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Croissance : amélioration des indicateurs économiques

07/05/2017

Le Fonds Monétaire International (FMI) parle d’un « nouvel élan » au vu des indicateurs économiques en nette amélioration. Mais comment décrypter cet élan dans la durée ? Éléments de réponse avec William De Vijlder, Directeur de la Recherche Economique de BNP Paribas.

« Un nouvel élan ? »

Alors que le Fonds Monétaire International (FMI) titrait encore « Demande modérée, symptômes et remèdes » dans ses Perspectives de l’économie mondiale d’octobre 2016, dans son analyse d’avril 2017, l’organisation pose la question : « Un nouvel élan ? ». Si l’utilisation du point d’interrogation reflète la prudence classique des grands organismes, c’est plutôt l’expression « nouvel élan » qui doit retenir l’attention. Ces deux mots, qui tranchent avec le message de l’automne dernier, résument bien à quel point les statistiques économiques se sont améliorées.

Cette dynamique est tangible dans les données d’enquête : rebond important de la confiance des ménages et des entreprises aux États-Unis, forte hausse des indices des directeurs d’achats (indices PMI) dans les pays développés mais également dans beaucoup de pays émergents, hausse des indicateurs de confiance en zone euro et dans l’Union européenne. En France, l’indice PMI est à son plus haut depuis que l’enquête existe (six ans), et dépasse même celui de l’Allemagne, ce qui n’était plus arrivé depuis juillet 2011.

Cette dynamique est également visible au regard des données d’activité (productions et ventes), bien que moins forte. Une différence d’intensité qui est d’ailleurs fréquente. Par exemple, l’écart entre données d’enquête et d’activité a récemment augmenté aux États-Unis. Ainsi, l’estimation en temps réel du PIB américain table sur une croissance très lente au premier trimestre mais tout porte à croire qu’il y aura une accélération par la suite.

Au Japon, la croissance au premier trimestre devrait être forte, notamment grâce aux exportations, en particulier vers la Chine. Ceci rappelle le rôle important que joue l’effort de relance chinois dans la conjoncture mondiale.


Une reprise de la croissance qui n’est pas nouvelle

Il serait tentant d’utiliser l’image d’un printemps conjoncturel en décrivant l’amélioration des chiffres économiques. Il faudrait toutefois être plus nuancé, parce que la reprise ne date pas d’hier. La tendance à l’accélération de l’économie mondiale a commencé vers la mi-2016 mais il a fallu quelques mois aux observateurs pour être convaincus du mouvement. Rappelons aussi qu’en zone euro la croissance a été de 1,2% en 2014, de 2% en 2015 et de 1,7% en 2016 (chiffres FMI), tandis qu’aux États-Unis le cycle actuel a commencé à l’été 2009…

La métaphore des saisons invite à se poser la question de comment se présentera l’été. À en juger par les prévisions du FMI, la situation ne serait pas tellement différente du climat actuel, avec une croissance dans les pays avancés en 2018 identique à celle de 2017 (2%), tandis que les pays émergents verraient une accélération de 4,5% à 4,8%.

Pas d’indicateur défavorable à la croissance en perspective

Après l’été vient l’automne. Si les saisons suivent une belle périodicité, en économie, la transition vers un climat conjoncturel plus frais nécessite un élément déclencheur comme un choc pétrolier (en 1990) ou une crise financière (en 2008). Le plus souvent, c’est une remontée forte des taux d’intérêt qui provoque l’essoufflement voire l’entrée en récession. À ce propos, nous pouvons être sereins : la dynamique très modérée de l’inflation et la prudence de la Réserve Fédérale mettent en perspective une remontée très progressive des taux américains. En Europe, nous n’en sommes même pas encore à ce stade.

La conjoncture favorable devrait ainsi perdurer pendant un certain temps encore. Il est toutefois important de suivre de près les discussions entre la Maison Blanche et le Congrès américain : le rebond des indicateurs de confiance aux États-Unis s’explique par l’espoir de déréglementation et de relance budgétaire. Si la réalité reste nettement en deçà des attentes, la croissance pourrait en souffrir.