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Confiance des marchés, résilience de l’économie

07/09/2016

Alors que l’été 2016 a été marqué par la volonté du Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne, quelles ont été les conséquences directes de ce choix et que présagent-elles d’un point de vue économique pour cette rentrée ?

Des investisseurs confiants malgré le choix du Brexit

Chaque été révèle son lot de surprises, et pas seulement météorologiques.

Ainsi en 2015, c’est la Chine qui avait surpris en procédant, au mois d’août, à une dévaluation inattendue de sa devise. Cette année, le début d’été nous a réservé la surprise d’un vote britannique en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Après une première réaction des marchés particulièrement négative, la confiance des investisseurs est progressivement revenue. Un facteur important ayant permis ce regain a été la confiance en l’action des banques centrales. En effet, comme on pouvait s’y attendre, la Banque d’Angleterre a nettement assoupli sa politique. En même temps, la politique d’assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque du Japon, de même que la politique toujours particulièrement souple de la Réserve fédérale ont poussé les investisseurs à chercher du rendement dans d’autres classes d’actifs et d’autres marchés.

C’est ce comportement qui explique en partie la nette baisse des taux de la dette émergente et des entreprises mais également les nouveaux records de Wall Street.

L’Europe résiliée, le Royaume-Uni reste prudent

Quant à l’économie réelle, les statistiques pour la zone euro témoignent d’une résilience face au choc du Brexit et à l’incertitude qu’il engendre. L’indice composite (secteur manufacturier et services) des directeurs d’achats a peu fluctué en juillet/août si bien que son niveau dépasse même légèrement celui d’avant le référendum britannique. 

Au Royaume-Uni, le tableau est plus mitigé. Les ventes au détail en juillet ont largement dépassé les attentes, portées par le beau temps mais aussi par un afflux de touristes attirés par une livre sterling bon marché, tandis que les demandes d’allocation chômage (jobless claims) sont restées stables.

En revanche, l’indice des directeurs d’achats du secteur manufacturier a fortement baissé en juillet et incite donc à la prudence avant de formuler des conclusions trop hâtives sur les conséquences du Brexit.

On comprend dès lors la réaction de la Banque d’Angleterre qui a rappelé qu’elle se tenait prête, si le besoin s’en faisait sentir, à prendre des mesures supplémentaires.

La Chine et les Etats-Unis dans des situations contraires

Dans ce contexte, la dynamique économique des pays non-européens aura également un impact fort.

La Chine doit particulièrement attirer notre attention. Le pays continue à connaître un ralentissement de sa croissance malgré d’importants efforts de relance, aussi bien monétaires que budgétaires.

En revanche, la situation aux Etats-Unis est plus favorable. Certes, le déstockage a fortement pesé sur la croissance au deuxième trimestre mais il met en perspective un net rebond au second semestre. Plus significativement, on a pu noter une nette amélioration du marché du travail avec un rythme très soutenu de créations d’emplois. A en juger par les déclarations récentes de plusieurs gouverneurs, la Réserve fédérale prépare d’ailleurs le terrain pour un nouveau resserrement, le précédent datant de décembre 2015. C’est une perspective qui pour l’instant n’a pas perturbé les marchés obligataires et boursiers.

On pourrait cependant y voir une certaine forme de complaisance, les marchés obligataires semblant sous-estimer le risque que les taux remontent. Ou s’agit-il juste de sérénité, témoignant de la confiance dans la capacité de la Fed à éviter les chocs ?

En conclusion, les mois d’été ont vu des marchés financiers plutôt bien orientés et, d’une manière générale, des statistiques économiques montrant une résilience (zone euro) voire pointant vers une amélioration au second semestre (Etats-Unis). Ces dynamiques se renforcent d’ailleurs mutuellement. C’est une bonne base pour aborder la rentrée.

William DE VIJLDER

William DE VIJLDER

Directeur de la Recherche économique
de BNP PARIBAS

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