Matières Premières : Tarifs, géopolitiques et marchés sous volatilité
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23 février 2026
Matières Premières : Tarifs, géopolitiques et marchés sous volatilité
salle des marchés
Les tensions au Moyen-Orient soutiennent le pétrole et entretiennent la volatilité, amplifiée par la décision de la Cour suprême américaine sur les tarifs douaniers. Le gaz européen finit légèrement en baisse malgré les risques sur Ormuz, tandis que l’électricité française recule grâce à une forte production nucléaire et renouvelable. Les quotas Carbone se redressent. Les métaux précieux restent recherchés comme valeurs refuge, alors que les métaux industriels demeurent élevés mais instables. Côté « agricoles », le blé et le sucre progressent, le café et le cacao restent sous pression. Pour anticiper ces mouvements stratégiques, le Desk Matières Premières vous propose ce décryptage des marchés de l'énergie, des métaux et de l'agriculture, en date du 23/02/2026.
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Energie
Des dérivés de pétrole en hausse, baisse de l’électricité et du Gaz
Oil : Englué dans la zone des 68$/bbl depuis la fin du mois de janvier 2026, le Brent, comme l’ensemble des produits pétroliers, voit son cours remonter avec le retour mercredi 18 février 2026 des pressions géopolitiques dans le golfe Persique. En effet, alors que le Président américain D. Trump privilégie la voie diplomatique pour anéantir la menace que représente le régime Iranien, notamment via son accès à l’énergie nucléaire, le renforcement des forces militaires US déjà présentes dans la zone valide l’hypothèse d’un possible conflit armé entre les deux nations dans les prochaines semaines. Ce scénario aurait notamment pour effet de perturber la production, ainsi que la distribution de pétrole brut et de produits raffinés dans la région, impactant globalement à la hausse les prix des produits pétroliers. En ce sens, le 1er contrat ICE Brent augmente de 5.92% sur la semaine, clôturant à 71.76 $/bbl vendredi. Suivant la même tendance, le 1er contrat ICE Gasoil prend +8.28% sur 5 jours à 720.70 $/mT. Fresh news : La Cour suprême des États-Unis a invalidé une grande partie des tarifs douaniers imposés par Donald Trump, estimant qu’il n’avait pas l’autorité légale de les instaurer, ce qui a mené à une nette volatilité des marchés.
Gas : Alors que les stocks de gaz naturel constitués en Europe sont en deçà des moyennes saisonnières, et que les prévisions météo annoncent des températures modérées à venir, les prix des contrats front month de gaz naturel TTF et PEG s’affichent en légère baisse autour des -1% sur la semaine. Néanmoins, à mesure de l’augmentation du risque d’escalade au Moyen-Orient, et le possible blocage du détroit d’Ormuz, les prix de ces derniers ont augmenté de 13% en cours de semaine, pour finalement clôturer vendredi 20 février 2026 à 32.03 eur/mwh pour le TTF et 30.40 eur/mwh pour le PEG.
Power : Les prix de l’électricité à un mois en France ont chuté fortement de 12.14% cette semaine, à 46.02 eur/mwh vendredi 20 février. D’après les éléments fournis par l’agence Bloomberg, cette baisse s’explique par la forte disponibilité du nucléaire, de l’hydroélectricité et la perspective d’une production solaire en hausse de 14 % en mars 2026. A noter l’élargissement de l’écart des prix avec l’électricité produite en Allemagne, dépendante aux cours du gaz et du charbon.
EUA : Après avoir fortement chuté fortement sur les semaines 6 et 7, à cause d’annonces politiques suggérant des réformes du système d’échange de quotas d’émission EU-ETS, le cours spot des quotas carbone européens (EUA) progresse de 4.52% cette semaine, et clôture à 72.42 eur/mT. A noter que les propositions de réforme incluent un relâchement du facteur de réduction linéaire (de 4,4 % à 3,4 % d’ici 2029) et l’éventuelle utilisation d’un « buffer spécial » de 370 Mt de quotas. Plusieurs dirigeants européens (Macron, von der Leyen, Merz) ont défendu le système EU ETS et ont atténué leurs propos, ce qui limite la probabilité d’un report ou d’un abandon du mécanisme. Les changements les plus probables concernent les allocations gratuites et le facteur de réduction, déjà anticipés par le marché. Le risque majeur serait une libération importante de quotas via le buffer spécial, mais cela nécessiterait un processus législatif de 12 18 mois et le volume réel resterait bien inférieur aux 370 Mt annoncés.
Métaux
Des Précieux toujours en valeur refuge
Fresh News : La Cour suprême des États-Unis a invalidé une grande partie des tarifs douaniers imposés par Donald Trump, estimant qu’il n’avait pas l’autorité légale de les instaurer, ce qui a mené à une nette volatilité des marchés. Cette décision a affaibli le dollar et poussé les investisseurs vers les actifs refuges comme l’or et l’argent, dont les cours ont augmenté, tandis que certaines matières premières industrielles ont été plus volatiles du fait de l’incertitude persistante sur la politique commerciale américaine. Après avoir de nouveau glissé sous les 5000$ l’once le 17 février, le cours de l’Or a rebondi sur les 3 dernières sessions de la semaine pour finir à 5107$ l’once vendredi 20 février, en hausse de 1.30% sur 5 jours. Le marché reste sensible aux incertitudes liées aux droits de douane (suite à décision de la cour suprême le 20 juin 2026 invalidant les tarifs), à la possible baisse des taux directeurs, et aux perspectives politiques américaines, avec les élections de mi-mandat. De surcroît, le marché traduit un retour du risque géopolitique au Moyen-Orient au fil des déclarations du président américain, annonçant d’une part un délai d’une quinzaine de jours alloué aux négociations avec l’Iran au sujet de son programme nucléaire, et déployant d’autre part le plus important dispositif militaire dans la région depuis 2003. L’Argent pour sa part, a progressé de 9.34% à 84.65$ l’once vendredi 20 février, emporté par ce qui ressemble à des mouvements de marché des investisseurs, l’offre et la demande industrielle n’ayant pas été l’objet d’annonces particulières au cours de la semaine.
Des métaux de Base sur un plateau haut volatile
Sur les métaux de base industriels, après 3 semaines de perte avec un niveau restant globalement haut sur le long terme, le cuivre se stabilise avec un prix du contrat 3 mois LME cuivre en légère hausse de +0.60% à 12964$ /mT. Néanmoins, les stocks mondiaux ont atteint un sommet de 11 mois alors que la demande industrielle, notamment en Chine, s’affaiblit. La prudence de la Fed, qui pourrait garder une politique monétaire stricte, pourrait peser également sur le métal. Les volumes de transaction sont faibles à cause de la fermeture des marchés chinois pour le Nouvel An lunaire. Parallèlement, le cours de l’Aluminium a évolué autour de 3070$/mT, le contrat LME 3 mois clôturant à 3102 $/mT vendredi 20 février, en légère progression de 0.81% sur la semaine. Selon le Stratégiste BNP Paribas David WILSON, les principaux risques sont la politique tarifaire américaine, les tensions géopolitiques et un éventuel relâchement du plafond chinois. L’offre devrait rester contrainte, la Chine ayant atteint son plafond de production, l’Indonésie avançant lentement et certaines fonderies ferment, engendrant un déficit mondial de 431 kt en 2026 et plus de 600 kt en 2027. La courbe à terme LME montre une backwardation qui devrait se creuser en 2026.
Agriculture
AGS : des AGS en légère progression hormis le Café et le Cacao.
Blé : Le premier contrat blé meunier Euronext pour livraison mars 2026 termine les cinq derniers jours en hausse nette de + 3.01 %, à 197 EUR dans un contexte toujours très concurrentiel. Sur la scène internationale, l’Arabie Saoudite a annoncé autoriser l’importation de 907 000 tonnes de blé dur pour livraison avril et mai 2026. Sur le plan national, selon l’agence Bloomberg, environ 88 % du blé tendre français était évalué en bon ou très bon état au 16 février, contre 91 % la semaine précédente, selon les données de FranceAgriMer publiées vendredi. A noter que plusieurs régions françaises, dont certaines productrices de blé, ont été placées en alerte rouge et orange pour les inondations, d’après Météo France.
Café : La semaine 8 confirme que le sentiment baissier du café Arabica, amorcé en semaine 6, n’est pas encore totalement résorbé. Le rebond de la semaine 7 était surtout le résultat d’une prise de couverture anticipant une récolte record au Brésil. Le renforcement du dollar US, la poursuite des livraisons d’Amérique centrale et l’émergence de nouvelles positions longues sur ICE ont fait retomber les cours à 287,40 cents $/lb, niveau qui se situe proche du plancher technique de 285 cents. Le marché reste donc très sensible aux flux d’offre (livraisons brésiliennes et d’Am. Centrale), aux mouvements de change, et à la politique de droits de Douane menée par l’administration Trump. Jeudi 19 février 2026, les contrats à terme sur le café Arabica ont chuté jusqu'à 3,3 %, atteignant leur prix le plus bas depuis novembre 2024, en raison des prévisions d'une offre abondante en provenance du Brésil, principal producteur. De plus, les importantes quantités de stocks de café entreposées, et monitorés par les exchanges (ICE), en attente de notation, pèsent sur les prix actuels. Vendredi 20 février, le café Arabica s’échangeait pour 288.3 $cents/llb, en baisse de -3.92% sur la semaine.
Cacao : Le cacao a continué sa chute de -11.85% vendredi, dans un contexte marqué par un excédent d’offre et une faible demande. Les prix restent environ 50% plus bas qu’à fin décembre 2025, après un pic en 2024 qui a suivi de mauvaises récoltes. Le marché a subi une forte pression cette semaine à la suite de rapports indiquant d’importants volumes de fèves invendus en Côte d’Ivoire et au Ghana, les acheteurs étant réticents à payer les prix officiels du producteur, largement supérieurs au prix mondial actuel. Les analystes soulignent une pression persistante sur le marché à cause des prix officiels trop élevés par rapport au prix mondial.
Sucre : Les futures sur le sucre brut ont rebondi de + 3.77 % à New York après que la Cour suprême a annulé les tarifs mondiaux de Trump, ouvrant la porte à de plus fortes exportations brésiliennes de sucre et d’éthanol. Cette suppression des droits pourrait soutenir le marché mondial du sucre si le Brésil écoule davantage de son produit sur le marché américain à prix plus élevé. La Cour n’a pas tranché la question des remboursements aux importateurs, et Trump a indiqué posséder un « plan B ». Le secteur des sucriers recherche désormais de nouveaux débouchés pour l’éthanol à base de canne à sucre.
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