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Hausse des prix des matières premières : anticipez !

18/11/2021

Le prix des matières premières, et notamment de l’énergie, flambe. Cette hausse devrait perdurer mais il est possible de s’en prémunir grâce aux couvertures financières. Le point avec Stevy Malonga, responsable du desk Matières Premières chez BNP Paribas au sein du réseau France.

La hausse des prix des matières premières est-elle généralisée ?

Stevy Malonga : A ce jour, seuls les métaux précieux semblent épargnés par l’inflation. Leur cours est stable, voire baissier. En revanche, les métaux industriels voient leur prix s’envoler. Selon le FMI, les prix des métaux ont augmenté de 72 % par rapport à leur niveau d’avant-crise, atteignant en mai leur plus haut niveau depuis neuf ans (en termes corrigés de l’inflation). Le cuivre accusait une hausse de 89 % en mai, le minerai de fer de 116 % et le nickel de 41 %. Les matières premières agricoles connaissent le même sort. À titre d’exemple, le cours du blé, au plus haut niveau depuis 2012, flirte avec les 280 € la tonne. 

 

 

 

Pour quelles raisons le prix des matières premières ne cesse-t-il d’augmenter ?

Stevy Malonga : Les raisons sont multiples et diffèrent selon les matières premières. Néanmoins, il existe un facteur commun : la reprise économique post-Covid au niveau mondial. Le redémarrage, plus rapide qu’anticipé, crée des tensions au niveau des approvisionnements. La demande explose alors que l’offre est très insuffisante. L’inadéquation entre l’offre et la demande tire les prix vers le haut...

 

Ensuite, la situation est particulièrement tendue dans le secteur énergétique : gaz naturel, électricité, pétrole, etc. L’envolée des prix de l’énergie impacte fortement tous les secteurs énergivores, comme l’industrie et en particulier l’industrie métallurgique. Pour contrer cette hausse qui impacte leur rentabilité, certains acteurs ont dû réduire les cadences de production. Ce qui alimente bien évidemment la tendance haussière des prix des métaux industriels.

 

Enfin, en ce qui concerne le blé, par exemple, le cours est soutenu par la demande chinoise et la baisse des exportations russes qui inondent d’habitude le marché européen.

 

 

 

Les prix des matières premières vont-ils continuer de grimper ?

Stevy Malonga : Pour la plupart des matières premières, il est peu probable que la situation revienne à la normale dans l’immédiat. C’est le cas des matières premières agricoles qui ont été particulièrement impactées par les différentes vagues d’intempéries cette année. À titre d’exemple, la Russie, qui est notamment le premier exportateur mondial de blé, pourrait exporter son plus faible volume de blé depuis cinq ans. La tendance devrait donc demeurer haussière à moyen terme.

 

Au niveau du gaz, il ne faut pas s’attendre à une amélioration avant le début du printemps prochain, même en cas de mise en service du gazoduc Nord Stream 2.

 

Aujourd’hui, certains fournisseurs alternatifs d’énergie mettent la clé sous la porte, augmentent brutalement leurs tarifs ou annulent purement et simplement les contrats. C’est pourquoi il est préférable de privilégier un fournisseur fiable et de dissocier l’approvisionnement de la fixation du prix. Autrement dit, s’approvisionner à un prix variable et s’appuyer sur un partenaire bancaire solide et historiquement reconnu sur le marché, comme BNP Paribas, pour couvrir le risque de volatilité des prix.

 

 

 

Stevy Malonga,
responsable du desk Matières Premières chez BNP Paribas au sein du réseau France.

« Un environnement de marché stressé, comme c’est le cas aujourd’hui, impacte les prix sur le court terme. C’est pourquoi toute entreprise qui a une bonne visibilité de ses besoins en matières premières, à moyen ou long terme, a tout intérêt à anticiper et à se doter d’un produit de couverture pour neutraliser cet effet, pour moyenner à la baisse ses coûts de production. Toute matière première qui cote sur un marché (énergie, métaux, produits agricoles…) peut faire l’objet d’une couverture. »

Justement, quels sont les atouts des produits de couverture ?

Stevy Malonga : Les produits financiers de couverture sur les matières premières permettent de se protéger contre les variations de prix. Ils permettent d’apporter une visibilité sur les coûts d’approvisionnement et ainsi de préserver sa marge commerciale.

 

Il n’est pas nécessaire de couvrir 100 % de son exposition au risque. L’entreprise peut faire le choix d’opter pour une couverture partielle.


La situation n’est pas une fatalité : les clients ayant mis en place des couvertures s’en sortent mieux que ceux qui sont attentistes et, de fait, subissent de plein fouet la flambée des prix. La baisse mémorable du prix des matières premières suite au coup de frein, voire à l’arrêt de l’activité dans de nombreux secteurs au plus fort de la crise sanitaire a probablement biaisé le sentiment des acheteurs.

 

Mais, il n’est pas trop tard pour bien faire ! J’invite les entreprises à échanger avec leur chargé d’affaires, leur salle de marché de proximité, ou même avec le desk Matières Premières de BNP Paribas. Nous les conseillerons au mieux en fonction de leurs besoins et de leur contexte.

 

La situation n’est pas une fatalité