Matières premières : Baisse sur l’énergie, contrastant avec les Métaux
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07 avril 2026
Matières premières : Baisse sur l’énergie, contrastant avec les Métaux
salle des marchés
Le possible retrait américain du conflit au Moyen-Orient a fait baisser l’énergie, l’espoir d’un trafic rétabli dans le détroit d’Ormuz étant limité par les hostilités toujours présentes. L’électricité française chute avec le printemps et le gaz faiblit. L’aluminium grimpe, le cuivre progresse modestement, l’or oscille entre rebond et prise de bénéfices, et l’argent suit avec une volatilité moindre. Le blé et le sucre reculent, le café monte et le cacao augmente face aux sécheresses africaines et au risque El Niño. Pour anticiper ces mouvements stratégiques, le Desk Matières Premières vous propose ce décryptage des marchés de l'énergie, des métaux et de l'agriculture, en date du 07/04/2026.
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Energie
Oil & Gas : Baisse des cours dans l’espoir de la réouverture du détroit d’Ormuz
L’actualité principale de la semaine passée sur le marché du pétrole et du gaz naturel a été l’annonce mardi 31 mars du président Trump de vouloir se retirer du conflit au Moyen-Orient d’ici les prochaines semaines. Cela a été interprété comme un signal fort, augmentant les chances d'un cessez-le-feu et de la reprise des flux à travers le détroit d’Ormuz, qui a entrainé une baisse de 13 % des prix du pétrole sur la journée.
Toutefois, à l’approche du week-end de Pâques, pendant lequel la majorité des places financières sont fermées, la poursuite des hostilités à travers des frappes croisées et notamment des combats directs dans le cadre d’une opération spéciale américaine de recherche et exfiltration d’un pilote de chasse US dont l’appareil a été ciblé par les forces iraniennes, ont effacé en partie la baisse des prix. Malgré des nouvelles parfois contradictoires concernant les négociations, les faits montrent que les hostilités persistent, que les positions de négociation restent inflexibles et que les attaques contre les infrastructures énergétiques se multiplient. Les attaques contre l’Iran se poursuivent, touchant notamment le secteur pétrochimique ; le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis et l’Irak ont également vu leurs infrastructures énergétiques endommagées, illustrant la logique de réciprocité des hostilités. Cela augmente le risque de dommages à long terme sur les infrastructures essentielles. Le dernier délai fixé par le président Trump expire mardi 7 avril 2026, ce qui pourrait entraîner de nouvelles attaques contre les infrastructures critiques.
Côté prix, le cours du premier contrat ICE Brent a varié de -2.96% sur 5 jours et se stabilisait autour de 109 usd/bbl en fin de semaine. A l’heure où nous écrivons ces lignes mardi 7 avril 2026, son cours augmentait à 111.44 usd/bbl. Pour le 1er contrat ICE Gasoil, la dynamique fut, et reste similaire, avec un repli de -4% sur la semaine, et une progression à la suite du week-end Pascal à 1,280 usd/mT.
Sur le gaz naturel européen TTF et PEG français, alors que les cours des contrats fronth month avaient chuté d’environ 7.5% sur la semaine et clôturaient dans la zone des 50 eur/mwh avant le week-end de Pâques, les prix ont légèrement repris à la hausse mardi 7 avril au matin après que le président américain Donald Trump a menacé de détruire des infrastructures iraniennes si aucune entente n’est conclue avant 20h ce jour. Cette menace a fait bondir les contrats à terme de référence de +3,1 %, après une hausse cumulative de plus de 55 % depuis le début du conflit. Le marché observe désormais l’ultimatum de Trump, craignant que des restrictions prolongées compliquent le réapprovisionnement des stocks européens, qui ne sont remplis qu’à environ 28 % en vue de l’hiver. L’interdiction iranienne de faire passer des cargos de GNL via le détroit d’Ormuz accentue la tension sur le marché mondial du GNL.
Electricité et CO2 : Prix en baisse à l’arrivée du printemps
Le prix de l’électricité française, à travers le contrat front month French Power BaseLoad, chute de manière spectaculaire à 20.20 eur/mwh mercredi 1er avril (-55%) pour rester dans cette zone. Il s'agit d'un effet technique lié au changement de mois, combiné à l'effet du passage de la période hivernale vers la période estivale. On notera un prix en hausse à l’ouverture mardi 7 avril au matin, autour de 23.70 eur/mwh. Cette forte baisse est également due au repli généralisé de l’électricité européenne, fortement dépendante des prix du gaz en baisse, mais également des prévisions météorologiques annonçant des températures changeantes, mais largement au-dessus des normales de saison pour les prochaines semaines, réduisant ainsi les prévisions de demande de chauffage.
L’actualité est également fournie au sujet des quotas carbone européens EUA, alors que la Commission européenne a proposé mercredi 1er avril de supprimer l’invalidation des quotas dans la Réserve de stabilité du marché (RSM) du système d’échange de quotas d’émission (EU ETS). Cette modification vise à renforcer « la stabilité et la prévisibilité » du principal mécanisme carbone de l’UE. Le texte ne précise pas la publication des repères de l’allocation gratuite pour 2026 2030, attendus initialement dans la même proposition. Le marché des EUA a rebondi face à l’incertitude persistante d’une évolution baissière du EU ETS, les prix évoluant vers la partie supérieure de la fourchette 70 75 €/t, avant de replonger en fin de semaine, le prix spot EUA phase 4 clôturant à 70.24 eur/mt jeudi 2 avril 2026. Information à noter en provenance de l’autre côté de la Manche, le Parti conservateur britannique, sous la direction de Kemi Badenoch, propose d’abolir le système d’échange de quotas d’émission du Royaume-Uni (UK ETS) afin de protéger l’industrie nationale des taxes carbone, proposition soutenue par Sir Jim Ratcliffe d’Ineos. Bien que certaines multinationales soutiennent l’idée, le gouvernement perdrait environ 2,7 milliards de livres de recettes, soit seulement 0,22 % des recettes publiques, ce qui rend la suppression partiellement tolérable. Cependant, elle placerait le Royaume-Uni en conflit avec l’UE, qui maintient son propre ETS et envisage un lien avec le système britannique. L’introduction prochaine du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) devrait compenser la perte des UK ETS en assurant une concurrence équitable et en limitant les fuites de carbone. Le marché n’a guère réagi, les prix du carbone (UKA) ayant même augmenté.
Métaux : des métaux globalement en rebond
Base Metals :
L’aluminium progresse encore de 6.45% cette semaine et apparait ce matin à 3,514 USD/MT. Le marché de l’aluminium traverse une “crise d’offre” déclenchée par le conflit au Moyen-Orient : des frappes sur des sites industriels clés (Bahreïn, Émirats, Qatar) touchent directement une partie de la production mondiale (le Moyen-Orient représente 20 % de la production hors Chine, qui elle même a limité ses exportations), tandis que les flux logistiques sont perturbés par la fermeture du détroit d’Ormuz. Dans un contexte déjà haussier, lié à la transition énergétique et aux contraintes d’offre, la guerre a intensifié la “supply crisis”. Face à cela, les industriels ont sécurisé leurs besoins sur les marchés physiques, réduisant davantage les stocks disponibles accentuant encore la hausse.
Le cuivre réagit moins fortement et progresse de 1.55% depuis la semaine dernière pour apparaitre ce matin 12,365 USD/MT. Après une forte baisse fin mars (phase de correction lié au conflit après excès haussier), le cuivre tente un rebond technique, mais reste sous pression. Le marché est encore fragile, sans retournement clair. Les incertitudes économiques mondiales, et le ralentissement industriel dans certaines régions réduisent la demande prévue de cuivre, poussant les investisseurs à adopter une attitude prudente. Néanmoins, le contexte fondamental demeure haussier : un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande, alimenté par la transition énergétique et l’électrification mondiale, soutient une dynamique positive du marché.
Precious Metals :
L’Or apparait en hausse de 3.87% depuis le 27/03 à 4,669 USD/Oz ce matin.
Deux phases observées sur la semaine :
En début de semaine, l’or a rebondi jusqu’à environ 4 780 $, soutenu par la faiblesse du dollar qui le rend plus attractif, l’espoir d’une désescalade du conflit iranien au Moyen-Orient et le retour des anticipations de baisse des taux d’intérêt.
Puis l’or recule avec en cause des prises de bénéfices après le rebond, se conjuguant à la persistance d’incertitudes, laissant le marché hésitant.
L’argent continue de suivre l’or avec une volatilité moindre cette semaine qui est en hausse de 3.71% et apparait ce matin à 72.42 USD/Oz
Agriculture : Les prix du blé en baisse, malgré tout
Le contrat Blé Meunier Euronext pour livraison Mai-26 termine la semaine en repli de -0.94%, alors que le climat géopolitique (le rejet iranien d’une proposition de cessez-le-feu et la hausse des coûts d’engrais liés aux tensions au détroit d’Ormuz) alimente un sentiment haussier parmi les fonds d’investissement, qui misent pour la première fois depuis près de quatre ans sur une reprise du blé.
Côté américain, les prix ont également baissé sous l’effet d’une averse attendue qui devrait soulager la sécheresse sévissant dans les grandes zones de culture, notamment au Kansas. L’USDA prévoit toutefois que les surfaces cultivées aux États-Unis atteindront leur plus bas niveau depuis 1919, laissant le marché dépendant d’une évolution incertaine entre météo, guerre et politiques d’offre.
La géopolitique pèse sur les prix du Sucre, la météo fait monter ceux du Café et du Cacao
Le repli des prix du pétrole a tiré les prix du Sucre #11 New-York à son plus bas niveau depuis près de quinze jours, réduisant l’incitation des sucreries brésiliennes à convertir la canne en éthanol. L’intérêt ouvert sur les contrats à terme sucriers atteint son plus bas niveau depuis janvier, signe d’un désengagement des acteurs qui réorientent leurs capitaux vers d’autres matières premières. Malgré ces pressions, les conditions climatiques favorables au Brésil soutiennent l’offre de canne.
De son côté, le Café Arabica termine les cinq derniers jours en hausse, malgré des prévisions confirmées en faveur d’un surplus mondial de 10 millions de sacs pour 2026 27, porté par une récolte record attendue au Brésil et une production accrue en Ouganda, Côte d’Ivoire et Vietnam. Malgré ce surplus, les stocks resteront hétérogènes et la normalisation du marché dépendra de la confirmation des rendements brésiliens et des aléas climatiques dans les autres zones productrices. La production devrait, quant à elle, baisser dans plusieurs pays d’Amérique centrale et en Colombie, limitant partiellement la dynamique haussière du surplus.
Enfin, les prix du Cacao Londres ont progressé, le marché réagissant à une sécheresse persistante en Côte d’Ivoire et au Ghana, les deux plus grands fournisseurs mondiaux. En outre, certains analystes estiment que le risque lié aux conséquences d’El Niño cet été pourrait aggraver la sécheresse pendant la période cruciale de la récolte. Cela intensifie les craintes d’une offre restreinte et d’une volatilité accrue des prix.
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