Matières premières : ballotées aux grés des passes d'armes
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30 mars 2026
Matières premières : ballotées aux grés des passes d'armes
salle des marchés
La pause des frappes US contre l’Iran a d’abord détendu le pétrole, mais le rejet du plan de paix, le blocage d’Ormuz et des frappes ont relancé brut et diesel. Le gaz a encore baissé malgré des tensions d’offre. En Europe, la fraîcheur a pesé sur l’électricité française avant un léger rebond. Le carbone a progressé, malgré un possible assouplissement de l’offre. L’aluminium s’est raffermi (Ormuz, bauxite, stocks bas) et le cuivre consolide son replis (déficit, électrification, IA). L’or s’est stabilisé après correction (pétrole, dollar, ventes), avec un biais moyen terme haussier. Le blé meunier a reculé (engrais perturbés), tandis que le blé d’hiver US progresse. Sucre et café Arabica ont monté (arbitrage énergie-canne, Brésil), quand le cacao de Londres a baissé sur fond de tensions en Côte d’Ivoire. Découvrez le décryptage du Desk Matières Premières de BNP Paribas en date du 30/03/2026.
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Energie : les prix des produits pétroliers swinguent. Le gaz et l’électricité en net repli.
La treizième semaine de l’année 2026 a été marquée, dès l’entame du lundi 23 mars, par l’annonce d’une pause de cinq jours des frappes américaines contre les infrastructures énergétiques iraniennes, sous couvert de rumeurs de négociations entre les deux pays, entrainant une baisse des cours du baril de Brent, du prix de la tonne de gasoil et du mégawatt heure de gaz naturel européen. Toutefois, le rejet du plan de paix américain en 15 points par l’Iran, jeudi 26 mars, le maintien du blocage du détroit d’Ormuz et la poursuite des frappes aériennes iraniennes, israéliennes et américaines dans la région, ont de nouveau exercé une pression haussière sur les prix de l’énergie en fin de semaine. De plus, des attaques ciblées de l’armée ukrainienne contre les installations énergétiques russes ont également contribué au retour de la pression haussière. Vendredi 27 mars 2026, le baril de Brent clôturait à 112.57 USD / bbl (+0.34% / 5 jours), tandis que le premier contrat ICE Gasoil s’échangeait en fin de séance à 1294.55 usd/ mT (+5.41 %).
Du côté du gaz, la tendance fut volatile et baissière sur la totalité de la semaine, malgré les tensions sur l’offre globale mondiale. En effet, trois usines australiennes, qui fournissent environ 8 % de la production mondiale de gaz naturel liquéfié, ont réduit leur production suite au passage d’un cyclone. Cela constitue un nouveau coup dur pour les acheteurs, principalement asiatiques, déjà durement touchés par l’arrêt des livraisons en provenance du Qatar, qui a stoppé ces dernières semaines la production de la plus grande usine de liquéfaction mondiale. Les contrats front month TTF et PEG s’échangeaient aux alentours de 54 EUR/ MWh vendredi 26 mars, en repli d’environ 9% sur la semaine.
Alors que les températures se sont brusquement rafraîchies en Europe occidentale au cours de la semaine, les prix de l’électricité française ont suivi la tendance baissière imposée par les prix du gaz. Le contrat front month French Power BaseLoad se négociait à 45.39 EUR/ MWh vendredi 26 mars à la clôture, en retrait de 9.47% sur les cinq dernières séances, malgré le rebond constaté en fin de semaine. D’après l’agence Bloomberg, un réchauffement stratosphérique soudain pourrait bientôt provoquer une vague de froid en Europe, avec des températures prévues bien en dessous de la moyenne décennale dès le début d’avril. Si l’Europe centrale devait être la première touchée, son impact s’étendrait à l’ensemble du continent. Cette baisse des températures coïncide avec une augmentation de la couverture nuageuse, qui réduit la production d’énergie solaire. Des vents plus forts pourraient contribuer à équilibrer le mix énergétique, mais la production d’électricité à partir du gaz pourra rester nécessaire, ce qui exercerait une pression à la hausse sur les prix de l’électricité.
Sur le marché du carbone européen, le prix du contrat spot ICE EUA 2 a progressé tout au long de la 12ᵉ semaine de l’année pour clôturer à 70,15 EUR/ t (+5.82 %), revenant dans une zone quittée en semaine 11 alors que le marché anticipait une profonde refonte du système EU ETS. C’est un message de soutien au système qui a été transmis la semaine passée. La Commission européenne s’apprête à proposer de rendre plus flexible le mécanisme de contrôle de l’offre de son marché du carbone afin d’éviter une volatilité excessive des prix, alors que les États membres expriment des inquiétudes quant à l’impact des coûts d’émission sur les factures d’énergie.
Métaux
Un aluminium attaqué qui réagit sur les marchés
Après les fortes corrections de la semaine précédente sur fond de négociation, l’aluminium repart à la hausse (+2.52%) pour clôturer la semaine à 3,296USD/MT. Les facteurs de hausse reposent à la fois sur des problématiques de flux, de production et de stocks. Le conflit perturbe le détroit d’Ormuz au Moyen-Orient, qui représente environ 8‑9 % de la production mondiale d’aluminium. Dernièrement, l’Iran a frappé deux usines dans les Émirats arabes unis et à Bahreïn, aggravant les perturbations d’approvisionnement dans une région clé pour la production mondiale. S’ajoutent à cela des difficultés d’approvisionnement en bauxite et alumine. Parallèlement, les stocks LME sont en chute (≈ 419k tonnes), alors que la production reste limitée par une forte intensité énergétique et une faible croissance des capacités évoqué plus haut, rendant le marché déjà tendu avant la crise et entrainant des retraits massifs de stocks (volonté de sécuriser le physique).
Fresh news : Suite aux attaques des usines de ce weekend, le cours a bondi de 5% ce lundi pour atteindre 3,445 USD/MT au moment où nous écrivons ces lignes.
Le cuivre est plus touché par des tendances de fond économique qu’à des sujets d’approvisionnement ou de flux comme l’aluminium. Après la correction de la semaine précédente (max -9.5%), le cuivre connait une croissance de 2.23% et clôture la semaine à 12,195 USD/MT. Globalement, le conflit impliquant l’Iran a déclenché un “risk-off” global engendrant une pression sur les métaux industriels. À moyen terme, les analystes conservent une perspective haussière : le marché du cuivre reste sous pression d’un déficit d’offre persistant, tandis que la demande continue de croître, notamment pour l’alimentation électrique et les applications liées à l’intelligence artificielle.
Des Precious relativement stables après la correction :
Après une forte correction liée au conflit, l’or se stabilise la semaine dernière pour clôturer autour des 4,500USD/Oz. Le choc macroéconomique déclenché par la guerre en Iran, via la hausse du pétrole et le renforcement du dollar – bénéficiaire du statut d’exportateur net d’énergie des États‑Unis – a provoqué une forte correction du prix de l’or. Cela est alimentée également par la montée des taux d’intérêt (attentes de relèvements de la Fed et de l’ECB en avril) qui rendent les obligations souveraines plus attractives, par des prises de bénéfices, ainsi que par la vente de réserves d’or par certains pays (comme la Turquie qui a vendu 8 mds USD d’or pour soutenir sa monnaie) mais également d’investisseurs qui revendent pour compenser les pertes d’autres sous-jacents. Malgré cette correction, les analystes restent haussiers à moyen terme : la dé‑dollarisation, la dette américaine liée au conflit et les incertitudes géopolitiques soutiennent la demande, et l’offre physique reste structurellement limitée. Les stratégistes BNP Paribas maintiennent leur objectif à 9 mois autour de 6 200 $/oz.
Agriculture
Le Blé Meunier se stabilise, les Etats-Unis face à la sécheresse
Du côté des grains, le contrat Blé Meunier termine la semaine en légère hausse de +0.35%, malgré les conséquences de la guerre en Iran qui perturbe les flux d’énergie et le commerce des engrais, et un eurodollar en baisse qui aurait pu soutenir un peu plus les grains européens sur les marchés internationaux. Aux Etats-Unis, le prix du blé d’hiver progresse fortement, en raison de la chaleur et de la sécheresse qui frappent actuellement les Plaines américaines, zone principale de production. Alors que les prévisions annoncent des températures records aux Etats-Unis, les marchés restent attentifs aux éventuelles précipitations qui pourraient réduire la prime de risque météo et stabiliser les cours.
Sucre en hausse, Café et Cacao en baisse : les softs sous tension
Le contrat Sucre #11 New-York a repris un peu de terrain et progresse de +0.38% sur les 5 derniers jours, soutenu par la flambée du pétrole. La hausse du brut rend plus rentable pour les sucreries brésiliennes de convertir la canne à sucre en éthanol, créant un arbitrage qui soutient les cours du sucre. Certains analystes anticipent un possible rebond jusqu’à 18 20 centimes/livre, mais les réserves brésiliennes et les couvertures de production pourraient limiter cette progression.
De son côté, le Café Arabica termine la semaine en retrait de -2.13% à New York, les attentes d’une hausse de la production brésilienne l'emportant finalement sur la rareté actuelle de l’offre. La contrainte d’approvisionnement à court terme au Brésil et les retards d’expédition depuis l’Afrique de l’Est maintiennent des primes élevées pour les livraisons rapides, même si les précipitations attendues devraient favoriser une campagne record au Brésil. Malgré ces fondamentaux encourageants, les risques géopolitiques et les tensions logistiques maintiennent une volatilité élevée et la sensibilité du prix aux chocs de court terme.
Enfin, le Cacao Londres termine lui aussi la semaine en baisse de -2.00%, toujours sous les 2,500 gbp/tonne. Les représentants des producteurs de cacao ivoiriens menacent de bloquer les expéditions portuaires dès le 1er avril tant que les stocks, estimés à 200,000 tonnes, restent invendus, les agriculteurs détenant encore 60,000 tonnes sur les 100,000 tonnes que le Conseil Café Cacao s’était engagé à acheter. Le gouvernement a avancé la récolte intermédiaire à mars et baissé les prix à la ferme de 57% pour aligner les coûts locaux sur le marché mondial.
Selon les spécialistes, cette impasse expose un déséquilibre persistant entre l’offre ivoirienne et la demande internationale, créant un risque de perturbation de la chaîne d’approvisionnement du cacao.
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