-1,5 % sur la semaine), cohérent avec cette phase de repli post pic. À moyen terme, la tendance reste nettement haussière sur plusieurs mois, mais elle demeure sensible à une correction dès que la composante spéculative et le positionnement du marché prennent le dessus.
Les prévisions envisagent un repli en 2026 dans une fourchette de 10 000 $ – 11 000 $/t, suivi d’une reprise à plus long terme.
 

Agriculture

Blé : production et stocks records

  • La tonne de Blé termine la semaine en repli de -0.52% et clôture les cinq derniers jours à 190.75 euros/tonne. La semaine a surtout été marquée par la publication des derniers chiffres de l'USDA (le Département de l'Agriculture des USA) qui font état d'une production mondiale de blé record avec 842.2 millions de tonnes, tout comme le niveau des stocks qui dépasse les attentes des prévisionnistes, avec 278.3 millions de tonnes. Cela maintenant 4 mois que la tonne de blé se négocie dans une fourchette 185-195 euros/tonnes.

Le sucre progresse légèrement, le café baisse et le cacao chute lourdement

  • Les cours du Sugar 11 New-York ont clôturé la semaine en légère hausse de +0.47% dans un marché très calme, après que le contrat pour livraison Mars soit tombé à son plus bas niveau de l'année mercredi, à 14.41 centimes de Dollars US/livre.
  • Le prix du Café Arabica termine les cinq derniers jours en  repli de -0.66%, à 3.55 dollars US/livre, après un début de semaine assez haussier. En effet, les stocks de sacs dans les entrepôts portuaires de l'ICE (la principale bourse du café) ont diminué en début de semaine dernière pendant 3 jours consécutifs, avec notamment un retrait de 11,015 sacs constituant le plus gros retrait depuis deux mois. Même si l'incertitude reste importante, la tension sur l’offre devrait fondamentalement s’atténuer grâce à de meilleures récoltes chez les principaux producteurs, le Brésil et le Vietnam. Rappelons qu'en décembre, le prix de la livre de café a chuté lorsque les droits de douane américains évoqués par le président américain sur le Brésil ont été assouplis et que les lois de l’Union européenne sur la déforestation ont été retardées, deux mesures qui devraient faciliter davantage d’expéditions de graines vers les principales régions consommatrices.
  • Enfin, le Cacao Londres a lourdement chuté de -5.21% pour terminer la semaine à 3,712 gbp/tonne, son prix le plus bas depuis novembre dernier, après une chute plus forte que prévue de la transformation européenne, révélant une forte destruction de la demande. Le broyage européen est tombé à 304,470 tonnes au quatrième trimestre (‑8,3% d'une année à l'autre), soit le niveau le plus bas depuis 2013. Malgré une baisse de plus de moitié depuis le pic historique de décembre 2024, les prix restent historiquement élevés, les transformateurs gérant encore des fèves achetées à des niveaux bien plus hauts, selon les spécialistes.

Pour aller plus loin

Pour suivre l’évolution des marchés, consultez le précédent bulletin daté du 12 janvier 2026 "Matières Premières : Métaux en hausse | BNP Paribas Entreprises".

 

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