Matières Premières : Retour au calme diplomatique & canicule estivale
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06 juillet 2026
Matières Premières : Retour au calme diplomatique & canicule estivale
salle des marchés
Les marchés de l’énergie et des matières premières oscillent entre tensions géopolitiques, chocs climatiques et révisions de politique monétaire. Le brut recule face à des perspectives d’offre accrue, tandis que le gaz européen s’enflamme sous la canicule et que le gaz américain se consolide grâce à des réserves abondantes. L’électricité subit les coups de chaleur et les coupes nucléaires, provoquant des pics de prix. Le carbone reste prisonnier d’incertitudes réglementaires, le cuivre et l’aluminium se recentrent sur les fondamentaux de la transition énergétique, et l’or retrouve son attrait après la désinflation des anticipations de taux et le repli du dollar. Les produits agricoles intègrent le risque climatique : le blé fait face à une saison incertaine, le sucre et le café s’envolent sous la menace d’El Niño, et le cacao vacille devant les aléas pluviométriques en Afrique de l’Ouest.
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Énergie
Semaine 27 de l’année 2026, entre apaisement géopolitique et stress climatique :
Pétrole & Dérivés
Le marché du brut a été rythmé par une forte volatilité géopolitique, oscillant entre tensions et espoirs diplomatiques. Le Brent a d'abord progressé au-delà des 72 USD suite aux affrontements entre les États-Unis et l'Iran dans le détroit d'Ormuz, pour finalement se stabiliser à 72,12 USD le 3 juillet, marquant une légère progression de 0,13 USD (+0,18 %) sur la semaine. Cependant, cette tendance s'est inversée dès le lundi 6 juillet, le cours repassant sous la barre des 72 USD. Ce nouveau repli est alimenté par des craintes de surplus d'offre, accentuées par la normalisation des flux dans le détroit d'Ormuz et la décision de l'OPEP+ d'augmenter les quotas de production de 188 000 barils par jour pour le mois prochain. En parallèle, les prix de l'essence aux États-Unis stagnent autour de 2,90 USD le gallon, proche de leurs plus bas sur trois mois. À l'inverse, les produits raffinés, et particulièrement le Gasoil, avaient affiché une tendance haussière marquée jusqu'au 3 juillet. Le Gasoil ICE a grimpé à 905,83 USD (+23,41 USD, soit +2,65 %), tandis que le Gasoil Fob Rotterdam a atteint 873,37 USD, soit une hausse notable de 42,21 USD (+5,08 %) sur la période, portée par les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes.
Gaz Naturel
Le gaz naturel européen a connu une semaine très nerveuse, marquée par une hausse significative des prix. Le TTF a progressé pour atteindre 45,10 EUR/MWh (+4,32 EUR, soit +10,6 %), et le PEG a suivi une trajectoire similaire pour s'établir à 44,60 EUR/MWh (+4,43 EUR, soit +11,0 %). Ce mouvement a été alimenté par un double facteur : d'une part, les inquiétudes sur l'approvisionnement liées aux tensions au Moyen-Orient et, d'autre part, une canicule historique en Europe ayant dopé la demande pour répondre aux besoins de refroidissement. Le marché américain a suivi une trajectoire opposée, le Henry Hub s'orientant légèrement à la baisse pour s'établir à 3,196 USD/mmbtu (-0,035 USD, soit -1,08 %), soutenu par des stocks domestiques robustes.
Power
Le secteur électrique a été mis sous pression par des conditions météorologiques extrêmes. La canicule a provoqué des perturbations majeures, notamment en Allemagne et au Royaume-Uni, tout en forçant la France à réduire la production de ses réacteurs nucléaires, avec des coupes atteignant jusqu'à 12 % de la capacité totale. Bien que le prix du Power Base Load français soit resté relativement stable, passant de 63,95 EUR/MWh à 64,33 EUR/MWh (+0,38 EUR, soit +0,60 %), ces tensions sur l'offre ont engendré des pics de prix spectaculaires sur les marchés spot, notamment en Allemagne où les cours ont franchi la barre des 500 EUR/MWh.
Carbone
Le marché des quotas d'émission (EUA) a évolué dans un canal étroit, restant globalement stable avec un prix clôturant à 79,61 EUR, soit une progression marginale de 0,39 EUR (+0,49 %) sur la semaine. L'activité a été principalement dictée par l'incertitude politique entourant le futur paquet de réforme de l'ETS. Le marché a ainsi réagi vivement à des rumeurs de réformes pessimistes le mardi, avant de se rétablir rapidement le lendemain lorsque ces informations ont été qualifiées de fausses. Les investisseurs demeurent désormais dans l'attente des annonces officielles de la Commission européenne.
Métaux
Métaux de base : accalmie générale
Après un premier semestre marqué par une forte volatilité, le cours du cuivre se stabilise autour de 13 300 USD/t. Le marché consolide actuellement ses gains, oscillant entre des facteurs de soutien structurels (transition énergétique et l'électrification) et des incertitudes macroéconomiques liées aux indicateurs chinois et américains. Du côté de l’aluminium au LME, après un fort repli fin juin, le cours s'est stabilisé entre 3 080 et 3 130 USD/t, soutenu par la baisse des stocks sous les 300 000 t et des anticipations monétaires américaines plus souples. Cette phase de stabilisation marque la disparition de la « prime de guerre » liée au Moyen-Orient, laissant place à un marché focalisé sur les fondamentaux, bien que la prudence persiste face aux incertitudes sur les droits de douane américains. Cette stabilité est renforcée par un apaisement des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, ainsi que par le repli du dollar et l'espoir d'un assouplissement monétaire de la Réserve fédérale, des éléments qui continuent de soutenir les prix.
Métaux précieux : L'or retrouve un peu d’éclat
Au cours des cinq derniers jours, le cours mondial de l’or a nettement rebondi, gagnant un peu plus de 2 % sur la semaine après un point bas le 30 juin et retrouvant un plus haut de près de deux semaines autour de 4 200 USD/oz avant de légèrement se stabiliser depuis vendredi. Cette hausse s’explique principalement par la publication de statistiques américaines sur l’emploi nettement plus faibles qu’attendu (57 000 créations de postes en juin contre 110 000 attendues), ce qui a conduit les marchés à réduire leurs anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale. Des taux d’intérêt attendus plus bas diminuent le coût d’opportunité de la détention d’un actif non rémunéré comme l’or et soutiennent donc son prix. Dans le même temps, le repli du dollar en fin de semaine a renforcé l’attractivité du métal jaune pour les acheteurs internationaux. En ce début de semaine, l’or cède toutefois une faible partie de ses gains sous l’effet d’un léger rebond du dollar américain. La baisse reste limitée, les investisseurs continuant de privilégier le métal précieux dans l’attente de nouvelles indications de la Réserve fédérale, notamment avec la publication prochaine des minutes du FOMC.
Agriculture
Grains : les cours intègrent le risque climatique
Le contrat Blé Meunier pour livraison Septembre a terminé la semaine en légère baisse de -0.62%, même si les inquiétudes quant à une offre plus limitée à l’échelle globale sont croissantes. La révision à la baisse de la surface semée aux États-Unis (6% de moins que prévu) ainsi que l'intégration du risque climatique pèsent sur les récoltes européennes.
En France, La récolte de blé progresse malgré les dégâts causés par la vague de chaleur aux cultures. Environ 26% de la récolte de blé tendre a été moissonnée, un chiffre en hausse par rapport à la semaine précédente et nettement supérieur à celui de l'année dernière à la même période, selon FranceAgriMer. Au 29 juin, environ 68% du blé tendre français était en bon ou très bon état, contre 74% une semaine auparavant. L'état des cultures s'est détérioré en France dans un contexte de vague de chaleur intense à travers l'Europe.
Softs : El Niño au centre de toutes les préoccupations
Le contrat Sucre #11 New-York a terminé la semaine en hausse de +6% et a même atteint un plus haut de plus d’un mois à 15,25 centimes de Dollar US la livre, porté par un rachat massif des positions courtes des fonds face aux menaces climatiques d'El Niño et à des prévisions de mousson déficitaires en Inde. Parallèlement, la prime du sucre blanc atteint son plus haut niveau depuis 2024, alimentée par une vague de chaleur européenne qui menace la production de betterave sucrière.
De son côté, le Café Arabica a réalisé sa plus forte hausse depuis juillet 2022, avec un bond de +8% en une journée et une progression de +10% sur les cinq derniers jours, alors que les traders anticipent une pénurie à court terme due aux retards de récolte et aux stocks historiquement bas au Brésil. Les producteurs brésiliens, soutenus par de solides bilans, retiennent leurs ventes en attendant une remontée des prix, tandis que les maisons de négoce et les spéculateurs se repositionnent à l’achat, accentuant la dynamique haussière.
Enfin, le Cacao Londres cède -2% sur la semaine écoulée et clôture en-dessous des 4,000 gbp la tonne : les fortes pluies qui s’abattent sur la Côte Ivoire, premier producteur mondial de cacao, entravent l’accès aux plantations et suscitent des inquiétudes quant à la propagation de la pourriture brune, augmentant ainsi les risques sanitaires pour la récolte. Certains exploitants de l’Ouest du pays ne peuvent plus pulvériser leurs traitements phytosanitaires, tandis que les agriculteurs ghanéens signalent, au contraire, que les précipitations ont stimulé le développement des plantations. Cela accentue la volatilité de l’offre de cacao et alerte les acteurs du marché sur un possible resserrement des approvisionnements à moyen terme.
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