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Développement durable : zoom sur le financement à impact positif

13/11/2020

Indexer la rémunération de sa dette sur ses performances sociales et environnementales, tel est le concept des crédits à impact positif. Un cercle vertueux pour faire rimer croissance avec RSE. Explications et cas concrets.

Crédit à impact positif : définition

Le prêt à impact positif, autrement appelé SLL (sustainability-linked loan en anglais), est un crédit classique si ce n’est que le taux d’intérêt baisse lorsque le client améliore certains indicateurs extra-financiers. À l'inverse, le taux augmente si la performance n’est pas au rendez-vous.

 

Le taux peut être indexé sur une note ESG (environnemental, social et de gouvernance) globale établie par une agence de notation extra-financière et/ou sur des indicateurs de performance précis propres à l'entreprise.

 

« La tendance est au recours à des KPI internes, sous réserve qu’ils soient mesurables et auditables, souligne Alexis Collonge, sustainable finance coordinator for capital markets EMEA chez BNP Paribas. Et le champ des possibles est relativement vaste, plus large que ce que les entreprises pensent : les indicateurs peuvent porter sur l’énergie renouvelable, l’efficacité énergétique, la prévention et le contrôle des pollutions, l’économie circulaire ou encore les bâtiments verts. Les crédits à impact positif permettent aux entreprises d’aligner leurs ambitions en matière de développement durable avec leur manière de se financer, tout en bénéficiant d’un taux bonifié si les KPI sont atteints. »

Aligner financements et ambitions en matière de RSE

 

 

Les financements à impact positif gagnent en popularité

De manière générale, les critères ESG s’imposent comme des leviers de compétitivité et de durabilité pour les entreprises. « De plus en plus, ils impactent leur accès au financement et son coût, assure Alexis Collonge. Leur utilisation monte clairement en puissance dans le secteur financier. Les critères ESG sont de plus en plus pris en compte dans les comités de crédit, comme élément d’appréciation du risque de contrepartie. »

 

Apparu en 2017, les crédits à impact positif ont plus que doublé en volume et en nombre de transactions en 2019. Avec les green bonds, ce sont les instruments les plus populaires de la finance durable.

« BNP Paribas est l’un des premiers acteurs financiers à s’être saisi de ces outils financiers qui permettent de conjuguer efficacité économique et recherche du bien commun, indique Alexis Collonge. Chez BNP Paribas, nous avons la conviction que la finance est l’un des leviers de la transformation des entreprises, notamment écologique, et de la société en général. »

Si bien que BNP Paribas a été désigné "meilleure banque au monde pour les entreprises" 2020 par Euromoney. La banque a été classée no 1 pour la coordination de prêts liés aux critères ESG pour la région EMEA en 2019 et au premier semestre 2020 sur un critère de volume. 

Une utilisation qui monte en puissance

Crédit à impact positif : retours d’expérience d’entreprises

BNP Paribas a déjà accompagné plusieurs entreprises, dont un groupe industriel européen. Les considérations ESG sont depuis de nombreuses années au cœur de la stratégie de cette ETI qui vient de franchir une nouvelle étape dans sa démarche éco-responsable : pour la première fois, la RSE a trouvé une traduction dans sa stratégie de financement. À l’occasion d’un refinancement de plus d’une centaine de millions d’euros, l’ETI s’est financée auprès d’un consortium de prêteurs dont BNP Paribas faisait partie et qui a joué le rôle de facility agent.

 

Dans le cadre de ce crédit à impact positif, l’industriel s’est engagé sur des objectifs chiffrés notamment en termes de neutralité carbone et de croissance des volumes liés au recyclage de l’une de ses activités. Le respect de ces critères quantitatifs lui donnera droit à une bonification de son taux d’intérêt.

 

Ce crédit à impact positif va soutenir l’ambition du groupe de devenir l’un des leaders en matière de développement durable dans son secteur d’activité. Il va lui permettre notamment de saisir l’opportunité de développer une offre de matériaux durables, sans pétrole, biosourcés voire biodégradables et ce, en menant une opération de croissance externe pour acquérir une nouvelle expertise et en investissant dans une toute nouvelle ligne de production dans une usine française.

 

Autre exemple : la fonction Finance d’un groupe coopératif agroalimentaire français souhaitait contribuer à sa manière aux efforts collectifs en matière de RSE. Là encore, le déclic s’est produit lors d’un refinancement.

 

Sur les cinq KPI sélectionnés (sécurité au travail, réduction de la consommation énergétique, etc.), trois ont été atteints pour cette première année, deux ont été ratés de peu… Mais, cela a permis de faire gagner quelques BPS au groupe, soit des dizaines de milliers d’euros de frais financiers économisés ! Cette opération a généré une grande fierté au sein des équipes financières et a délivré un message fort en interne : le développement durable est bien l’affaire de tous !

 

Dernier exemple, dans le secteur touristique cette fois : le point déclencheur est là encore un refinancement. Jusqu’alors les équipes développement durable et de la finance entretenaient peu de liens. Mais, grâce au crédit à impact positif, les objectifs RSE du groupe ont pris une nouvelle dimension. La direction financière a beaucoup communiqué en interne sur ce financement d’un nouveau genre et sur les KPI retenus (éco-conception, réduction du plastique, consommation locale…) en droite ligne avec la feuille de route du groupe. Elle a insufflé une motivation supplémentaire pour tenir les objectifs et par là même réduire les coûts financiers. Convaincue par les bienfaits du crédit à impact positif, elle songe à l’étendre, par exemple, au financement des ressorts.

Un industriel engagé sur des objectifs chiffrés