Matières Premières : Crise au Moyen-Orient, le gaz et pétrole flambent
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02 mars 2026
Matières Premières : Crise au Moyen-Orient, le gaz et pétrole flambent
salle des marchés
Fermeture du détroit d'Ormuz, fermeture de sites de production de GNL et pétrole, les prix des énergies fossiles s'envolent après les frappes contre l'Iran et les différents pays du Golf producteurs. Les prix des métaux industriels de base, et précieux subissent tout autant les conséquences de la situation explosive dans la zone. Du côté des produits agricoles, le prix du blé est également impacté à la hausse, alors que le cacao continue sa chute due à l'excédent de stock en Afrique de l'Ouest. En Europe, le cours des quotas carbone continue de baisser, sous la pression de certains Etats membres. Pour anticiper ces mouvements stratégiques, le Desk Matières Premières vous propose ce décryptage des marchés de l'énergie, des métaux et de l'agriculture, en date du 02/03/2026.
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Energie
Pétrole : le conflit au Moyen‑Orient propulse le Brent à des sommets
Alors que la menace de conflits ouverts au Moyen-Orient, déclenchée par une intervention militaire extérieure en Iran, avait tiré les prix des produits pétroliers vers le haut en fin de semaine 8 de l’année 2026, le Brent atteignant 73$ le baril vendredi 27 février en cours de journée (+1% sur la semaine), c’est bien l’actualité du week-end qui a fait flamber les cours à l’ouverture lundi matin. En effet, la guerre désormais ouverte entre Israël, les USA et l’Iran, qui frappe en représailles des cibles présentes dans tous les pays du Golfe, à l’exception d’Oman, a pour première conséquence la fermeture du détroit d’Ormuz, passage obligatoire du pétrole brut extrait, et des produits raffinés dans la région. Ainsi, malgré la situation actuelle de surabondance d’offre, les prix des produits pétroliers s’envolent lundi matin vers des niveaux records des 12 derniers mois, le 1er contrat ICE Brent s’affichant autour de 80 usd/bbl et le 1er contrat ICE Gasoil à 837.32 usd/mT, au moment où nous écrivons ces lignes.
Gaz & Electricité: Tensions sur l'offre, détroit d'Ormuz bloqué
Impactés part la fermeture du détroit d’Ormuz, principal couloir du GNL mondial, les prix du gaz naturel en Europe ont augmenté de quasiment 40% dès lundi matin 2 mars 2026, la nouvelle majeure étant l'annonce de l'arrêt de la plus grosse usine d'exportation mondiale GNL au Qatar, sous le feu d'une attaque en provenance d'Iran. Sur le plan météo en Europe, la saison de chauffage se termine sous des températures plus clémentes que la moyenne, limitant les prélèvements sur les stocks de gaz, qui restent cependant en dessous des niveaux habituels. Le cours des contrats front-month TTF et PEG clôturaient à respectivement à 31.61 eur/MWh (-1.32%/ 5jours), et 30.71 eur/MWh (+1.02 % / 5jours) vendredi 27 février, le contrat TTF front-month s’échangeait au-delà de 38 eur/mwh lundi matin 2 mars 2026.
Les prix de l’électricité en France ont chuté la semaine passée, notamment le contrat à livraison au prochain trimestre qui a atteint son niveau le plus bas depuis six ans à 21.10 eur/MWh. Ce fort rabattement s’explique par un excédent d’offre alimenté par le parc nucléaire français, très disponible, et alors que le mois de février n’a pas encore atteint son terme, la production éolienne et solaire a déjà atteint un record, et les précipitations ont gonflé les réservoirs à près de 400 % au-dessus de la moyenne décennale. La demande globale devrait encore diminuer à mesure que les températures printanières augmentent, réduisant les besoins de chauffage. Vendredi 27 février, le contrat front month French Power BaseLoad se négociait 35.29 eur/mwh, en repli de 23% sur la semaine.
Carbone : pressions intra-européennes pour réviser le système
Alors que son cours s’approchait des 90 eur/mT il y a à peine plus d’un mois, le cours spot des quotas carbone européens EUA est en retrait de -4.82% à 68.93 eur/mT sur la semaine passée, alors que le consensus des 27 établi pour garantir la transition énergétique semble s’effriter. En effet, l’Italie a lancé la contestation la plus virulente contre le système d’échange de quotas d’émission (ETS), le qualifiant d’inefficace et préjudiciable, et demande même sa suspension le temps d’une refonte complète. Cette remise en cause s’inscrit dans une dynamique où certains États membres cherchent des solutions rapides pour contrer les premiers signes de désindustrialisation, notamment en envisageant de supprimer les coûts carbones des factures d’électricité. Le futur du système d’échange de quotas d’émission reste largement incertain, à la fois politiquement et économiquement, ce qui se traduit par un retour en force de la volatilité.
De plus, La Commission européenne a proposé mardi 24 février de suspendre pendant un an les droits de douane de la nation la plus favorisée (MNF) sur les importations d’engrais azotés essentiels – notamment l’ammoniac et l’urée – pour tous les pays sauf la Russie et le Bélarus. Parallèlement, la Commission a déjà, en décembre 2025, mis en place une exception au calcul du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) pour les engrais, leur appliquant une majoration de 1 % au lieu de 10 %, avec une hausse progressive jusqu’à 30 % pour les autres secteurs. Cette mesure, conjuguée à la suspension temporaire des droits MNF, montre que l’UE cherche à préserver la compétitivité de son secteur agro alimentaire tout en sécurisant ses approvisionnements en matières premières stratégiques.
Métaux
Métaux de base : la fin des vacances
Le prix de l’aluminium se situe autour de 3,210 USD/MT en ce lundi matin (LME 3M) et a connu une progression hebdomadaire de 1.21% pour clôturer à 3,140USD/MT vendredi. Les craintes d’une offre mondiale serrée (contraintes de production et stocks physiques réduits) ont soutenu les cours de l’aluminium cette semaine, tandis que les primes élevées accordées aux importateurs asiatiques, notamment au Japon, témoignent d’une demande extérieure toujours forte. Néanmoins, les prises de bénéfices après les récents gains et la reprise timide de la demande dans certains centres manufacturiers, comme la Chine après les vacances, ont freiné le rythme des hausses.
Le cuivre atteint en fin de semaine un plus haut de 2 semaines à 13,526EUR/MT et est en hausse de 2.93% sur la semaine pour finir à 13 343.5USD/MT. Ce plus haut a été soutenu par la perspective de baisses des droits de douane américains qui pourraient améliorer les perspectives d'exportation pour la Chine, le premier consommateur. Mais une forte augmentation des stocks a signalé que les prix élevés ont réduit les achats physiques. Le cuivre a retrouvé des niveaux record après un léger repli, grâce aux nouvelles mesures commerciales américaines et à la baisse de la production minière. Les droits de douane de 10 % instaurés par l’administration Trump ne concernent pas le cuivre, qui reste soumis uniquement aux taxes « sécurité nationale ». Les stocks ont fortement progressé : à Shanghai (+80 409 t, le plus fort depuis 2010), dans les principaux marchés de consommation chinois (+≈150 000 t entre le 12 et le 24 février) et sur les bourses internationales (LME et COMEX proches de leurs plus hauts annuels). Les analystes anticipent toutefois une future réduction des stocks chinois et un regain d’intérêt des investisseurs.
Métaux Précieux : les valeurs refuges
L’or est en hausse de 3.36% sur la semaine pour clôturer à 5278.93 USD/Oz. Plus globalement, nos stratégistes relèvent leur prévision du prix moyen de l’or à 5 620 $/oz pour 2026 (+27 %) et anticipent un pic au delà de 6 250 $/oz d’ici fin d’année, ainsi qu’un prix moyen de 6 060 $/oz pour 2027. La demande de valeur refuge reste soutenue par les incertitudes politiques et commerciales mondiales. La demande physique, notamment via les ETF adossés à l’or physique, les achats chinois de lingots/pièces et les futures acquisitions des banques centrales, constitue le principal moteur de la hausse attendue. Enfin, la faiblesse du sentiment crypto et l’émergence de « stablecoins » (cryptoactifs adossés à des actifs de réserve, comme des devises) garantis en or pourraient renforcer davantage cette dynamique.
Progression plus marquée pour l’argent (+10.8%) pour terminer la semaine à 93.79 USD/Oz L’attrait pour le métal gris s’est renforcé sous l’effet combiné de la géopolitique (tensions autour du programme nucléaire États Unis/Iran et les incertitudes tarifaires américaines) qui relancent la recherche de valeurs refuges, poussant l'argent qui suit l’or à la hausse. S’ajoute à cela, la volatilité persistante liée aux débats sur les droits de douane et aux décisions judiciaires, ainsi qu’un rebond technique après la forte correction de fin janvier.
Agriculture
Blé : rebond du prix malgré une offre toujours très abondante
Le principal contrat actif Blé Meunier (Mai-26) a enregistré une hausse de +1.26% sur les cinq derniers jours, portée par la couverture massive de positions courtes face aux aléas climatiques en Europe et en Asie, et aux craintes de perturbations maritimes liées à une possible intervention américaine en Iran.
Sur la scène internationale, l’Inde a annoncé autoriser l’exportation de 2,5 millions de tonnes de blé. Le rehaussement des prévisions de récolte russe pour 2026 et les perspectives d’offre abondante en Australie renforcent également la pression baissière sur les cours.
À noter que suite à l'intervention militaire américaine en Iran ce week-end, le marché ouvre en hausse ce lundi et la tonne de Blé pour livraison Mai-26 s'échange à 203.500 euros, un niveau pas vu dans le marché depuis Juillet 2025.
Softs : le surplus mondial pèse sur les prix
Le contrat à terme sur le Sucre 11 New-York a terminé la semaine inchangé, la hausse attendu de la récolte brésilienne neutralisant le repli induit par la révision à la baisse de la production indienne, désormais estimée à 29,3 Mt. La perspective d’une offre brésilienne soutenue, malgré un glissement partiel de la canne vers l’éthanol dû à la faiblesse des prix du sucre, apaise les craintes de pénurie, tandis que les prix de l’éthanol baissent et incitent les sucreries à écouler leurs stocks avant la nouvelle campagne. En conséquence, les risques d’une chute des exportations indiennes sont contrebalancés par une offre brésilienne stable, maintenant le marché du sucre brut relativement neutre à court terme.
Le prix du Cacao Londres a de nouveau plongé la semaine dernière, amorçant ainsi un second mois de forte décélération provoquée par un excédent de stocks en Côte d’Ivoire et au Ghana. Face à la surabondance, les deux principaux producteurs ont abaissé les prix à la ferme et avancé le calendrier de leur récolte, relâchant la liquidité, mais intensifiant la pression baissière sur les cours mondiaux. Cette conjoncture de surplus combinée à une demande déboussolée alimente un climat de sur‑correction et de hedging accru, laissant les acteurs du marché incertains quant à l’évolution des contrats non réglés.
Enfin, les contrats à terme sur le Café Arabica terminent la semaine en repli de -1.28%, la perspective d’une récolte brésilienne record (180 M de sacs en 2026‑27) alimentant les craintes d’un excédent mondial. L’augmentation des stocks certifiés dans les entrepôts ICE, combinée à des précipitations favorables dans les principales zones de production, confirme une offre en pleine expansion, ce qui pèse à la baisse sur les cours. Ainsi, le marché entre dans une dynamique baissière alors que les acteurs anticipent une surabondance de café arabica dès la prochaine saison.
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