Lutter contre les risques de fraude
Selon l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France, la fraude par manipulation — qui regroupe la fraude au président et les autres formes de faux ordres de virement — a représenté plus de 380 millions d'euros de préjudice en France en 2024, en nouvelle hausse en 2025. Ces fraudes touchent des entreprises de toutes tailles : en adoptant une approche proactive et des contrôles internes solides, vous réduisez fortement le risque et protégez vos ressources financières. Selon francenum.gouv.fr, le faux fournisseur et le faux RIB représentent à eux seuls 45 % des tentatives de fraude recensées auprès des entreprises françaises, suivis par l'usurpation d'identité d'autres partenaires (avocats, banques, assurances) à hauteur de 41 %. Voici les cinq scénarios les plus fréquemment rencontrés, externes comme internes.
Qu'est-ce que la fraude au président ?
Un escroc usurpe l'identité d'un dirigeant, d'un associé ou d'une personne d'autorité (parfois un avocat ou un cabinet mandaté) pour convaincre un collaborateur d'exécuter un virement urgent vers un compte frauduleux, sous couvert d'une opération exceptionnelle et confidentielle.
- Le but : vous faire réaliser une opération hors processus de contrôle, non détectable immédiatement par vos procédures habituelles.
- Les indicateurs de suspicion : confidentialité et urgence de l'opération ; recours à des procédures exceptionnelles ; usurpation d'e-mail.
Pour aller plus loin :
Fraude au président, comment protéger votre entreprise ? : signaux d'alerte détaillés, exemple concret et procédure de vérification. Les fraudeurs recourent de plus en plus à des voix et visages clonés par IA pour renforcer la crédibilité de l'usurpation : voir Deepfake vocal, quand l'IA réinvente la fraude au président.
Qu'est-ce que la fraude au changement de RIB (fournisseurs et salariés) ?
Le fraudeur usurpe l'identité d'un fournisseur ou d'un salarié de l'entreprise, souvent par une adresse email très proche de la vraie, sans qu'aucune intrusion dans vos systèmes ne soit nécessaire, pour obtenir la modification des coordonnées bancaires utilisées pour le règlement d'une facture ou d'un salaire.
- Le but : s'insérer dans vos processus de paiement habituels, côté comptabilité fournisseurs ou côté paie, pour vous faire réaliser une opération frauduleuse.
- Les indicateurs de suspicion : changement de coordonnées bancaires transmis par email uniquement ; demande arrivant en fin de mois ou en période de forte charge ; usurpation d'e-mail.
Qu'est-ce que la fraude au faux technicien ?
L'escroc se fait passer pour un technicien d'une banque prétextant un dysfonctionnement technique pour vous contacter. Par des mécanismes d'emprise psychologique élaborés vous mettant en parfaite confiance, il parvient à récupérer vos codes d'accès et de validation d'opérations sur vos sites de banque en ligne.
- Le but : prenant ainsi le contrôle à distance sur vos outils, il est libre d'émettre et de valider des paiements à son profit.
- Les indicateurs de suspicion : cherche à obtenir des informations (codes, identifiants) ou à vous faire réaliser des opérations.
Pour aller plus loin :
La fraude au faux technicien, comment bien se protéger : indices précis à surveiller et marche à suivre si vous avez déjà communiqué vos codes.
Qu'est-ce que l'usurpation d'identité d'entreprise ?
À l'inverse des scénarios précédents, ce n'est pas votre entreprise qui est directement la cible d'un virement frauduleux : c'est son identité légale (Kbis, Siret) qui est utilisée pour arnaquer des tiers en votre nom — clients, fournisseurs, créanciers.
- Le but : se faire passer pour votre entreprise afin d'ouvrir des comptes, obtenir des financements ou facturer frauduleusement vos clients à votre place.
- Les indicateurs de suspicion : courrier de recouvrement pour une dette inconnue, partenaire signalant un contrat jamais passé, incohérence sur votre fiche Infogreffe.
Qu'est-ce que la fraude interne ?
Contrairement aux scénarios précédents, la menace vient ici de l'intérieur : un collaborateur, un cadre ou un dirigeant détourne à son profit des ressources auxquelles son poste lui donne légitimement accès.
- Le but : profiter d'un accès légitime aux fonds, aux stocks ou aux processus de l'entreprise pour en détourner une partie, souvent sur la durée et de façon dissimulée.
- Les indicateurs de suspicion : absence de séparation des tâches sur les opérations sensibles, notes de frais ou factures fournisseurs récurrentes sans justificatif solide, résistance à toute rotation ou contrôle croisé sur un poste à accès sensible.