Matières Premières : Pétrole, or, blé soumis à la géopolitique
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27 juillet 2026
Matières Premières : Pétrole, or, blé soumis à la géopolitique
salle des marchés
La semaine fut dominée par l’impact des tensions au Moyen-Orient sur les marchés de l’énergie. Le gaz et le pétrole ont connu des rebonds importants, entraînant à leur tour une hausse de l’électricité française, amplifiée par la réduction de la production nucléaire due au récent épisode caniculaire. Sur les métaux de base, l'effet de la reprise du conflit au Moyen-Orient pèse sur les cours de l'aluminium, tandis que le cuivre était sensible à la demande robuste venue de Chine. Les métaux précieux, dont l'or, sont toujours attentistes des décisions des banques centrales US et européennes, qui tardent à relever leurs taux directeurs, ce qui a pour effet immédiat d'apporter plus de volatilité pour peu de performance. Sur le front agricole, les perturbations logistiques en Mer Noire ont temporairement fait grimper le blé, mais les cours se sont stabilisés, tandis que le maïs a profité d’une offre améliorée et le colza a réagi à des perspectives de rendements plus favorables.
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Énergie
Énergie : Vers un nouveau cessez-le-feu au Moyen-Orient ?
Le Brent a bondi de près de dix pour cent, passant de 88,10 USD le 17 juillet à 96,78 USD le 24 juillet (+8,68 USD). Cette hausse reflète les craintes d’interruption des flux pétroliers provoquées par les nouvelles frappes américaines contre l’Iran (13 nuits consécutives), qui ont ravivé l’appréhension de la fermeture du détroit d’Ormuz. Le lundi 27 juillet, le Brent s’établissait à 90,22 USD, un léger repli après une deuxième nuit consécutive sans frappes américaines sur l’Iran. Le gazole ICE a progressé de 5,99 % (de 1 144,58 USD / t à 1 213,17 USD / t). Le même facteur géopolitique a alimenté le rallye du diesel, les marchés redoutant une réduction de l’offre en provenance du Moyen-Orient.
Dynamique similaire sur le marché du gaz naturel, le contrat front month du TTF, indice de référence du gaz naturel européen, a gagné 10,78 % (de 57,40 EUR à 63,58 EUR /MWh). La montée du prix s’explique par la crainte d’une réduction de l’approvisionnement en gaz liquéfié, notamment face à la situation dans le détroit d’Ormuz. Le 22 juillet, un incendie, causé par une frappe iranienne sur un navire transportant du GNL, a matérialisé ces craintes. L’indice de gaz français PEG a enregistré une hausse de 11,29 % (de 57,42 EUR à 63,90 EUR /MWh) sur les cinq jours. Outre le facteur géopolitique, la demande marginale de gaz en France s’est accrue pour pallier la baisse de production d’électricité de source nucléaire, suite aux fortes chaleurs. Le Henry Hub a légèrement reculé de 1,37 % (de 2.91 USD à 2.87 USD /MMBtu). Ce léger glissement reflète la combinaison d’une offre américaine suffisante et d’une baisse momentanée de la peur de rupture d’approvisionnement, bien que le conflit reste actif.
Le French Power Base Load a bondi de 18,41 % (de 85,27 EUR à 100,97 EUR /MWh). Deux facteurs ont conduit à ce rebond : d’une part, la canicule exceptionnelle a forcé la réduction d’électricité de source nucléaire, la température de certains cours d’eau, utilisés pour le refroidissement de ces derniers étant trop élevée ; d’autre part, la part marginale du gaz naturel dans le mix électrique français a augmenté, le gaz étant lui-même sous pression à la hausse. Le lundi 27 juillet, le prix de l’électricité était de 91,00 EUR /MWh, marquant une petite correction après le pic de la semaine.
L’EUA Phase 4, indice du carbone européen, a progressé de 5,46 % (de 78,18 EUR à 82,45 EUR /t) entre le 17 et le 24 juillet. Cette hausse a suivi les annonces de réforme de l’ETS qui ont d’abord stimulé les anticipations de baisse des prix avant d’être tempérée par les craintes d’une demande plus modérée, poussant les prix à la hausse. Le 27 juillet, le prix était de 82,74 EUR /t, légèrement en retrait du niveau du 24 juillet.
Métaux
Des Métaux de base en forte volatilité*
Le marché des métaux de base a été marqué par une dynamique contrastée, oscillant entre tensions géopolitiques et réorientations stratégiques industrielles. Le cuivre a connu une semaine de forte volatilité, atteignant des sommets de plus de six semaines grâce à une combinaison de facteurs : une réduction marquée des stocks mondiaux, une demande robuste en provenance de Chine et des perturbations de l'offre causées par des tempêtes au Chili. Malgré des inquiétudes liées à l'inflation et à l'escalade du conflit entre les États-Unis et l'Iran, le cuivre a fini la semaine en hausse, soutenu par un apaisement relatif des tensions au Moyen-Orient en fin de période. De son côté, l'aluminium a évolué dans un contexte de consolidation. Si les importations chinoises ont chuté en juin en raison d'arbitrages défavorables rendant le métal étranger plus coûteux que la production locale, le secteur a été fortement influencé par les nouvelles politiques américaines. L'administration Trump a mis en place des incitations tarifaires visant à encourager la relocalisation de la production et de la transformation de l'aluminium aux États-Unis, notamment pour sécuriser la chaîne d'approvisionnement de la défense nationale. Enfin, malgré les perturbations logistiques et les dommages causés à des fonderies dans le Golfe, les prix de l'aluminium sur le LME ont fini par se stabiliser, effaçant les primes de risque liées aux tensions régionales.
Métaux précieux ballotés au gré des annonces…
Le secteur des métaux précieux a été dominé par l'incertitude géopolitique et les perspectives monétaires de la Réserve fédérale américaine. L'or a traversé une semaine mouvementée, enregistrant une perte hebdomadaire significative le 23 due à l'intensification des affrontements entre les États-Unis et l'Iran. Cette escalade a provoqué une hausse des prix du pétrole, alimentant les craintes inflationnistes et renforçant les attentes de taux d'intérêt élevés pour une période prolongée, ce qui a réduit l'attrait de l'or en tant qu'actif non rémunérateur. Toutefois, le métal a montré des signes de résilience, rebondissant le 24 lors de l'apparition d'espoirs de désescalade diplomatique et de la proposition d'un cessez-le-feu en Iran. Par ailleurs, une dynamique intéressante a été observée sur le marché chinois, où les importations d'or ont atteint un sommet de deux ans en juin. La baisse des cours internationaux, conjuguée à une monnaie locale forte, a rendu le métal précieux particulièrement attractif pour les investisseurs et les banques chinoises, qui ont profité de cette opportunité pour reconstituer leurs stocks face à une demande de détail soutenue.
Agriculture
Agriculture : Le cours du blé chahuté
Le blé a affiché une stabilité apparente sur la semaine, à 236,25 EUR/mT. Cependant, le cours a oscillé fortement au cours de la période, atteignant 247 EUR /t le 23 juillet avant de redescendre à son niveau de départ. Cette volatilité s’explique par les attaques contre les navires chargeurs de céréales en mer Noire, qui ont créé une hausse temporaire des prix, puis par une amélioration de la situation logistique à la fin de la semaine. Le lundi 27 juillet, le blé était à nouveau à 236,25 EUR /t. Le maïs a progressé de 4,85 % (de 247,5 EUR à 259,5 EUR /t). L’amélioration de l’offre en Amérique du Sud et la moindre pression sur les exportations russes ukrainiennes ont soutenu ce rebond. Le colza a reculé de 5,19 % (de 544 EUR à 515,75 EUR /t). Les prévisions de rendements plus élevés en Europe de l’Est et la concurrence accrue du tournesol ont pesé sur le cours.
Le soja a gagné 3,61 % (de 1 204,5 cents / bu à 1 248 cents / bu). Une demande asiatique soutenue, combinée à la hausse du prix du gaz qui rend les cultures alternatives moins attractives, a alimenté cette progression. Le café Arabica a reculé de 4,46 % (de 328,45 cents / lb à 313,80 cents / lb). Les prévisions de pluies abondantes au Brésil, susceptibles de retarder la récolte et de détériorer la qualité des grains, ont fait baisser les prix. Le sucre #11 est resté quasi inchangé, passant de 14,83 cents / lb à 14,77 cents / lb ( 0,41 %). L’amélioration des précipitations de mousson en Inde a atténué les inquiétudes de pénurie, maintenant le cours à un niveau stable. Le cacao a légèrement baissé de 1,86 % (de 4 096 £/t à 4 020 £/t). Après un rebond tiré par la hausse des producteurs nord-américains au deuxième trimestre, le marché s’est recentré sur les perspectives de demande en Europe et en Asie. Le prix du 27 juillet était de 4 020 £/t, identique à celui du 24 juillet. Le coton a progressé de 1,92 % (de 77,07 cents / lb à 78,55 cents / lb). Les tensions maritimes au détroit d’Ormuz et une légère contraction de la demande chinoise ont limité la pression baissière, soutenant le cours.
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