04 août 2026

Fraude au faux technicien : comment protéger son entreprise ?

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cybersécurité

La fraude au faux technicien est souvent méconnue. C’est pourtant l'un des schémas de fraude actuels les plus courants, qui cible particulièrement les PME. Apprenez comment les escrocs procèdent et rappelez à vos collaborateurs les risques et les bons réflexes à avoir en cas d’appel d’un technicien.

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Qu'est-ce que la fraude au faux technicien ?

L’escroquerie au faux technicien consiste, pour l’escroc, à se faire passer pour un technicien d’une banque. Il prétexte d’un dysfonctionnement technique pour vous contacter. Par des mécanismes d’emprise psychologique élaborés vous mettant en parfaite confiance, l’escroc parvient à récupérer vos codes d’accès et de validation à vos sites de banque en ligne. En prenant ainsi le contrôle à distance sur vos outils, il est libre d’émettre et de valider des paiements à son profit.

Comme pour d’autres scénarios de fraude, les fraudeurs recourent de plus en plus à l’intelligence artificielle pour rendre leur discours plus crédible et mieux préparer leurs cibles. 

Ce type de scénario s’inscrit dans une tendance de fond bien documentée : selon le rapport d’activité 2025 de Cybermalveillance.gouv.fr, la fraude au virement bancaire a progressé de 93 % chez les professionnels entre 2024 et 2025. La fraude au faux technicien en est l’une des variantes les plus efficaces, précisément parce qu’elle contourne les dispositifs techniques en s’attaquant directement à la personne qui détient les codes d’accès.

Comment se déroule concrètement l’appel

Exemple reconstitué, représentatif des schémas les plus fréquemment observés.

Un comptable reçoit un appel. Le numéro affiché ressemble à celui de sa banque. Son interlocuteur se présente comme technicien du service sécurité, cite le nom exact de son chargé d’affaires et évoque “un virement resté bloqué en double” détecté ce matin-même sur le compte de l’entreprise.

Le ton est calme, professionnel, légèrement pressé — jamais agressif à ce stade. Le technicien explique qu’il doit “vérifier l’intégrité de la session” pour éviter que le doublon ne parte réellement, et demande au comptable de se connecter à son espace en ligne pendant qu’il le guide. Il ne demande jamais directement un code : il demande de “confirmer une opération qui va s’afficher”, ou de lire le SMS de validation “pour vérifier qu’il est bien arrivé”.

En réalité, cette opération que le comptable croit annuler est un virement que le fraudeur est en train d’initier de son côté, à distance. Le code de validation demandé “pour vérifier” est celui qui autorise ce virement. Une fois l’opération validée, l’appel se termine rapidement, souvent par un remerciement poli — pas de pression finale qui pourrait éveiller les soupçons a posteriori. 

C’est précisément cette normalité apparente, du numéro affiché au ton employé, qui rend ce scénario efficace : rien, sur le moment, ne ressemble à une agression ou à une manipulation grossière.

Quels sont les indices qui doivent vous alerter ?

Les fraudeurs sont très persuasifs. Ils connaissent souvent le vocabulaire technique et alternent entre le registre de la confiance et celui de la menace. Certains indices en particulier doivent vous alerter :

  1. Si un technicien dont vous n’avez pas sollicité personnellement l’intervention vous propose de l’aide sur vos outils de paiement, même s’il semble connaître des termes précis (méthode d’authentification, nom de votre chargé d’affaires). 
  2. Il pose des questions sur vos outils ou processus de paiement, ou sur d’autres personnes de votre entreprise (noms, postes, jours d’absence). 
  3. Il évoque un dysfonctionnement technique (virement bloqué, en doublon) et prétend qu’il ne pourra pas le résoudre sans que vous lui communiquiez des informations confidentielles ou que vous suiviez ses instructions. 
  4. Il vous propose de prendre à distance la main sur votre PC ou vous incite à faire un test de virement.

Comment devez-vous vous protéger ?

  • Ne communiquez jamais aucun code à personne (numéro généré par votre lecteur sans fil, mot de passe, code PIN …).
  • Ne vous fiez pas au numéro de téléphone ou au nom qui s’affiche : les fraudeurs peuvent afficher le numéro de votre chargé d’affaires. Au moindre doute, contactez votre interlocuteur habituel via des coordonnées sûres.
  • Protégez votre réseau informatique contre les intrusions et les logiciels malveillants.
  • Ne réalisez jamais de test à la demande d’un technicien : n’ajoutez pas de compte tiers, ne validez aucune transaction. Même de votre initiative, ne faites jamais de test supérieur à 1 €.
  • Refusez toujours la prise en main à distance de votre PC à toute personne dont l’identité n’est pas sûre.
  • Formez votre personnel aux procédures de contrôles et sensibilisez-le régulièrement aux fraudes et risques cyber. 

À télécharger : Guide pratique : prévenir les fraudes et renforcer votre cybersécurité

Vous avez partagé vos codes avec le fraudeur, que devez-vous faire ?

Ne perdez pas de temps ! Face à des criminels professionnels, le temps joue en faveur du fraudeur, qui peut transférer les fonds à l’étranger. Avertissez votre chargé d’affaires BNP Paribas le plus tôt possible et ne répondez pas si le fraudeur vous rappelle : certains fraudeurs rappellent leurs victimes en prétendant vouloir les aider à récupérer les fonds, dans le seul but d’obtenir davantage d’informations.

Ce que prévoit la loi en cas de fraude avérée

Au-delà des réflexes de prévention, il est utile de connaître le cadre légal qui s’applique en cas d’incident — moins pour anticiper un conflit avec votre banque que pour comprendre les démarches à engager rapidement et sereinement. 

  • Le principe légal. L’article L.133-18 du Code monétaire et financier impose aux établissements bancaires de traiter rapidement toute opération de paiement signalée comme non autorisée. L’article L.133-19 prévoit une exception en cas de négligence grave du client dans la protection de ses données de sécurité — une notion précisée par la jurisprudence au fil des dossiers traités. 
  • Un arrêt de référence. Dans une décision du 23 octobre 2024, la Cour de cassation s’est prononcée sur un cas de “spoofing téléphonique” comparable au scénario du faux technicien, apportant des précisions utiles sur l’appréciation de la négligence grave dans ce type de situation. Chaque dossier reste cependant évalué au cas par cas, selon les circonstances précises de la fraude. 
  • Ce cadre s’applique différemment aux comptes professionnels. Les conventions de compte entreprise peuvent comporter des clauses spécifiques sur ce point — le mieux est d’en discuter directement avec votre chargé d’affaires, qui pourra vous éclairer sur votre situation précise et vous accompagner dans les démarches. 

Chez BNP Paribas, la priorité en cas de fraude reste la réactivité. Plus vous signalez tôt un incident, plus les chances de limiter les conséquences sont élevées — c’est pourquoi le premier réflexe reste toujours d’alerter votre chargé d’affaires sans délai. 

Sur le plan pénal, cette escroquerie est qualifiée d’escroquerie au sens de l’article 313-1 du Code pénal — le dépôt de plainte reste une étape importante, à la fois pour votre dossier et pour la lutte collective contre ce type de fraude organisée.

Questions fréquentes

Un vrai technicien bancaire peut-il légitimement demander mes codes d’accès ? 

Non, jamais. Aucun technicien ou conseiller légitime d’une banque ne vous demandera vos codes d’accès, mots de passe ou codes de validation par téléphone. C’est le signal d’alerte le plus fiable, sans exception. 

Comment vérifier l’identité d’une personne qui se présente comme technicien de ma banque ? 

Raccrochez et rappelez votre chargé d’affaires en utilisant un numéro que vous connaissez déjà (carte de visite, site officiel), jamais un numéro communiqué par l’appelant lui-même.

Cette fraude vise-t-elle uniquement les grandes entreprises ? 

Non, elle cible particulièrement les PME et TPE, souvent perçues par les fraudeurs comme disposant de moins de procédures de contrôle formalisées que les grandes structures. 

Pourquoi ce type de fraude progresse-t-il autant ces dernières années ? 

Les techniques d’ingénierie sociale s’améliorent (discours plus crédible, informations sur l’entreprise glanées en amont), tandis que les dispositifs de sécurité purement techniques se renforcent. Les fraudeurs se reportent donc davantage sur la manipulation directe de la personne qui détient les accès, plutôt que sur le contournement des systèmes. 

Que dois-je faire en priorité si je suis victime de cette fraude, y compris sur le plan des démarches ?

Contactez votre chargé d’affaires BNP Paribas sans délai : c’est la démarche la plus efficace pour limiter les conséquences financières et être orienté sur la suite. Déposez également plainte, ce qui reste une étape importante pour votre dossier. Chaque situation étant différente, elle sera étudiée au cas par cas selon ses circonstances propres.