Matières premières : USA-IRAN, qui pour contrôler le détroit ?
Les prix de l'énergie sont en baisse, avec les perspectives d'un accord de paix proche au Moyen-Orient, et par conséquent une réouverture du détroit d'Ormuz. A l'approche de la saison estivale, les prix de l'électricité française augmentent, alors que la canicule étouffait le pays. Du côté des métaux, les prix restent stables à haussiers, avec des stocks toujours anormalement bas. Les métaux précieux sont globalement en repli par anticipation de montée des taux directeurs, malgré une demande industrielle forte. Sur les produits agricoles, le blé Meunier Euronext septembre 26 se replie de 3.5 %, alors que le café Arabica repart à la hausse après avoir touché un record bas de 18 mois. Le cacao Londres progresse de 4 %, le marché anticipant de la tension sur la capacité de production mondiale.
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Énergie
Énergies : optimisme sur la mise en place d’un accord de paix US-IRAN
- Le prix du Brent a chuté de façon continue sur les quatre jours, atterrissant à 92.05 $/ bbl le 29 mai, soit une perte totale d’environ 4,25 %. La plus forte descente s’est enregistrée le 27 mai ( 5,30 %). Les produits dérivés ont suivi la même dynamique : le contrat ICE Gasoil enregistre une baisse cumulative d’environ 3.31 %, à 1013.48 $/mT. Ces mouvements s’expliquent par le contexte géopolitique plutôt rassurant, mais toujours incertain au Moyen-Orient, déterminant la capacité de passage de marchandises par le détroit d’Ormuz. En effet, les acteurs de marché semblent bien recevoir les dernières annonces des administrations américaines et iraniennes vers la finalisation d’un accord de paix, ce qui garde le prix du baril de pétrole brut Brent sous le seuil de 100$ le baril.
- De manière plus nuancée, les prix des contrats front-month de gaz naturel européen TTF, et PEG français, ont oscillé dans la zone de 46€/mwh, reflétant les attentes d’un rétablissement éventuel des flux de gaz. De l’autre côté de l’atlantique, le cours du contrat US Henry Hub s’est apprécié de 13.18 % sur la semaine à 3.29 $/mmbtu, alors que la demande saisonnière relative aux températures élevées précoces annoncées sur le mois de juin, combinée à un niveau de stocks plus faibles renforce la tension sur l’offre.
Concernant le prix de l’électricité française, le contrat front-month french power baseload, à livraison juin 2026 progressait de +20 % sur la semaine à 38.25 €/mwh, dans un contexte de canicule, et à l’approche de la saison estivale, traditionnellement plus demandeuse en énergie. - Pour finir, les prix spot des certificats d’émission de carbone EUA phase 4 ont progressé de façon régulière sur la semaine (+5 %), s’approchant de 80€/mt, portés par le rallye des certificats anglais UKA, et l’optimisme autour des réformes du système d’échange, et des possibles accords de liaison entre l’UE et le Royaume-Uni.


Métaux
Des Base Metals attentistes
- Sur la semaine du 25 au 29 mai 2026, le marché mondial de l’aluminium est resté haussier. Le contrat aluminium 3 mois du London Metal Exchange (LME) est passé d’environ 3 649 USD/mt à près de 3 666 USD/mt, avec un pic au-dessus de 3 680 USD/mt en milieu de semaine. Cela représente une progression d’environ +0.47 % sur la semaine, après déjà plusieurs semaines de forte hausse.
- Cette progression s’explique principalement par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui font craindre des perturbations durables de la production et des exportations d’aluminium dans la région du Golfe. Le marché est également soutenu par des stocks mondiaux relativement faibles et par l’anticipation d’un déficit d’offre dans les prochains mois, ce qui renforce les achats spéculatifs. Enfin, les primes physiques de l’aluminium ont continué d’augmenter en Europe et aux États-Unis, signe que les industriels restent préoccupés par la disponibilité du métal malgré une demande toujours solide.
- Sur la même période, le prix du cuivre est bien haut malgré un léger retrait sur la semaine. Le cuivre coté au London Metal Exchange (LME) est passé d’environ 13 668 USD/mt à 13 636 USD/mt (-0.23 %). Les cours évoluent ainsi à proximité de leurs plus hauts historiques.
- Cette progression s’explique principalement par les inquiétudes persistantes sur l’offre mondiale, notamment en Amérique du Sud, où plusieurs producteurs font face à des contraintes opérationnelles et à une baisse de la qualité des minerais. Le marché reste également soutenu par une demande robuste liée à l’électrification, aux réseaux électriques, aux centres de données et aux véhicules électriques, en particulier en Chine. Enfin, les investisseurs continuent d’anticiper un déficit structurel du marché du cuivre dans les années à venir, ce qui maintient une forte pression haussière sur les prix malgré un contexte économique mondial plus incertain.
Precious Metals : en replis/correction
- Sur la semaine du 25 au 29 mai 2026, le cours de l’or a légèrement reculé. L’once d’or est passée d’environ 4 570 USD/oz à 4 540 USD/oz, soit une baisse d’environ -0,7 % sur la semaine, tout en restant proche de ses niveaux historiquement élevés.
- Ce léger repli s’explique principalement par les anticipations de taux d’intérêt durablement élevés aux États-Unis, qui ont renforcé le dollar et réduit l’attrait de l’or, un actif ne générant pas de rendement. Malgré cette baisse hebdomadaire, le marché reste soutenu par les tensions géopolitiques internationales et par les achats continus des banques centrales, notamment en Asie. Enfin, les investisseurs conservent une vision positive à moyen terme, l’or continuant de jouer son rôle de valeur refuge dans un contexte d’incertitudes économiques et géopolitiques persistantes.
- Malgré des prix hauts, le cours de l’argent corrige sur la dernière semaine. L’once d’argent est passée d’environ 78 USD/oz à 75 USD/oz, soit une basse d’environ -3.5 % sur la semaine. Malgré cette correction hebdomadaire, on observe une forte demande industrielle, notamment dans les secteurs du solaire, de l’électronique et des infrastructures électriques qui maintiennent des prix élevés. Le marché bénéficie également d’une offre toujours contrainte, avec un déficit mondial attendu pour la quatrième année consécutive, ce qui entretient les tensions sur les stocks disponibles.


Agriculture
Le prix de la tonne de Blé baisse dans l'espoir d'un accord
- Le contrat à terme Blé Meunier pour livraison Septembre a cédé -3.49 % la semaine dernière et clôture à 207.50 euros/tonne, un niveau pas observé depuis 1 mois, sous l’effet combiné d’une baisse de la prime de risque liée au conflit au Moyen-Orient même si les discussions en cours entre les États-Unis et l’Iran, bien que prometteuses, restent incertaines.
- Les affirmations contradictoires sur un accord intérimaire ont limité l’impact positif sur les cours, tandis que le rebond du pétrole après des affrontements nocturnes a freiné la chute des céréales. Les analystes rappellent qu’un accord pour débloquer le détroit d’Ormuz contribuerait à rétablir le flux de carburants et d’engrais, indispensables aux agriculteurs, et devrait soutenir la production céréalière mondiale.
Café, Sucre, Cacao : la pluie et le beau temps, le retour du Wheather Market
- Dans une tendance de fond nettement baissière (-25 % depuis le début de l'année), le Café Arabica a atteint son plus haut niveau de deux semaines jeudi dernier, les pluies persistantes au Brésil retardant les récoltes et comprimant les stocks désormais à leur plus bas niveau sur trois mois. Cette tension sur l’offre, combinée à la crainte d’une détérioration de la qualité des grains, a alimenté une hausse en fin de semaine soutenue à la fois par des facteurs techniques de fonds et par l’accumulation de positions longues des torréfacteurs. Les spécialistes soulignent que si les prévisions de récolte restent globalement dans les limites normales, les producteurs retiennent leurs cafés, laissant le marché vulnérable à toute aggravation météo.
- Même s'il termine la semaine en retrait marqué de -4.35 %, le contrat Sucre #11 New-York a enregistré, vendredi dernier, sa plus forte hausse mensuelle depuis l’émergence d’un risque El Niño qui devrait réduire les précipitations en Inde, deuxième producteur mondial, entraînant une chute des stocks portuaires à leur plus bas niveau depuis trois mois. En réponse, New Delhi a imposé une interdiction d’exportation de plus de quatre mois, limitant les envois à 700k tonnes et accentuant le resserrement de l’offre mondiale, ce qui soutient les prix alors que les prévisions de déficit pour la campagne 2026 2027 se précisent. Le marché, déjà repensé à la baisse après le creux historique observé à mi-avril, a rebondi de près de +10 % et demeure sensible aux évolutions climatiques indiennes ainsi qu’aux contraintes géopolitiques qui pèsent sur les flux de matières premières.
- Seul dans son couloir, le contrat Cacao Londres termine les cinq derniers jours en enregistrant un solide rebond de +4.02 %, porté principalement par le rachat massif de positions vendeuses des fonds face aux risques de production liés à un possible El Niño en Afrique de l’Ouest. Le marché du cacao, historiquement baissé par une demande moribonde, se reconfigure désormais autour d’incertitudes climatiques et d’une offre ivoirienne jugée fragile.


Pour aller plus loin
Pour suivre l’évolution des marchés, consultez le précédent bulletin daté du 26 mai 2026 “Matières premières : USA-IRAN, vers la paix ?”.
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