24 novembre 2025

Matières Premières : Une semaine aux dynamiques contrastées

salle des marchés

Le Brent repart à la hausse après des incidents géopolitiques en Ukraine et en Iran, tandis que l’OPEP augmente sa production. Le gaz européen reste stable, soutenu par les prévisions de froid, alors que le HH américain poursuit sa progression automnale. En France, l’électricité grimpe fortement sous l’effet d’un front arctique qui augmente la demande. Le cuivre et l’aluminium progressent malgré le ralentissement chinois, tandis que l’or et l’argent maintiennent leurs gains, freinés par des perspectives de taux US moins bas. Le blé touche son plus bas mensuel sous la pression d’un euro en hausse et d'une concurrence accrue. Le sucre progresse car le marché se tend vers l'éthanol, tandis que le café et le cacao baissent, sur fond d'améliorations sur l'offre et d'une baisse des droits de douane US. Pour anticiper ces mouvements stratégiques, le Desk Matières Premières BNP Paribas vous propose ce décryptage des marchés de l'énergie, des métaux et de l'agriculture, en date du 17/11/2025.

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Energie

 

Pétrole : le retour de la volatilité

  • Le Brent (référence européene) clôture la semaine passée à 64.39 usd/bbl en hausse de +1.20% sur la semaine, après l'attaque par l'Ukraine d'un port pétrolier russe clé et la saisie par l'Iran d'un pétrolier près du détroit d'Ormuz. Cela a ajouté une nouvelle prime géopolitique aux cours. Ces deux préoccupations surviennent dans un contexte de durcissement des sanctions américaines contre la Russie.
  • La tendance haussière de vendredi a permis d'enrayer la baisse des prix face aux anticipations croissantes d'une surabondance, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés ayant relancé leurs capacités de production inactives afin de regagner des parts de marché, tandis que des pays hors OPE ont également augmenté leur production.
     

Gaz : Prix stables en Europe, en hausse aux Etats-Unis 

  • A l’approche de l’hiver dans l’hémisphère nord, les prix du gaz Européen (TTF, PEG) clôturent la semaine à l’équilibre aux alentours de 31€/mwh, après l’annonce d’un refroidissement accru des températures pour la fin du mois de novembre, portant la prévision d’une vague de froid sur une dizaine de jours. Dans une note LG Energy Group a indiqué : « Ceci renforce les prévisions d'une demande de chauffage plus forte et d'une pression accrue sur les réserves de gaz de l'UE, déjà tendues. ».
  • Les cours du gaz naturel américain Henry Hub poursuivent sur la tendance haussière initiée depuis le début de l’automne pour clôturer à 4.32 usd/mmbtu, en progression de 7.67% sur la semaine.

 

Electricité :

  • Alors qu’un front froid en provenance de l’Arctique s’installe et devrait persister sur l’Europe occidentale durant plusieurs jours, le prix de l’électricité française (French Power Baseload) progresse de +10.41% sur la semaine passée à 70.37 eur/mwh. D’après l’agence Bloomberg, le pic de demande en électricité devrait atteindre 72GW jeudi 20 novembre, contre 50GW en période habituelle.
  • Cette augmentation devrait être encaissée par une augmentation temporaire de la production par EDF, ainsi que d’une diminution des exportations.

 

 

Métaux

 

Le Cuivre et l'Aliminium en hausse malgré le ralentissement chinois

  • Le cuivre a enregistré une hausse hebdomadaire de +1,3 % à 10,829 usd/tonne, l'offre s’étant partiellement redressée vendredi suite à la reprise partielle des activités à la mine de cuivre de Grasberg en Indonésie, en arrêt depuis septembre suite à un grave accident.
  • Le cours de l'aluminium clôture vendredi 14 novembre à 2,858 usd/tonne, en légère hausse de +0.4% sur la semaine. Les prix avaient été soutenus en début de semaine par les inquiétudes concernant la capacité de production des fonderies chinoises, approchant du plafond fixé par le gouvernement, limitant la croissance de l'offre.
  • A noter que le ralentissement plus marqué qu’attendu de l’activité économique chinoise en octobre pèse sur les perspectives de demande du premier pays consommateur de métaux au monde. De surcroît, les espoirs d’une baisse des taux d’intérêt en décembre par la Réserve Fédérale américaine se sont également atténués, exerçant une pression supplémentaire sur les métaux industriels.
     

Métaux précieux : la progression freinée par les prévisions d'évolution des taux US

  • Du côté des métaux précieux, malgré une chute en fin de semaine, les cours de l'or et l’argent clôturent vendredi 14 novembre en hausse sur 5 jours à respectivement 4,084.06 usd (+2.07%) et 50.58 usd (+4.68%) l’once.
  • L’optimisme quant à une baisse des taux d’intérêts de la Réserve Fédérale américaine ayant été contrarié par des prévisions revues à la baisse au fil de la semaine. A noter que les métaux précieux, non rémunérateurs, peuvent apparaître comme moins attrayants aux yeux des investisseurs dans un environnement de taux d'intérêt plus élevés.

 

Agriculture

 

Le Blé atteint un plus bas d'un mois, offre mondiale en hausse

  • Le 1er contrat Blé Meunier Euronext termine la semaine passée en baisse marquée de -1.70%  et clôture à 188.25 euros/tonne vendredi soir. Il s'agit d'un plus bas d'un mois pour le prix du grain européen qui a  souffert de la concurrence internationale et aussi de la hausse de l'Euro face au Dollar US. En effet, la devise européenne a fait deux incursions au-delà de 1.1650 jeudi et vendredi derniers, rendant mécaniquement le grain d'Europe plus cher pour les acheteurs en devise étrangère.
  • Sur les marchés internationaux, l'enthousiasme créé par la reprise des échanges entre les deux pays il y a dix jours s’est vite dissipé : la Chine n’a pas repris les achats de blé américain la semaine dernière et enfin,  c'est bien la plus importante récolte de blé jamais enregistrée qui s'annonce en Argentine.
     

Sucre en hausse grâce au Brésil et à l’Inde, Cacao et Café en forte baisse

  • Du côté des softs, la belle performance de la semaine est pour le Sucre #11 New-York qui progresse de +6.10% sur les 5 derniers jours. Le sucre clôture vendredi soir sur un plus haut de deux semaines : les sucreries brésiliennes continuant à privilégier l'ethanol. Dans la région Centre‑Sud du Brésil, les sucreries ont utilisé 46 % de la canne pour la production de sucre, une plus grande part étant destinée à l’éthanol, selon Unica. Dans le même temps, l’Inde a annoncé qu’elle autoriserait l’exportation de 1,5 million de tonnes de sucre d’aujourd’hui jusqu’en septembre prochain, ce qui viendra s’ajouter aux volumes déjà abondants sur le marché mondial.
  • La semaine aura été en revanche plus difficile pour le Café Arabica et le Cacao Londres qui cèdent respectivement -1.96% et -5.78%. Le Cacao a fortement chuté, accumulant sa troisième perte hebdomadaire, et s'est échangé sous les 4,000 GBP/tonne, son plus bas niveau depuis février 2024. En effet, les données remontent une nette amélioration des arrivages en provenance de Côte d'Ivoire qui ont augmenté de +20 % par rapport à l’an dernier, et compensé un début de saison plutôt lent.
  • Enfin, le Café Arabica enregistre également sa troisième semaine consécutive de baisse suite à l’annonce d’accords commerciaux américains qui réduiront les droits de douane sur les produits alimentaires, notamment les grains de café. Les deux principaux producteurs, le Brésil et la Colombie, voient ainsi la demande pressurisée par la perspective de prix plus bas sur les marchés mondiaux.

Pour aller plus loin

Pour suivre l’évolution des marchés, consultez le précédent bulletin daté du 10 novembre 2025 : Matières Premières : continuité des tendances automnales

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