Matières Premières : La pression s'accentue sur les prix de l'énergie
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23 mars 2026
Matières Premières : La pression s'accentue sur les prix de l'énergie
salle des marchés
Le conflit au Moyen-Orient continue de faire grimper les cours du pétrole et du gaz, accentuant la pression sur les marchés énergétiques européens. Les attaques contre les installations critiques menacent l’approvisionnement et soutiennent les hausses de prix. Dans le secteur du carbone, les autorités européennes cherchent à soutenir le système ETS, provoquant une hausse des prix. Sur les métaux, l’aluminium recule après un fort rallye, tandis que le cuivre, l’or et l’argent poursuivent leur baisse liée au conflit et aux perspectives macro-économiques. Enfin, les céréales et les produits agricoles affichent des mouvements contrastés : le blé européen baisse sous l’effet du renforcement de l’euro, alors que le cacao, le café et le sucre connaissent des gains soutenus par la hausse des coûts de l’énergie. Pour anticiper ces mouvements stratégiques, le Desk Matières Premières vous propose ce décryptage des marchés de l'énergie, des métaux et de l'agriculture, en date du 23/03/2026.
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Energie
Produits pétroliers et gaz naturel : 4e semaine de conflit, la hausse se poursuit
La crise au Moyen-Orient continue de s’intensifier. Les prix du Brent et du premier contrat ICE Gasoil se sont appréciés de respectivement 8,75 % (112,20 €/bbl) et 15,16 % (1 228,14 USD/mt) au cours de la 12ᵉ semaine de l’année 2026. De surcroît, un ultimatum de 48 heures a été lancé par le président D. J. Trump le samedi 21 mars à destination du régime iranien pour rouvrir le détroit d’Hormuz. L’Iran a immédiatement réagi en menaçant de nouvelles représailles contre les infrastructures énergétiques critiques de la région, si les États-Unis et Israël décidaient d’attaquer le réseau électrique iranien après l’échéance. D’après le stratégiste BNPP Aldo Spajner, plus le nombre d’attaques contre les infrastructures critiques augmente, plus l’impact du conflit passe du problème de flux (détroit d’Hormuz fermé) à un problème d’approvisionnement durable (les installations devront être reconstruites, ce qui prend du temps).
Les attaques de la semaine dernière contre les installations GNL du Qatar en sont un exemple ; les « dommages graves » signalés par Qatar Energy pourraient prendre plusieurs mois, voire plusieurs trimestres, à réparer, maintenant ainsi une partie du GNL hors du marché même si le détroit d’Hormuz s’ouvre. Le Qatar prévoit de perdre 12,8 Mt de GNL chaque année pendant 3 à 5 ans, soit 64 % de la consommation annuelle française. Cette perte structurelle, combinée à des arrêts temporaires, met une pression à la hausse sur les prix du gaz. Dans le même temps, les cargaisons de pétrole et de GNL du Moyen-Orient chargées avant le déclenchement de la guerre approchent des ports. Le contrat front month PEG français a augmenté de 19,30 % sur la semaine, clôturant à 62,15 €/MWh le vendredi 20 mars, son niveau le plus haut depuis le printemps 2023.
À l’heure ou nous écrvions ces lignes lundi 23 mars, l’annonce vers midi du Président Américain du report de toutes les opérations de frappe des infrastructures énergétiques iraniennes sur une période de 5 jours dans le but de résoudre les hostilités par la voie diplomatique a relâché la pression sur les prix du baril de Brent et du gaz naturel, qui ont immédiatement perdu environ 10% de valeur.
Électricité et CO₂ : L’Europe soutient le système ETS
Les prix de l’électricité en Europe restent élevés à la fin de la semaine 12, en raison des prix du gaz, surtout dans les pays dépendants de la production à gaz (Italie, Royaume-Uni et, dans une moindre mesure, l’Allemagne). La situation au Moyen-Orient montre peu de signes d’amélioration ; la remise en service des livraisons de GNL qatari devrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Nous notons que, grâce à la saisonnalité, la demande d’électricité a chuté avec la fin de l’hiver et que la production inflexible (nucléaire, baseload) a pu limiter la hausse des prix, les maintenant proches des niveaux de pointe hivernaux. Cependant, la capacité de stockage de gaz de l’Europe est faible, actuellement inférieure à 29 %. Cette faiblesse augmente le risque que les remplissages de stockage ne soient pas suffisants d’ici le deuxième trimestre, ce qui devrait pousser les prix du gaz et de l’électricité à la hausse l’hiver prochain. Le contrat front month French Power Baseload clôturait à 50,14 €/MWh le vendredi 20 mars, en hausse de 7,7 % sur la semaine.
Côté émissions EUA, dans le contexte de la guerre en Iran et de la pression sur les prix de l’énergie, les gouvernements européens ont été incités à chercher des solutions pour soutenir les industries lourdes lors d’un conseil organisé les 19 et 20 mars. Le prix de ce dernier a sensiblement baissé pour atteindre un point bas de la semaine à 62,39 €/tCO₂ le jeudi 19 mars. C’est finalement un signal de soutien au système ETS de la part des dirigeants de la Commission européenne, envoyé le vendredi 20 mars, à travers la volonté affichée d’un affinement des paramètres plutôt que d’une refonte totale du système ETS. Une mesure de renforcement des investissements ETS, visant à lever 30 milliards d’euros pour 400 M de quotas, a été annoncée afin de financer la décarbonation, notamment dans les pays à revenu plus faible tels que la Pologne. Par conséquent, les prix du carbone ont grimpé de 9,7 %, la plus forte hausse depuis presque deux ans, pour clôturer à 66,29 €/tCO₂ le vendredi 20 mars.
Métaux
Base Metals : Prise de profit et inquiétudes
Après un rallye accentué par les événements au Moyen-Orient, dû à la perturbation l’appareil productif (Quatalum au Qatar), l’aluminium corrige et chute de 6,53 % sur la semaine pour clôturer à 3,215 USD/tonne. Cette baisse s’explique par une consolidation du cours / prise de bénéfices, mais également par l’anticipation d’un ralentissement économique mondial entraînant une diminution de la demande industrielle. Malgré ce repli, les prix restent à des niveaux historiquement élevés, témoignant d’un marché sous tension. Le sentiment global demeure plutôt haussier tant que les incertitudes géopolitiques persistent, certains analystes envisageant un potentiel autour des 3,600 USD/MT si les tensions se maintiennent.
Depuis le début du conflit en Iran, le cuivre suit une dynamique opposée à celle de l’aluminium (hors correction alu de la semaine dernière). La tendance baissière s’est poursuivie la semaine passée avec une chute de 6,66 % pour clôturer à 11 929 USD/tonne. Le cuivre, très sensible à la croissance économique, subit la peur d’un ralentissement global alimentée par les tensions géopolitiques, la hausse des taux d’intérêt, ainsi que la chute des marchés actions qui exerce une pression sur les métaux industriels. Surnommé « Dr Copper », il agit comme un indicateur avancé de l’économie : il décroît lorsque les anticipations économiques se détériorent. En résumé, la semaine dernière a été marquée par une baisse notable du cuivre, principalement due à des craintes macroéconomiques et à des prises de profits. La perspective à court terme reste incertaine et volatile, tandis que le fondamental à long terme demeure haussier grâce à des fondamentaux solides (demande autour de l’électrification + serveurs…).
Precious : La chute se poursuit
L’or poursuit sa chute amorcée avec le déclenchement des événements géopolitiques, terminant la semaine à 4 492 USD/once, soit une baisse de 10,5 %. Ce mouvement contre intuitif résulte d’un revirement des anticipations macroéconomiques (inflation tirée par la hausse du pétrole et marché désormais orienté vers des hausses de taux plutôt que des baisses) et d’une forte appréciation du dollar dans ce contexte de crise, rendant l’or plus coûteux pour les investisseurs hors États-Unis. À cela s’ajoute le phénomène classique du « sell everything », où les acteurs vendent leurs positions bénéficiaires pour compenser des pertes en réalisant des prises de profits après le rallye exceptionnel observé début 2026. Malgré la dynamique baissière à court terme, les perspectives à long terme restent haussières, soutenues par les achats continus des banques centrales et la fonction de diversification hors dollar que l’or continue d’offrir. L’argent continue de suivre l’or comme valeur refuge et les métaux de base comme métal industriel. Cela se traduit par une baisse qui se poursuit sur la semaine clôturant à 68 USD/MT (-16%)
Agriculture
Le Blé européen sous pression la semaine dernière
Le contrat Blé Meunier pour livraison Mai-26 termine la semaine en repli assez marqué à 211.75 euros/tonne, et cède -2.64% sur les cinq derniers jours. Dans un contexte très volatile, la tonne de blé européen a probablement été pénalisée par la hausse de l'Euro face au Dollar US qui gagne lui +1.5% sur la période.
Pourtant, tous les voyants étaient au vert pour le blé. La guerre en Iran alimente une hausse du prix du blé en raison de la remontée des prix du pétrole qui menace la capacité des agriculteurs à semer face à la flambée des coûts de l’énergie et des engrais.
Une semaine de rebond pour le Cacao, le Café et le Sucre
Le contrat Sucre #11 New-York a enregistré sa plus forte hausse hebdomadaire depuis septembre 2024 (+9.26%), portée par la forte hausse des prix du pétrole et le rachat de positions vendeuses importantes. La crainte de voir un prix du pétrole brut élevé pendant quelques temps incite les sucreries brésiliennes à privilégier l’éthanol au détriment du sucre et alimente les anticipations de tensions d’offre, même si le stock mondial reste suffisant.
Belle progression également des prix du Café Arabica qui enregistre une hausse de +6.03% sur les cinq derniers jours dans un environnement très volatile. Malgré des prévisions autour d’une récolte brésilienne record en 2026 27, le sentiment à court terme demeure « serré et nerveux » selon les analystes, les acteurs étant encore confrontés à des stocks physiques limités. Le consensus du marché prévoit un intervalle de 3 3.50 usd/livre pour les deux à trois prochains mois, même si les prix pourraient aisément reculer davantage si l’offre se débloque sans chocs externes.
Enfin, le Cacao Londres termine lui aussi la semaine en hausse, mais de façon plus modérée et enregistre un gain de +1.66% dans un contexte très volatile également. Selon les spécialistes, le cacao se dirige vers un excédent d’offre et de demande sur plusieurs années et les stocks se reconstituent également après trois déficits consécutifs qui avaient laissé les inventaires à leur plus bas niveau depuis quarante ans la saison dernière.
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