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Supply chain : quelle stratégie adopter pour gagner en résilience ?

26/05/2020

La crise du coronavirus a mis en lumière la vulnérabilité de certaines supply chains internationales. C’est pourquoi nombre d’entreprises s’interrogent aujourd’hui sur l’organisation de leurs chaînes de valeur. Éléments de réflexion et pistes à explorer.

Les chaînes d’approvisionnement ébranlées par le coronavirus

Pour rester compétitives, les entreprises ont surfé sur la mondialisation des échanges pour produire ou trouver de nouveaux fournisseurs dans des pays offrant des avantages en termes de coûts de production, de compétences technologiques, de savoir-faire et de qualification de la main-d’œuvre, etc.

 

Ainsi, les chaînes d’approvisionnement se sont internationalisées, allongées et parfois concentrées.

 

Dans ce contexte, la Chine, en particulier, a tiré son épingle du jeu. Au fil de la dernière décennie, elle s’est imposée comme un maillon central des chaînes de valeur mondiales dans certains secteurs comme l’habillement, la chimie, l’automobile ou encore l’électronique. Elle est devenue le 2e fournisseur de la France, derrière l’Allemagne, comme le confirme le Rapport du commerce extérieur 2020. À elle seule, elle pèse près d’un quart de la valeur ajoutée manufacturière mondiale…

 

Il n’est donc pas étonnant que le coup d’arrêt de l’économie chinoise début 2020 ait entraîné un effet domino aux quatre coins du monde. L’offre industrielle et manufacturière provenant de l’Empire du Milieu s’est progressivement amenuisée perturbant, voire rompant purement et simplement pendant quelques semaines, l’approvisionnement des industriels et distributeurs du monde entier.

 

« Nombres d’entreprises ont eu des sueurs froides ces dernières semaines, témoigne Jean-Marie Fabre, responsable Commerce International chez BNP Paribas. La crise sanitaire a servi de stress test grandeur nature. Elle a révélé aux entreprises certaines de leurs fragilités : trop forte dépendance à un pays ou à un fournisseur, potentielle faiblesse de certains acteurs de la chaîne logistique (transporteur, entrepôts, etc.), difficulté à tenir les délais de livraison du fait de l’éloignement d’un site de production mais aussi incertitudes sur leurs règlements, etc. Les entreprises vont devoir à présent mener des réflexions et des actions pour développer la résilience de chaque maillon de leur supply chain : de l’approvisionnement à la distribution, en passant par la logistique, le transport et l’entreposage. »

"La crise sanitaire a servi de stress test"

 

 

Vers une relocalisation en France ?

L’une des pistes à explorer est le nearshoring*, voire la relocalisation en France, chère au ministre français de l'Économie. Lors d’une interview sur France Inter, Bruno Le Maire a souligné la volonté du gouvernement de « réduire notre dépendance vis-à-vis d'un certain nombre de grandes puissances et de renforcer notre souveraineté technologique et industrielle sur des chaînes de valeurs qui sont stratégiques. » C’est-à-dire dans le secteur de l'automobile, de l'aéronautique ou encore du médicament... Le ministre de l'Économie espère que les entreprises vont relocaliser la fabrication en France d’un certain nombre de produits : « je pense que cela concernera beaucoup de filières, et nous avons justement lancé tous les travaux, avec la Direction générale du Trésor, pour regarder filière par filière quel est notre niveau de dépendance, comment est-ce qu'on peut le réduire, et travailler avec les entreprises concernées, pour que nous puissions les aider à prendre ces décisions. » Et pourquoi ne pas baisser les impôts de production pour faciliter le retour de la production dans l’Hexagone ? Le ministre a en tout cas évoqué l’idée.

 

Il semblerait que la relocalisation de la production et le "made in France" soient également des attentes fortes pour neuf Français sur dix, selon un sondage Odoxa réalisé pour Comfluence, Les Echos et Radio Classique. 89% des sondés souhaitent que la production des industriels français soit relocalisée, même s’il en découle une augmentation du prix final. « Entre les intentions et les comportements réels, il faut se méfier, tempère Jean-Marie Fabre. Aujourd’hui, le principal obstacle à la relocalisation en France reste la composante prix. Quelle hausse de prix est acceptable pour les clients ? La réponse dépend du produit et de son élasticité au prix : le projet de relocalisation doit indéniablement se conformer à la réalité du pouvoir d’achat. »

"La relocalisation en France, chère à Bruno Le Maire"

Un nouveau paysage industriel se dessine ces dernières années

Au fond, la crise ne fait qu’accentuer des tendances observées depuis quelques années et notamment depuis le Brexit puis le réhaussement des droits de douanes appliqués par plusieurs grands pays (Inde, Brésil, États-Unis et la Chine dans leur cadre de leurs différends commerciaux). « Elle va accélérer et généraliser le raccourcissement et la régionalisation de la chaîne de valeurs », estime Jean-Marie Fabre. En effet, les délais d’acheminement s’avèrent parfois pénalisants dans les secteurs ayant des cycles de vente courts ou saisonniers. Certaines entreprises ont donc amorcé une lente relocalisation des sites de production dans des pays plus proches des bassins de consommation afin de gagner en agilité et en réactivité. « Ainsi, les pays d'Europe, notamment de l'Est, et du Maghreb présentent un bon compromis pour les entreprises françaises, indique l’expert. Par ailleurs, la conjonction d’un certain nombre de facteurs fait que la délocalisation dans des pays très distants de la France, tant en termes de kilomètres que de culture, peut s’avérer non seulement moins rentable mais également moins sûre. »

 

C’est dans cet ordre d’idée que, avec la hausse des salaires et les mesures douanières, entre autres, l’Empire du Milieu n’est plus l’eldorado annoncé. « Dès lors, en cas de maintien des approvisionnements et des sites de production dans des pays éloignés, on observe des mouvements de diversification géographique et de régionalisation, qui vont s’intensifier avec la crise actuelle, analyse Jean-Marie Fabre. La distanciation économique par exemple avec la Chine est déjà en train de profiter à des pays comme le Vietnam, l’Indonésie, le Cambodge ou l’Inde. »

 

"On observe des mouvements de diversification géographique et de régionalisation, qui vont s'intensifier avec la crise actuelle." 

Commente Jean-Marie Fabre, Responsable Commerce International chez BNP Paribas

 

 

Ces phénomènes de nearshoring et de régionalisation vont donc perdurer avec la crise du Covid 19, cette fois pour des questions de maîtrise des risques. « Si l’optimisation des coûts demeurera un critère de premier plan, nous assisterons certainement à un rééquilibrage en faveur de la sécurisation et de la solidité de chaque maillon de la supply chain », commente Jean-Marie Fabre.

"Certaines entreprises ont amorcé une relocalisation"

Comment limiter les risques à l’avenir ?

Afin de mettre toutes les chances de votre côté en cas de nouvelle crise sanitaire, il convient d’élaborer ou de mettre à jour le plan de continuité de l’activité (PCA) de l’entreprise en tenant compte des solutions mises en œuvre durant ce test grandeur nature, comme les possibilités de substitution et autres solutions de repli.

 

Par ailleurs, diverses dispositions devront probablement être prises en vue de réduire durablement l’exposition de la supply chain au risque d’épidémie et de pandémie.

 

Diversifier les zones géographiques d’approvisionnement et de production, nearshoring… Quelle que soit la stratégie envisagée, elle doit résulter d’une réflexion à 360° dont les coûts ne constituent qu’une partie de l’équation et l’ensemble des maillons de la chaîne d’approvisionnement doit être auscultée.

 

« Les experts internationaux de Trade Development peuvent vous accompagner dans vos réflexions, dans l’analyse de bout en bout de vos circuits d’approvisionnement et des options envisageables, souligne Jean-Marie Fabre. Ils peuvent notamment formuler des préconisations offrant le meilleur mix en termes de coût et de sécurité ! Ne restez pas confiné avec vos problèmes à l’international : contactez votre chargé d’affaires Commerce International, présent en proximité dans votre centre d’affaires . » .

 

Vous pouvez également consulter la base de données Trade Solutions de BNP Paribas, accessible gratuitement sur simple inscription, afin d’obtenir de précieuses informations sur les pays qui vous intéressent.

 

* Transfert d’une partie de l’activité économique dans des pays "proches" de la France, comme les pays méditerranéens (Espagne, Portugal Maroc, Tunisie) ou de l’Europe de l’Est (Pologne, Roumanie)