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Crise Covid-19 acte 2 : une crise économique inédite et transformatrice

08/07/2020

Le monde d’après est fait de nouveautés et d’incertitudes. Gare à l'illusion des statistiques ou aux velléités de revenir au monde d’avant. Interview de William De Vijlder, chef économiste chez BNP Paribas.

Cette crise est-elle très différente de celle de 2008 ?

William De Vijlder : les crises économiques se suivent mais ne se ressemblent pas forcément, que ce soit au niveau de leur cause, de leur mécanisme, de leurs symptômes ou du traitement thérapeutique nécessaire à la cicatrisation. Si l’on considère celle des subprimes de 2008, l’origine était financière, alors que la source de la crise économique actuelle est sanitaire. Une récession s’en est suivie dans les deux cas. Mais, celle que nous devons affronter en ce moment ne ressemble à aucune autre. Elle impacte violemment tant la demande que l’offre. Et même s’il est difficile à cette heure de prédire ce que sera le monde d’après, il est probable que cette crise va induire de nouveaux comportements ou ancrer dans les mœurs des pratiques jusqu’alors marginales. Je pense ici au télétravail par exemple. Enfin, l’épée de Damoclès reste au-dessus de nos têtes et des économies des quatre coins du monde tant qu’un vaccin n’est pas trouvé.

 

Alors oui, cette fois, c’est vraiment différent.

L’épée de Damoclès reste au-dessus de nos têtes

Ne constate-t-on pas un rebond qui serait de bon augure ?

William De Vijlder : il est vrai que l’on constate un regain d’optimisme de la part des investisseurs, notamment en Allemagne où le baromètre ZEW est en nette amélioration. D’autres signes, à l’image des 2,5 millions d’emplois créés aux États-Unis au mois de mai, apparaissent comme encourageants et d’aucuns y voient un signe de meilleure résilience économique qu’anticipé.

 

Pourtant, il ne faut pas se bercer d’illusions. Ces rebonds sont d’ordre mécanique. Nous allons entrer dans une phase d’incertitudes qui n’est traditionnellement pas propice à la consommation et à l’investissement.

 

Du côté des ménages, leur arbitrage entre épargne et consommation sera décisif. Or, leur comportement est fortement dépendant de la dynamique du marché du travail. Avec un million d’emplois potentiellement détruits en 2020, selon la Banque de France, le signal n’est pas positif et risque de freiner les velléités de consommation et d’utilisation de l’épargne excédentaire constituée à l’occasion du confinement. Quant aux entreprises, la plupart ayant été obligées d’augmenter leur endettement vont préférer rembourser leur crédit plutôt qu’investir.

 

La Banque de France table sur un retour à la normale à la mi-2022. Il est difficile de s’attendre à mieux.

Nous entrons dans une phase d’incertitudes

Quelles sont les mesures prises par la BCE ?

William De Vijlder : au début du mois de juin, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une augmentation de l’enveloppe de son programme d'achats d'urgence pandémique (pandemic emergency purchase programme - PEPP) lancé à la mi-mars pour soutenir l’économie européenne et s’assurer d’un financement fluide pour les États, les entreprises et les ménages. Ainsi aux 750 Mds€ initiaux s’ajoutent dorénavant 600 Mds€ avec un nouvel horizon fixé à la fin juin 2021.

 

Des plans de soutien nationaux ont également vu le jour afin d’influencer la dynamique de la reprise. Les gouvernements doivent néanmoins composer avec la réalité budgétaire, ce qui limite le champ des possibles. En revanche, une réponse à la crise, coordonnée au niveau européen, tarde à venir, faute de consensus. En effet, l'Autriche, le Danemark, les Pays-Bas ou encore la Suède s’opposent au volet subventions dans la proposition de plan de relance de la Commission européenne , alors que les États peuvent emprunter à faible coût sur le marché. D’autres pays s’élèvent contre les répartitions des moyens financiers jugées inéquitables. La solidarité européenne semble difficile à s’organiser.

La BCE a annoncé augmenter son soutien à l’économie

Certains réclament une relance verte. Qu’en pensez-vous ?

William De Vijlder : des voix s’élèvent effectivement pour inviter les gouvernements à se saisir de cette fenêtre de tir pour mener des politiques favorisant la transition vers une économie bas-carbone. C’est le cas notamment de 109 investisseurs -dont BNP Paribas Asset Management- qui ont interpelé les pouvoirs publics dans une récente lettre. Ils plaident pour une accélération de cette transition qui constitue une source importante et durable d'emplois et de croissance économique.

 

Le Green Deal se veut d’ailleurs au cœur de l’effort de relance de l’UE comme l’a assuré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen qui est convaincue que « le pacte vert pour l'Europe et la numérisation stimuleront l'emploi et la croissance, la résilience de nos sociétés et la santé de notre environnement ».

 

Clairement, il faut y voir une opportunité de faire d’une pierre plusieurs coups car les problématiques de pandémie, de changement climatique, de digitalisation et même de globalisation convergent.

 

Voyons dans quelques mois quelles réponses seront apportées par les différents agents économiques…

 

William DE VIJLDER  
Directeur de la Recherche économique de BNP PARIBAS