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Pourquoi tous les yeux sont-ils braqués sur le pays de l’oncle Sam ?

06/12/2017

Politique monétaire, nomination de Jerome Powell à la tête de la Fed, un projet de réforme fiscale très attendu, éventualité d’un krach boursier à Wall Street… William De Vijlder, chef économiste de BNP Paribas, nous livre son éclairage sur la situation outre-Atlantique et ses impacts en Europe.

Quelle politique monétaire est menée aujourd’hui aux États-Unis ?

Pour l’heure, la politique monétaire américaine reste souple. Mais, avec un faible taux de chômage et plus ou moins le plein-emploi des ressources, l’économie américaine est entrée dans un cycle de normalisation. D’ailleurs, la Réserve fédérale a déjà commencé à relever ses taux d’intérêt, par deux fois cette année, afin d’accompagner la reprise économique. Une nouvelle hausse est attendue en décembre ainsi que trois autres courant 2018. Le fait que ce soit progressif permet de garder l’inflation sous contrôle sans courir le risque de perturber la confiance des ménages, des entreprises et des marchés financiers.

La Fed est également la première banque centrale qui, après un programme d’assouplissement quantitatif (augmentation importante de la taille de son bilan en achetant des obligations), a décidé d’entamer une réduction de son bilan. Cette politique, qu’on nomme aussi "resserrement quantitatif" devrait entraîner une certaine remontée des taux longs.


Quel impact pourrait avoir le changement de tête à la Fed ?

La nomination de Jerome Powell à la présidence de la banque centrale américaine par Donald Trump constitue un changement… dans la continuité. Ce gouverneur de la Fed depuis 2012, républicain modéré et ex-banquier d’affaires, a toujours soutenu la politique menée par Janet Yellen, la présidente en exercice jusqu’en février prochain. Il doit être le garant de la stabilité de la politique monétaire, le rempart aux éventuelles dérives. Car, il n’est pas seul maître à bord. Or, justement, il y a quatre sièges vacants au Conseil des gouverneurs de la Fed. Tout comme pour le président, ils seront désignés par le président des États‐Unis, avant d’être confirmés par le Sénat. Ce renouvellement du Conseil pour moitié soulève des incertitudes quant à l’orientation des principes directeurs de la politique monétaire américaine. Rien d’inquiétant mais la situation permet d’alimenter les économistes en sujets d’articles !




La future réforme fiscale sera-t-elle plus impactante ?

À l’heure actuelle, il est trop tôt pour estimer les impacts de la réforme fiscale promise par Donald Trump. Si le président américain souhaite un allégement historique de la fiscalité des entreprises et des ménages, pour l’heure, les textes présentés par le Sénat et la Chambre des représentants sont relativement différents. Ces divergences pourraient retarder l’adoption de la réforme, voire déboucher sur une réformette, bien loin des promesses initiales. L’impulsion budgétaire serait alors tardive et/ou décevante.

Ce qui est sûr, c’est que plus l’impulsion sera forte, plus elle ajoutera des tensions sur le marché de l’emploi, impactant potentiellement la croissance des salaires et donc l’inflation. Ce scénario forcerait la main de la Fed qui se verrait contrainte d’accélérer le rythme de son resserrement monétaire.

Pour les entreprises européennes, il y aurait des effets directs sur les exportations vers les États-Unis, à moins que des mesures fiscales soient introduites pesant sur les importations américaines : le texte de la Chambre prévoit quelque chose à ce propos. Indirectement, la remontée des taux d’intérêt à court et long terme aux États-Unis se répercuterait sur le dollar qui, du moins à court terme, bénéficierait d’un certain soutien face à l’euro.




Un krach boursier à Wall Street, vous y croyez ?

Premièrement, l’économie américaine bénéficie de fondamentaux solides. Ensuite, le sort boursier ne tient heureusement pas à une baisse d’impôt ! Cette menace de krach émane de Steven Mnuchin, secrétaire du Trésor américain. Il l’a brandie pour justifier le projet de réforme fiscale de Donald Trump et mettre la pression sur les élus du Congrès, dans l’objectif d’obtenir un accord sur le texte. Ironie du sort, cette annonce, au lieu de soutenir les investissements boursiers, a favorisé la nervosité des marchés. À force de faire miroiter de faramineuses baisses d’impôts, les marchés y croient et plus dure sera la déception si elles ne sont finalement pas au rendez-vous. Concernant votre question, je répondrais donc par la négative mais il faut se préparer à un comportement structurellement plus volatil.



William DE VIJLDER

Directeur de la Recherche économique
de BNP PARIBAS