ESPACE MEMBRES
29 juin 2022

Exporter et s’implanter en Algérie : quelles opportunités ?

Les entreprises françaises exportent près de 5 Mds$ vers l’Algérie. Des centaines sont déjà implantées dans le plus grand pays d’Afrique. Pourquoi pas la vôtre ? Le point avec Djahid Chekhchakh, responsable Trade Center BNP Paribas Algérie.

Se développer à l'international

Abonnez-vous à cette thématique pour rester informé

clap
1
comments
duration3 min
share
Partager

Quelle est la situation économique en Algérie ?


Djahid Chekhchakh : Fortement dépendante de l’exportation des hydrocarbures, l’économie algérienne a traversé une période compliquée lorsque, au cœur de la crise de la Covid-19, les recettes ont chuté en raison d’une baisse de la demande mondiale, et alors que le prix du baril était déjà très bas.

Mais, l’embellie s’est profilée dès le rebond du cours du pétrole et des profits générés par les exportations hors hydrocarbures. Si bien qu’en 2021, la balance commerciale de l'Algérie est redevenue excédentaire, ce qui n’était plus arrivé depuis des années. Cette bouffée d’oxygène profite à l’économie nationale et va permettre de relancer les investissements stratégiques.

Quant aux entreprises algériennes, elles se sont adaptées notamment grâce au digital. La crise les a contraintes à faire un bond en avant notable sur le plan technologique.


Quelle est la politique du gouvernement algérien en ce qui concerne les importations ?


Djahid Chekhchakh : La ligne conductrice du gouvernement est claire depuis plusieurs années : priorité à la production nationale et, par là même, à la protection des réserves en devises du pays. Son objectif est de limiter les importations de produits de luxe, nocifs pour la santé, et ceux qui concurrencent les biens produits en quantité suffisante en Algérie. C’est dans ce but que le droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS), dont le taux varie entre 30 à 120%, vient d’être étendu à 2 608 produits (contre 992 précédemment). Selon la Direction générale du Trésor français, en 2020, l’Algérie importait auprès des entreprises françaises essentiellement des produits agricoles, des produits pharmaceutiques et des véhicules et accessoires automobiles. 

En parallèle, depuis le mois de mars 2020, les importateurs de marchandises destinées à la vente en l’état doivent se conformer à un cahier des charges strict. Par exemple, ils doivent présenter leurs programmes prévisionnels annuels d’importation et fournir, une fois par semestre, les statistiques concernant l’état des ventes et les quantités en stock. La restructuration de la réglementation de l’activité de revente en l’état oblige les importateurs algériens à se spécialiser sur un seul type de produits. C’est une façon d’épurer le marché d’opérateurs qui ne présenteraient pas les garanties et les expertises nécessaires pour exercer.

Enfin, dernière nouveauté qui intéressera les exportateurs français : instauré par la loi de finances 2021, le paiement des opérations d’importation des produits destinés à la vente en l’état, au moyen d’un instrument de paiement dit "à terme" payable à 45 jours, à compter de la date de l’expédition des marchandises, vient d’être supprimé par la loi de finances 2022.


Est-ce le bon moment pour investir en Algérie ?


Djahid Chekhchakh : Oui car, très clairement, le gouvernement algérien a la volonté d’encourager les investissements directs à l'étranger (IDE). Il a notamment supprimé la règle des 51/49, qui était en vigueur depuis 2009 et qui imposait aux investisseurs étrangers de trouver un partenaire local pour s’implanter et de lui accorder 51% du capital social. Les activités stratégiques (secteurs de l’énergie et des mines, de l’industrie pharmaceutique et des transports) et la revente en l’état restent néanmoins soumises à cette obligation.

 

L’Algérie, qui se positionne historiquement et géographiquement comme une porte d’entrée sur l’Afrique subsaharienne et l’Afrique de l’Ouest, présente de réels avantages concurrentiels : coût de l’énergie et de la ressource humaine, disponibilité de certaines matières premières, plusieurs secteurs vierges, etc. 
Djahid Chekhchakh, responsable Trade Center BNP Paribas Algérie

 

Pour en savoir plus, la direction générale des impôts algérienne a publié un ouvrage fort instructif, le Guide fiscal de l’investisseur en Algérie. Vous pouvez également consulter la plateforme Trade Solutions gratuitement mise à disposition par BNP Paribas ou le site spécialisé Algeria Invest.

Quoi qu’il en soit, le marché algérien est régulé sur le volet Trade et investissements et nécessite un accompagnement pour la bonne fin des opérations. Par exemple, le transfert des dividendes vers l’étranger au profit de personnes physiques ou morales non résidentes en Algérie est soumis à une analyse préalable de la part des banques afin de s’assurer de la conformité du dossier et le respect des conditions en la matière. 

clap
1
comments
duration3 min
share
Partager