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Le financement du commerce international plus rapide grâce à la blockchain

04/04/2018

Le trade finance, autrement dit le financement du commerce international, est en train d’opérer sa mue digitale grâce à a technologie blockchain. Avec à la clé : rapidité, sécurité et économies ! Le point avec Éric Henry, Head of Innovation - Trade Finance et Supply Chain chez BNP Paribas.

Quel intérêt présente la blockchain pour le trade finance ?

En préambule, rappelons que la blockchain est une nouvelle technologie prometteuse permettant la distribution d’informations tout en assurant leur authentification. Elle peut beaucoup apporter sur le marché du financement du commerce international, c’est-à-dire le trade finance.

En effet, dans ce domaine, les documents commerciaux sont peu digitalisés du fait de la complexité de l’écosystème.

Cette technologie va permettre de proposer de nouveaux services tout en accélérant et en automatisant le traitement, en diminuant le risque de perte ou de fraude de documents, en donnant de la visibilité sur nos process à tous les intervenants et en baissant le coût administratif de traitement des transactions ! Concrètement, elle permet d’apporter le bon financement en fonction du cycle de la transaction (émission du bon de commande, lors du transport de la marchandise…), sans risque de double financement et de manière instantanée.

"Diminuer la perte ou la fraude de document"

 



Sur quels projets travaille BNP Paribas ?

BNP Paribas s’intéresse aux opportunités offertes par la blockchain depuis 2011 ! Une étape importante a été franchie début 2016, quand nous avons organisé notre premier Bizhackathon Blockchain. Le but était d’évaluer les applications possibles de cette technologie aux activités de trade finance et de cash management. De la richesse de ces deux journées ont émergé des idées prometteuses et des projets ont d’ailleurs été lancés. Pour s’assurer de leur parfaite adéquation avec les besoins des exportateurs, nous avons fait le choix de la co-construction avec nos clients disposant de volumétries de transactions suffisantes pour réaliser des tests.

Ainsi, nous avons avancé sur deux principales solutions : Cash without borders dans le domaine des paiements internationaux et MyCollat, une plateforme de gestion du collatérale dans le domaine du financement de matières premières.

Avec Cash without borders, par exemple, nous pourrons effectuer des paiements internationaux multidevises de clients ayant un compte auprès de BNP Paribas en seulement quelques minutes. Il s’agit ici de paiements intragroupes entre Royaume-Uni, Pays-Bas, États-Unis, France, Belgique et l’Allemagne dans un premier stade, le but étant d’élargir ensuite à d’autres entités du groupe.

Avec MyCollat, nous faciliterons les échanges d’informations entre la banque, ses clients et les entrepositaires associés aux transactions tout en garantissant un haut niveau de sécurité et de traçabilité.

Aujourd’hui, la phase d’expérimentation de ces deux projets est terminée : ils seront déployés dans les semaines à venir.

En parallèle de ces innovations "maison", nous nous sommes rapprochés du consortium international et interbancaire R3 dès la fin 2015, dont l’un des projets est d’arriver à digitaliser le crédit documentaire ainsi que les documents commerciaux associés. L’autre initiative de ce consortium, intitulée Marco Polo, vise à faciliter pour les exportateurs l’accès à des financements sur base d’opérations en open account (c’est-à-dire non sécurisées par des crédits documentaires).

Enfin, la blockchain peut trouver des applications dans de nombreux domaines. D’ailleurs, BNP Paribas travaille sur d’autres projets, comme les titres financiers, où cette technologie présente des bénéfices.

"La blockchain une réelle opportunité financière"

La blockchain peut-elle aussi servir des objectifs RSE ?

Tout à fait ! Je vais vous donner un exemple appliqué à la supply chain, au travers d’une expérimentation qui va être menée durant un an par Unilever et les supermarchés Sainsbury's, à laquelle BNP Paribas va participer. Le test va porter sur le suivi de toute la chaîne d’approvisionnement du thé, des petits exploitants du Malawi jusqu’à la livraison dans les points de vente britanniques. La collecte et le partage sécurisés des données entre les différents acteurs doit permettre d’améliorer la visibilité et la transparence de la chaîne logistique afin d’assurer à Unilever et Sainsbury’s le respect de leur engagement en matière d’approvisionnement durable.

La blockchain est une nouvelle technologie qui n’est pas encore mature et qui soulève un certain nombre de questions notamment aux niveaux technique et juridique. C’est pourquoi une approche "test and learn" permet d'évaluer le potentiel de la technologie, de démontrer la faisabilité et la fiabilité des process et d’apporter des correctifs au fil de l’eau afin de coller au plus près des besoins des utilisateurs.